Mariage d'un supposé supporter de l'OL saccagé : 10 Stéphanois jugés

Mariage d'un supposé supporter de l'OL saccagé : 10 Stéphanois jugés

PROCES - Ils sont accusés d’avoir saccagé en septembre le banquet de mariage d’un supporter supposé de l’Olympique lyonnais, l’ennemi juré des Verts. Dix supporters de l’AS Saint-Etienne comparaissent mercredi devant le tribunal correctionnel de Villefranche-sur-Saône.

Le marié avait le malheur de porter le même nom qu’un supporter de l’Olympique lyonnais. Dix "ultras" de l’AS Saint-Etienne, suspectés d’avoir participé au saccage d’un banquet de mariage en septembre dernier, à Dénicé, dans le Rhône, comparaissent ce mercredi 6 janvier devant le tribunal correctionnel de Villefranche-sur-Saône. Ils auraient voulu ce jour-là solder une vieille rivalité entre groupes de supporters des deux clubs ennemis du football français. Poursuivis notamment pour "association de malfaiteurs, dégradations et destructions en réunion avec le visage dissimulé", certains d’entre eux risquent jusqu’à 14 ans de prison.

La salle de banquet saccagée à coups de barre de fer

Cela devait être "le plus beau jour de leur vie". Ce fut un cauchemar. Le 5 septembre dernier, un couple et ses 300 convives célèbrent leur union au sein de l’église de Dénicé, un petit village du Beaujolais, dans la proche campagne de Villefranche-sur-Saône. Au même moment, non loin de là, au château de Talancé, perché au milieu des vignes, c’est une scène d’un tout autre genre qui se produit sur les lieux des festivités. Un groupe d’individus s’introduit brusquement dans la salle de banquet qui attend les festivités du mariage. Encagoulés, armés de barres de fer et de battes de baseball, ils saccagent tout. Du buffet à la vaisselle, tout est réduit en miettes par les intrus en furie. Seule signature : des fumigènes de couleur verte abandonnés sur place. Aucun blessé n’est à déplorer mais le régisseur des lieux, qui assiste à la scène, évoque "une véritable opération commando".

La piste des "ultras" stéphanois

Quand les mariés arrivent sur place, c’est l’incompréhension la plus totale. "On se demande : ‘mais à qui j’ai fait suffisamment de mal pour mériter cela ?", rapporte à metronews l’avocat des parties civiles, Me Hervé Guyenard. Le couple va rapidement comprendre qu’ils ont en fait été victimes d’une incroyable méprise. Une information judiciaire est alors ouverte par le parquet de Villefranche-sur-Saône et les investigations, confiées à la gendarmerie, avancent vite : grâce à la réactivité du régisseur du château, ils disposent du numéro de plaque du véhicule utilitaire dans lequel les malfaiteurs ont pris la fuite.

Dès lors, les enquêteurs remontent facilement la piste des auteurs présumés. Il s’agit de membres d’un groupe de supporters "ultras" de l’AS Saint-Etienne qui voulaient ce jour-là s’attaquer au mariage d’un fan de l’Olympique lyonnais. La rivalité entre les deux clubs de Ligue 1, aussi historique qu’exacerbée, n’est plus à démontrer et l’expédition punitive est visiblement bien huilée. Sauf que les ultras se sont en fait trompés de mariage : le jeune marié de Dénicé, originaire de région parisienne et pour qui le football n'est pas une passion, portait le même nom que le Lyonnais visé.

Coup de filet aux quatre coins de la France

Le 25 novembre dernier, dix supporters des Verts sont finalement interpellés à Saint-Etienne, Vienne (Isère), Chartres et Caen, puis placés en garde à vue. Jugés en comparution immédiate deux jours plus tard, les dix prévenus ont demandé le renvoi de leur audience afin de préparer leur défense. Deux d’entre eux ont été placés en détention provisoire dans l’attente du procès fixé au 6 janvier, les huit autres sous contrôle judiciaire strict avec interdiction de stade.

Agés de 26 à 48 ans, leur profil tranche avec le déferlement de violence qui s’est produit dans la salle de banquet le 5 septembre : il s’agit de bons pères de familles qui ont un emploi et sont tout à fait insérés socialement. L’un d’entre eux, âgé de de 35 ans, n’est pourtant pas inconnu de la justice : condamné en 2013 pour des faits de hooliganisme en marge d’un match de l’AS Saint-Etienne à Nantes, il a également été arrêté en octobre dernier à Rome lors d’un match d’Europa League contre la Lazio. La justice transalpine l’a condamné à deux ans de prison avec sursis pour détention d’armes. Une condamnation dont il a fait appel. En détention provisoire depuis le 27 novembre, ce père d’une fillette espère, comme ses co-prévenus, qu’il pourra s’expliquer mercredi. "il a pris conscience de la gravité des faits qui lui sont reprochés. Il est dans une logique d’explication", nous confie son avocat, Me Guyenard.

Des explications qu’attendent également les mariés et leurs parents, partie civile dans ce procès. Au titre du préjudice moral, leur avocat entend demander 10.000 euros de réparation pour chacun d’entre eux.

EN SAVOIR + >> Comment une rivalité entre supporters a ruiné un mariage

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