La rocambolesque fuite de Salah Abdeslam

La rocambolesque fuite de Salah Abdeslam

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ENQUETE – Les deux hommes qui ont "exfiltré" Salah Abdeslam à Molenbeek (Belgique) la nuit des attentats ont été mis en examen lundi. Les enquêteurs s'interrogent sur leur rôle, notamment après avoir retrouvé chez eux des munitions et du nitrate d'ammonium.

La scène se déroule dans la nuit de vendredi à samedi. L'heure n'est pas vraiment établie, les déclarations sont confuses. Mohamed Amri reçoit un coup de téléphone. C'est Salah. Il est à Paris, il a un problème, il faut qu'il vienne le chercher, maintenant. Plus de 300 kilomètres séparent Molenbeek de la capitale française. Mais Mohamed Amri, qui décrira aux enquêteurs Salah Abdeslam comme "un ami sans plus", n'hésite pas une seconde. Il embarque avec un lui un copain, Hamza Attou. A bord d'une Golfe, les deux amis prennent la direction de Paris. La Ville lumière vient d'être frappée par les pires attentats de son histoire. Sont-ils déjà au courant ?

Ils retrouvent Salah Abdeslam dans le nord de Paris, à l'aube. Demi-tour. Le trio repart vers la Belgique et est contrôlé à Cambrai. Il est 9h10. Dans quelques heures, Salah Abdeslam sera l'homme le plus recherché de France. Mais les gendarmes ne le savent pas encore. Le terroriste présumé peut reprendre sa route sans être inquiété. Mohamed Amri et Hamza Attou poursuivent leurs auditions en expliquant que durant le trajet retour, "ils n'ont pas beaucoup parlé". Plus de trois heures de route et à aucun moment, ils n'auraient évoqué les informations que les radios passaient pourtant en boucle. Leurs versions divergent sur l’endroit où ils ont déposé Salah Abdeslam en Belgique.

Artificiers des attentats ?

Hamza Attou "est juste allé chercher une connaissance du quartier en compagnie d'un copain. Et non, il ne s'est pas posé de question, c'est un garçon qui ne réfléchit pas beaucoup", affirme son avocate Carine Couquelet, jointe par metronews. Laquelle précise que le jeune homme de 21 ans est inconnu des services de police et n'est jamais parti en Syrie. Mohamed Amri, 27 ans, qui a reçu l'appel de Salah Adeslam, clame également "qu'il n'a rien à voir" avec ces attentats. "Il reconnaît être allé le chercher en France mais réfute le rôle qu'on veut lui faire endosser", déroule sa défense Me Sophie Wagner.

Car les enquêteurs soupçonnent les deux hommes, interpellés samedi chez eux à Molenbeek, d'être plus que de simples "convoyeurs". Selon la DH , des perquisitions menées à leur domicile auraient permis de trouver des munitions de calibre 5.56 et de 7.62, ces dernières étant utilisées pour les kalachnikov. Du nitrate d'ammonium, un engrais qui serait utilisé dans la fabrication d'engins explosifs, aurait également été découvert. Mohamed Amri, qui est marié et travaillerait pour le Samu Social de Bruxelles, a été mis en examen du chef d’attentat terroriste et participation aux activités d’un groupe terroriste par la justice belge et placé en détention provisoire. Tout comme son ami Hamza Attou. Salah Abdeslam est, lui, toujours activement recherché.

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