Mort d'Aurélie Fouquet : des accusés "détachés" face à une famille émue

Mort d'Aurélie Fouquet : des accusés "détachés" face à une famille émue

COMPTE RENDU – Le procès du meurtre d'Aurélie Fouquet, la policière municipale tuée en 2010 à Villiers-sur-Marne dans une fusillade avec un gang de braqueurs, s'est ouvert mardi devant la cour d’assises de Paris. Huit hommes se sont assis sur le banc des accusés en face des parties civiles. Un face-à-face difficile pour les proches de la victime, "choqués" par leur "attitude détachée".

Il y a cette dame menue, à la chevelure rousse et aux lunettes fines, qui parle d'une voix douce. Il y a ces hommes aux corps athlétiques, aux crânes rasés, et à la voix détachée. Face à face. Chacun, assis sur son banc. La première sur celui des parties civiles, les seconds, celui des accusés. Le regard d'Elisabeth Fouquet ne se dérobe pas lorsqu'entrent les meurtriers présumés de sa fille. "Pour elle, c'est la fin d'un long parcours et le commencement d'un autre", confiera un peu plus tard son avocat Laurent-Franck Lienard. Six années ont passé depuis la mort d'Aurélie Fouquet. Six ans que toute une famille attend ce moment.

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Elisabeth Fouquet est arrivée tôt ce mardi au Palais de justice de Paris avec l'espoir d'obtenir "des réponses", si "capitales" pour elle et ses proches ainsi que pour son "petit fils". La policière municipale tuée après une fusillade avec un gang de braqueurs surarmés à Villiers-sur-Marne en mai 2010 était maman d'un enfant de 14 mois. "L'enjeu du procès est de déterminer les responsabilités de chacun", résume Me Lienard. Une tâche qui s'annonce difficile, tous niant leur implication dans cette affaire. Exception faite de Malek Khider qui reconnaît avoir fait partie d'une équipe qui avait pour projet initial d'attaquer un convoi de fonds.

"Attaché commercial"

Trois des huit accusés sont directement poursuivis pour meurtre : Rabia Hideur, Daouda Baba, Olivier Tracoulat. "M. Tracoulat est-il présent dans la salle ?", interroge le président. Le silence répond. La rumeur le dit mort. Il aurait été blessé par les tirs de Thierry Moreau, le coéquipier d'Aurélie Fouquet. Le mandat d'arrêt lancé contre lui n'a en tout cas permis de retrouver ni sa trace, ni son corps. 

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Tour à tour, les accusés invités à décliner leur identité se lèvent. "Attaché commercial", répond Rédoine Faïd à la question de sa profession. "Dans le bâtiment", poursuit Malek Khider. "Boxeur", enchaîne Baba Daouda. "Dans les voitures", "le bâtiment", déclarent Rabia Hideur et Jean-Claude Bisel. Ces cinq hommes, aux casiers judiciaires surchargés, comparaissent détenus derrière le box vitré. Une dizaine de gendarmes veillent sur eux. Les frères Mosheh, sous contrôle judiciaire, et Olivier Garnier comparaissent libre. La matinée est consacrée à l'appel des 103 témoins et des 25 experts qui seront entendus durant les sept semaines de ce procès-fleuve.

"Sans compassion"

Un défilé de personnes qui ne semble pas perturber cette génération fichée au grand banditisme. Redoine Faïd se permet même quelques sourires à l'énoncé de certains noms. Le braqueur-multirécidiviste-repenti-médiatique paraît serein. "On démontrera son innocence. C'est sa réputation qui l'a poursuivi jusqu'à la cour d’assises"", assure son défenseur, Christian Saint-Palais. S'il n'est pas poursuivi pour l'homicide, le parquet est lui convaincu qu'il est le "dénominateur commun" entre les différents protagonistes de l'affaire et le "cerveau" du projet de braquage avorté. Son audition va être "longue" prévient le président qui affine le calendrier des prochains débats. Me Saint-Palais feint la surprise. L'intéressé, lui, reste imperturbable.
 
"Je ne pensais pas qu'un être humain pouvait réagir ainsi", commente Elisabeth Fouquet à la suspension de l'audience. Fébrile, la femme à la voix douce se dit "choquée" par l'attitude "détendue" et l'"arrogance" de Redoine Faïd. "Il vous dévisage sans compassion". Quant aux autres accusés, "j'ai presque senti du mépris dans leurs yeux, conclut-elle émue. Il va falloir beaucoup de courage pour tenir un mois et demi comme ça".

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