Légende de Saint-Pierre-de-Frugie : le mystère du squelette "Ernest" bientôt résolu, 103 ans après ?

Légende de Saint-Pierre-de-Frugie : le mystère du squelette "Ernest" bientôt résolu, 103 ans après ?

COLD CASE - Des ossements découverts en 1913 sous le plancher d’un château de Dordogne ont été envoyés vers le pôle judiciaire de la gendarmerie nationale pour être expertisés. Un squelette qui, 103 ans après, a encore bien des secrets à dévoiler.

Dernier voyage pour le squelette "Ernest" ? Pour la première fois depuis l’année de sa découverte en 1913, le tas d’os retrouvé sous le plancher d’une dépendance a quitté ce lundi 15 février les murs du château de Montcigoux (Dordogne). Placé sous scellés, il a pris la direction de Pontoise (Val-d’Oise) et le pôle judiciaire de la gendarmerie nationale (PJGN) où des analyses approfondies, grâce à des techniques modernes, vont tenter de percer le mystère qui entoure ces silencieux ossements. Une première autopsie qui survient 103 ans après sa découverte.

Scène de crime morbide

Depuis 1913, ce squelette alimente  la légende de Saint-Pierre-de-Frugie . Un conte qui commence à cette date-là, lorsque le corps apparaît sous le plancher du manoir. Rapidement, les rumeurs circulent dans le village. Vingt ans plus tard, le Courrier du Centre s’empare de l’histoire. Un chroniqueur publie une série d’articles dans lesquels il décrit une scène de crime morbide, qui tient davantage du roman que de l’enquête journalistique.  Le squelette serait celui d’Ernest de Fontaubert , un des anciens propriétaires du manoir parti avec sa sœur en 1850 chercher de l’or en Californie. Personne ne l’a plus jamais revu.

Pour les habitants, le scénario est clair. C’est son frère, le nouveau châtelain, qui l’a tué à son retour du Nouveau Monde après avoir découvert qu’Ernest entretenait une relation incestueuse avec sa sœur, Ernestine. Les bébés nés de l’union incestueuse auraient été enterrés au pied d’un cyprès de la propriété familiale. Couple criminel et incestueux, ruée vers l’or, fratricide… La légende est construite. Et se transmet oralement de générations en générations.

Ernest n’est donc pas Ernest

Jusqu’à ce qu’un historien amateur, Bernard Aumasson, se décide à creuser au-delà de la retranscription littéraire d’une légende populaire. Aidée d’une généalogiste américaine, il découvre le pot-aux-roses en 2013 : le squelette n'est pas celui d'Ernest. Pour la simple et bonne raison que le corps de ce dernier a été retrouvé sans vie en février 1862, près de Cave City, en Californie. L'homme a été assassiné, probablement pour récupérer l'or qu'il avait sur lui. En atteste l’enquête du juge fédéral. Dès lors, à qui correspond le squelette découvert en 1913 dans le plancher du manoir, au pied de la cheminée ?

Les experts de la gendarmerie nationale vont tenter d’apporter des précisions sur la nature de ce squelette. Son âge, son sexe, et éventuellement les causes de la mort. Des analyses qui vont sans doute prendre du temps. "On n’est pas dans le cadre d’une enquête criminelle sous contrôle d’un juge. Les affaires courantes sont bien évidemment prioritaires", souligne auprès de metronews une source proche de l’affaire. Après 103 ans d’attente, Ernest n’en est plus à quelques mois près...

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