Lycées menacés : le suspect aurait créé un système permettant des appels anonymes

Lycées menacés : le suspect aurait créé un système permettant des appels anonymes

FAIT DIVERS - Le jeune homme interpellé lundi matin à Marsannay-le-Bois près de Dijon (Côte d'Or) aurait reconnu pendant sa garde à vue avoir mis à disposition un système permettant de rendre anonymes les appels. Il est toujours entendu ce mardi soir à Paris, dans le cadre de l'enquête sur les menaces et fausses alertes lancées depuis deux semaines contre plusieurs lycées.

Sa garde à vue a été prolongée ce matin à 6 h 05. Victor*, le jeune homme âgé de 18 ans interpellé lundi matin à son domicile de Marsannay-le-Bois près de Dijon (Côte d'Or) dans le cadre des fausses alertes lancées dans plusieurs lycées français, aurait reconnu ce mardi devant les enquêteurs avoir mis à disposition un système permettant de rendre anonymes les appels selon BFMTV .

Victor aurait, toujours selon nos confrères, servi d'intermédiaire auprès de personnes en mettant à disposition des solutions pour masquer les numéros d'appel sans savoir pour qui elles étaient destinées et sans savoir qui sont les personnes qui les ont utilisées. Il aurait également rendu anonyme le tweet de revendication des appels pour signaler les alertes à la bombe.

Une source proche de l'enquête rappelle que les investigations techniques menées par l'Office central de lutte contre la cybercriminalité (OCLCTIC) de la police judiciaire sont parties d'un tweet revendiquant ces appels, envoyés par un expéditeur, nommé "Evacuation Squad", pseudo qui cacherait en fait un groupe de "hackers".  Ce tweet a permis de remonter à l'adresse IP de ce jeune homme, selon des sources proches de l'enquête.

Il ne comprend pas pourquoi il est en garde à vue

Surdoué en informatique, Victor nie toutefois toute implication directe dans les faits qui lui sont reprochés. Se présentant comme un sympathisant d'Anonymous, celui-ci aurait créé un serveur permettant d'anonymiser les envois et de brouiller les pistes, susceptible d'être utilisé par des hackers. Mais il "ne cautionne pas les alertes à la bombe", infondées, qui se sont multipliées contre des lycées parisiens, selon une des sources citée par l'AFP. 

"Le suspect dit ne pas comprendre pourquoi il est en garde à vue et nie toute implication. Il refuse de collaborer avec les services techniques de police concernant l'exploitation de son matériel informatique", a expliqué une source policière. Selon une autre source proche du dossier, il aurait été prévenu, par un moyen qu'il n'avait pas divulgué en début de soirée, que son serveur avait pu être utilisé pour revendiquer ces appels.

Le père s'interroge

Joint par metronews, David, le père de Victor, indique être "surpris" par les "informations de BFMTV". "Techniquement, je suis sûr que mon fils sait faire cela. Maintenant, je suis convaincu qu'il ne savait pas la finalité de l'opération, en l'occurrence, s'en servir pour faire une fausse alerte à la bombe dans un lycée. Idem pour le tweet, je trouve ça très bizarre" nous confie-t-il.

Victor* avait-il commenté l'actualité quand les fausses alertes à la bombe étaient évoquées dans les médias ? "Pas du tout. C'était un sujet comme un autre, parmi d'autres sujets. Ça n'est jamais venu dans nos discussions", répond le paternel.

Depuis près de 38 heures maintenant, David est sans aucune nouvelle de son fils. "J'ai essayé d'appeler à plusieurs reprises les enquêteurs de la sûreté territoriale de Paris. Ça sonne dans le vide. Je commence à m'inquiéter. On pourrait me tenir informé" dit-il.

La garde à vue de Victor peut se poursuivre jusqu'à mercredi matin. Il pourrait alors être présenté à un juge d'instruction ou être relâché sans poursuites.

*Les prénoms ont été modifiés

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