Jungle de Calais : les agressions de migrants par des hommes cagoulés se multiplient

Jungle de Calais : les agressions de migrants par des hommes cagoulés se multiplient

VIOLENCES - Une information judiciaire a été ouverte mercredi pour l'agression avec arme de trois Syriens dans la nuit du 20 au 21 janvier à Calais (Pas-de-Calais). Plusieurs autres migrants ont déclaré avoir aussi été frappés et gazés par des groupes organisés.

Les réfugiés ont parfois confondu leurs agresseurs avec des policiers. Mercredi, une information judiciaire a été ouverte pour l'agression avec arme de trois Syriens dans la nuit du 20 au 21 janvier à Calais (Pas-de-Calais), a-t-on appris jeudi auprès du procureur de Boulogne-sur-Mer. Ils avaient été blessés dans le centre de Calais, entre 2 heures et 3 heures, avec probablement une barre de fer, selon le parquet. D'autres enquêtes ont été ouvertes pour plusieurs faits similaires, a indiqué jeudi le procureur Jean-Pierre Valensi, précisant qu'il avait choisi de les confier à la police judiciaire qui dispose de plus amples moyens d'investigation.

Cette procédure intervient au moment où des associations dénoncent une montée des violences de "milices" à l'encontre des migrants, qu'elles qualifient même de "ratonnades". "Plus d'une dizaine d'agressions nous ont été rapportées par des migrants dans les dix derniers jours", a affirmé Isabelle Bruand, coordinatrice régionale de Médecins du monde (MDM). "La plupart surviennent en lisière de la Jungle, par des hommes habillés en noir, portant des cagoules, qui les tapent avec des matraques ou des barres, et les gazent", a rapporté Alexandre Limousin, de l'Auberge des migrants.

Des agressions pendant la nuit

"Sur les 3.000 consultations données par Médecins sans frontière (MSF) en janvier, une centaine concernait des coups et blessures", a dit Michel Janssens, chef de mission MSF pour Calais et Grande-Synthe - où se trouvent respectivement environ 4. 000 et 2 500 migrants. Sur cette centaine, la majorité concernerait des violences policières mais certaines correspondraient à des violences faites par des milices, a-t-il estimé.

D'autant que, selon Isabelle Bruand, "comme ça se passe de nuit, les migrants les prennent souvent pour des policiers, car avec leurs tenues noires ils donnent l'impression qu'ils portent l'uniforme". "Ce n'est pas nouveau mais c'est plus fréquent depuis plusieurs semaines, donc les gens sont plus tendus. On leur recommande de ne plus sortir de la Jungle seuls", a-t-elle ajouté. Le journal local Nord Littoral a d'ailleurs consacré deux de ses pages à ce phénomène ce jeudi.

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