Manif anti-migrants de Calais : les "regrets" du général Piquemal

Manif anti-migrants de Calais : les "regrets" du général Piquemal

FAIT DIVERS – Deux jours après son interpellation, le général Piquemal a déclaré ce lundi au micro de RTL ne partager aucun lien avec Pegida, mouvement d'extrême droite né en Allemagne, organisateur de la manifestation interdite à Calais (Pas-de-Calais) au cours de laquelle il a été arrêté. Son procès, qui devait se tenir lundi, a été reporté en raison de son état de santé.

En raison d'un état de santé "incompatible avec une comparution immédiate devant le tribunal correctionnel, le procès de Christian Piquemal est repoussé", a fait savoir le parquet de Boulogne-sur-Mer ce lundi. Le général Piquemal, qui avait bravé samedi l'interdiction par les autorités d'une manifestation anti-migrants convoquée par l'extrême droite à Calais (Pas-de-Calais), a été ajourné. Mais deux hommes interpellés en même temps que lui ont écopé respectivement de deux et trois mois de prison ferme pour port illégal d'armes.

Vers 13 heures, alors qu'une soixantaine de sympathisants du général quatre étoiles arborait fièrement insignes militaires et bérets rouges sur les marches du tribunal, la nouvelle est tombée. Selon son avocat, Me Denis Tailly-Eschenlohr, le général "est sorti de l'hôpital. Il est extrêmement fatigué et terriblement éprouvé par la rigueur et la brutalité avec laquelle il a été interpellé (…) Un officier prestigieux comme lui a l'habitude d'être malmené mais, cette fois, il n'avait pas à endurer la violence dont il a été l'objet", a asséné l'avocat, qui s'est refusé à préciser où se trouvait désormais le général Piquemal. Pour autant, son client a fait quelques déclarations ce lundi. Au micro de RTL notamment, le général Piquemal a indiqué avoir "regretté" la tournure qu'ont pris les événements de samedi.

"On n'est pas xénophobes"

"Je regrette parce que, effectivement, on a dit que c'était Pegida, qui est un mouvement pour lequel je ne partage aucun lien, qui est un mouvement d'extrême droite extrêmement intolérant voire un peu fasciste, et donc je regrette que Pegida soit effectivement là alors que moi, personnellement, je n'aurais pas voulu les voir sur place. Car ils ont une connotation qui est extrêmement négative, et c'est d'ailleurs la raison pour laquelle, à mon avis, le gouvernement avait pris la décision d'interdire la manifestation…", a déclaré l'ex-patron de la légion étrangère de 1995 à 1999, qui n'est plus en service actif, au micro de RTL.

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Le général de corps d'armée, âgé de 75 ans, a ajouté : " Je regrette de m'être trouvé avec eux, j'aurais préféré qu'on soit seuls, ça ne ce serait pas passé comme ça car nous nous sommes un cercle citoyen. On n'est pas racistes, on n'est pas xénophobes, on n'est pas islamophobes. J'ai commandé la Légion étrangère pendant cinq ans, il y a 140 nationalités dedans, donc s'il y a bien quelqu'un à qui on ne peut pas reprocher d'être un raciste, c'est bien moi."

Il ira au tribunal

Alors que son procès a été renvoyé au 12 mai, le général affirme qu'il répondra aux magistrats. "Oui, je vais passer au tribunal… Je dirais justement pourquoi ce qui a été dit sur mon compte ne correspond pas  à la réalité …. On a été au même endroit que Pegida à ce moment-là, c'est une rencontre qui pour moi est fortuite et qui ne correspondait absolument pas à l'intention que nous avions, surtout quand on a su que c'était interdit."

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Christian Piquemal a été désigné dimanche par le parquet comme ayant eu "le rôle principal" dans la manifestation interdite de samedi, organisée à l'appel du mouvement islamophobe Pegida. Des photos le montrent en train de parler un mégaphone en main. Il est poursuivi pour "participation à un attroupement qui ne s'est pas dissout après sommation".

Une pétition de soutien au généra l a par ailleurs été lancée sur Internet. Ce lundi à 20h40, elle avait enregistrée plus de 12500 signatures.

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