Menace d’attentat "imminent" à Paris : Youssef Ettaoujar mis en examen

Menace d’attentat "imminent" à Paris : Youssef Ettaoujar mis en examen

POLICE - Interpellé mercredi 16 mars en région parisienne avec sa compagne et deux autres suspects, Youssef Ettaoujar avait déjà été condamné à cinq ans de prison pour avoir voulu rejoindre les rangs de Daech. Ce dimanche 20, il vient d'être mis en examen.

Devant le tribunal correctionnel, il s’était présenté en janvier 2014 moitié journaliste, moitié humanitaire. Condamné à cinq ans de prison dont un avec sursis, Youssef Ettaoujar, 28 ans, interpellé mercredi 16 mars à Paris avec sa compagne et deux autres Français d’origine turque, vient d'être mis en examen et placé en détention provisoire. Tous sont soupçonnés par les agents de la DGSI d’avoir fomenté un projet d’attentat à Paris. Cette menace a été jugée si "imminente" par les services de renseignement français qu’ils ont pris la décision de les arrêter. Libéré en octobre 2015 de la prison de Fresnes, Youssef Ettaoujar était assigné à résidence depuis le 29 février dans le cadre de l'état d'urgence.

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Au cours de son procès début 2014, il était apparu que cet homme, cheveux en queue de cheval et lunettes, avait voulu rejoindre une terre de djihad avec deux autres acolytes. "Nous voulions aller dans les camps de réfugiés pour filmer la misère de l’humanité", avait justifié Youssef Ettaoujar, désigné comme "l’animateur du trio". Des caméras et des appareils photos avaient effectivement été retrouvés. D’autres affaires étaient plus équivoques : poignée de défense électrique, lampe frontale, grenouillères, un holster, un gilet tactique, une cagoule militaire…

Interpellés aux comptoir de l’aéroport

Au cours de l'audience, le trio avait renvoyé une image de "pieds nickelés du djihad", mis en lumière à l'époque par la presse . Ce père d’une fille de quatre ans prénommée "Jihad" jurait ne pas vouloir faire la guerre en Syrie ou au Mali mais partir pour filmer les combats. Une technique de défense habituelle dans ce type de dossiers. Frère d’un ancien déserteur de l’armée de l’air, Youssef Ettaoujar expliquait que s’ils avaient émis l'hypothèse de prendre les armes, c’était "un délire". Pourtant, plusieurs écoutes téléphoniques avaient rapporté leur intention de se rendre sur une terre de djihad, indifféremment au Mali, en Libye, au Yémen ou au Soudan. Au cours de l'instruction, il s'en était défendu, répondant simplement qu'il souhaitait s'adonner en Afrique à la pratique du Zodiac.

Finalement, le trio avait opté pour rejoindre un camp de réfugiés syriens en Turquie, avant de "prendre des contacts" pour rejoindre dans un second temps la Syrie. Les policiers avaient alors interrompu leur dessein en les interpellant le 14 mai 2012 au comptoir d’enregistrement de l'aéroport de Saint-Etienne alors qu’ils s’apprêtaient à prendre un avion pour Gaziatep en Turquie, via Istanbul.

Les policiers comptent sur l’exploitation informatique

Pour l’heure, le projet d’attentat, présenté comme "imminent", de Youssef Ettaoujar est encore flou aux yeux des enquêteurs. "On ne sait pas réellement ce qu’ils visaient", détaille à metronews une source proche du dossier. "Les auditions ne font que commencer. On compte beaucoup sur l’exploitation des éléments saisis en perquisitions", précise cette source. Ce mercredi matin, les enquêteurs ne sont pas tombés sur un arsenal aux domiciles des suspects : une cartouche Kalachnikov non percutée, un pistolet d’alarme et un coffre-fort.

En revanche, du matériel informatique et des clés USB ont été retrouvés, d'après TF1. Les enquêteurs espèrent que leur exploitation permettra d’y trouver des éléments confondants. En parallèle, ils ont jusqu’à 96 heures pour entendre Youssef Ettaoujar et les trois autres suspects. Sollicité par metronews, son avocat a indiqué ne pas avoir été contacté par son client.

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