Kenzo, 21 mois, victime d'actes de torture et de barbarie

Kenzo, 21 mois, victime d'actes de torture et de barbarie

JUSTICE - Le corps tuméfié d’un petit garçon de 21 mois avait été retrouvé mardi dans un hôtel de Lunel (Hérault). La mère et son compagnon ont été présentés à un juge ce jeudi soir en vue de leur mise en examen. Le beau-père devrait répondre de meurtre, d'actes de torture et de barbarie. La mère, de complicité.

Une chambre d’hôtel à la périphérie de Lunel, des murs qui étouffent les cris d’un bébé devenu souffre-douleur… C’est dans un huis clos terrifiant que le petit Kenzo, 21 mois, a succombé aux sévices que lui aurait infligés son beau-père. Sous les yeux inertes de sa mère. Les deux suspects ont été déférés en vue de leur mise en examen, a indiqué jeudi soir le procureur adjoint de la République de Montpellier, Jacques-Philippe Redon. Le beau-père, âgé de 32 ans, devrait être poursuivi pour "meurtre par ascendant sur mineur de moins de 15 ans", "actes de torture et de barbarie". La mère, âgée de 20 ans, pour "complicité d’actes de torture et de barbarie", "non-assistance à personne en danger", "non-dénonciation de crime" et "violences habituelles". 


Durant leur garde à vue, la jeune femme a accusé son compagnon d’avoir porté les coups mortels, lui a nié. Alors, en l’absence de mots, restent l’autopsie et les stigmates laissés sur un petit corps qui disent tout d’une violence poussée à son paroxysme. Kenzo avait des lésions à l’abdomen, des traces de morsures et des brûlures faites, pense le médecin légiste, avec un briquet. Le petit garçon est mort d’une "hémorragie interne" consécutive à des coups violents et répétés au thorax. 

"Une affaire sordide"

De l'aveu même du commandant adjoint de la région de gendarmerie Occitanie, Jean-Philippe Lecouffe, "une affaire sordide" qui se joue dans "un huis clos terrible". Selon le récit de la mère, les violences sur l'enfant auraient commencé au début de sa relation avec son compagnon, il y a quatre mois. L'homme est connu de la justice pour des faits de violences. Celles sur Kenzo seraient allées crescendo… jusqu’à ce 14 février. Ce soir-là, après un déchaînement de haine qui a terrassé l’enfant, le couple a tenté de faire croire à une "agression fantôme" de la part d’une tierce personne. Mais les secours qui n’ont pu ranimer la petite victime ont rapidement compris que certaines traces remontaient à plusieurs semaines. Le parquet a laissé entendre que "la volonté d’homicide" ce jour-là faisait peu de doute. 


Selon les premiers éléments de l’enquête, les services sociaux ne suivaient pas l’enfant. Il n’était pas scolarisé. Kenzo passait ses nuits avec ces adultes en errance dans des lieux d’hébergements temporaires, des voitures... Ou des chambres d'hôtels sans vie, comme cette dernière nuit, au bord d'une route de la périphérie de Lunel. 

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