Le sort de la dépouille de Hasna Aït Boulahcen suspendu au feu vert du Maroc

Le sort de la dépouille de Hasna Aït Boulahcen suspendu au feu vert du Maroc

ATTENTATS – Le corps de la cousine d’Abdelhamid Abaaoud est toujours conservé à l’institut médico-légal. La famille avait rendez-vous ce vendredi 26 février avec les autorités consulaires en France pour faire rapatrier le corps dans le Royaume. Mais son avocat annonce à metronews qu'aucun accord n’a été trouvé.

Plus de trois mois après les attentats de Paris et de Saint-Denis, le sort de la dépouille d’Hasna Aït Boulahcen n’est toujours pas réglé. La mère de la cousine d’Abdelhamid Abaaoud, présenté comme le "coordinateur" des attentats du 13 novembre, avait rendez-vous ce vendredi matin avec les autorités consulaires du Maroc en France. Objectif, trouver un accord pour faire rapatrier le corps dans le Royaume et l’y enterrer. "Aucun accord n’a été trouvé. Le Maroc ne nous a toujours pas donné son feu vert", annonce à metronews son avocat Fabien Ndoumou, à la sortie de l’entretien.

"C’était une citoyenne marocaine"

"Nous sommes toujours dans l’attente d’une réponse. Le consul nous dit qu’il a transmis le dossier à Rabat. Nous sommes face à un mur", poursuit-il. La raison pour laquelle la famille de Hasna Aït Boulahcen souhaite inhumer la jeune femme au Maroc est d’ordre financier, explique-t-il. "Au Maroc, le transfert et l’enterrement sont pris en charge. C’était une citoyenne marocaine, elle doit pouvoir y avoir une sépulture", ajoute l’avocat.

Autre solution, elle pourrait être enterrée dans la ville de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), lieu où elle a est morte lors de l’assaut du Raid, cinq jours après les attaques à Saint-Denis et à Paris. "L’enterrer en France coûterait au minimum 4000 euros. J’ai demandé au consul si le Maroc pouvait prendre en charge ces frais. Aucune réponse", ajoute Fabien Ndoumou.

Seuls deux terroristes enterrés

Le permis d’inhumer a été accordé le 27 janvier dernier par le parquet de Paris. Mais tout comme Hasna Aït Boulahcen, les corps de Brahim Abdeslam, qui s’est fait exploser au Comptoir Voltaire, Bilal Hadfi, un des kamikazes du Stade de France et Abdelhamid Abaaoud, tué pendant l’assaut du Raid à Saint-Denis sont toujours conservés dans les frigos de l’Institut médico-légal (IML) à Paris, en absence d’accord sur les lieux d’inhumation. A l’heure actuelle, seuls les terroristes Omar Ismaïl Mostefaï et Samy Amimour ont été enterrés.

EN SAVOIR + >>  Que sont devenus les cadavres des terroristes?

Le 20 janvier dernier, la famille d’Hasna Aït Boulahcen avait porté plainte contre X afin de faire entendre son statut de "victime de terrorisme". "Hasna est une victime. On l’entend dire aux policiers dans un enregistrement qu’Abaaoud n’est pas son copain. Elle n’était pas avec les terroristes". Le procureur de la République a trois mois pour donner suite, ou non, à cette plainte. A l’issue, l’avocat pourra alors se tourner vers le juge d’instruction pour lui demander d’enquêter sur ce point précis.

A LIRE AUSSI 
>> Comment les attaques ont été préparées et coordonnées
>> 
Hasna Ait Boulahcen, de cheffe d'entreprise à kamikaze présumée

Plus d'articles

Sur le même sujet

À suivre

Rubriques