Paris : à la barre, la nounou qui a dépecé les parents du bébé dont elle s'occupait raconte le crime

Paris : à la barre, la nounou qui a dépecé les parents du bébé dont elle s'occupait raconte le crime

PROCÈS - Jeudi soir, le couple surnommé les "dépeceurs chinois" a raconté "l'engrenage infernal" qui l'a conduit à tuer les parents du bébé dont la femme avait la garde. De son côté, le procureur a réclamé 20 ans de réclusion pour la nounou, et l'acquittement pour son conjoint. Le verdict est attendu dans la soirée.

Accusée d'avoir tué et dépecé les parents d'un bébé après son décès, une nourrice chinoise a raconté jeudi devant la cour d'assises de Paris avec son compagnon "l'engrenage infernal" qui a conduit le couple jusqu'au bout de l'horreur. "Dans tout procès d'assises, il y a un moment de vérité et nous y sommes", avait lâché un avocat avant l'audience. Dans un silence pesant, les deux accusés, Hui Zhang et son compagnon Te Lu, ont raconté aux jurés l'enchaînement des événements qui ont conduit à la mort d'un couple de compatriotes, Ying Wang et son mari Liangsi Xue. Les victimes, tuées à coups de hachette, ont eu leurs corps dépecés et dispersés dans le bois de Vincennes et dans des poubelles.

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Payée au noir

Cela faisait à peine quelques semaines que Hui Zhang gardait le fils des victimes, Lucas, 2 ans et demi. "C'était mon premier nourrisson. Avec lui, j'étais plus sereine qu'avec mon fils Yino qui le considérait comme son petit frère", a-t-elle raconté. Mais son compagnon acceptait mal qu'elle perde son temps, avec six diplômes, à faire la nounou. "Pour moi, être nourrice, c'est pas une activité", a-t-il expliqué. Au moment des faits, le couple battait de l'aile, faisait chambre à part. Te Lu fuyait le domicile conjugal et Hui Zhang se consolait dans sa relation "fusionnelle" avec son fils.

Le drame débute dans la nuit du 23 au 24 mai 2012 lorsque la nourrice découvre le corps sans vie du bébé dans son couffin près de son lit. "J'ai pris l'enfant dans mes bras, il était mou, froid, le visage bleu, du sang sortait de ses lèvres", a-t-elle raconté. Te Lu lui dit d'appeler la police. "Je me suis rendu compte que ça allait pas le faire", a-t-elle expliqué à l'audience. Qui allait s'occuper de son fils? Elle travaillait au noir et le père de l'enfant était en situation irrégulière. Elle argumente, son compagnon cède. "J'ai demandé à ma femme de contacter les parents, c'était à elle de trouver une solution. J'ai fui mes responsabilités, délaissé ma femme et mon fils", a-t-il lâché dans un sanglot. "Si j'avais appelé la police, rien ne serait arrivé. Je me suis laissé entraîner dans un engrenage infernal".

"J'ai compris que tout était foutu"

A l'arrivée des parents à leur domicile, Hui Zhang sort le couffin et la mère découvre le corps de son enfant mort. Selon le récit du couple, elle se jette alors sur Hui Zhang, tente de l'étrangler pendant que le père s'empare d'un hachoir dans la cuisine. Dans leur récit, Te Lu pare un premier coup du père qui le blesse au poignet mais arrive à faire tomber l'arme. La mère la ramasse et poursuit Hui Zhang qui tente de fuir vers la porte d'entrée. Elle blesse au visage la nourrice qui saisit alors une hachette dans une boîte à outil près du sol et la frappe. Elle s'écroule morte. 

Le père, qui avait pris le dessus sur Te Lu se saisit du hachoir lâché par sa femme et le frappe, le blessant à l'index et au visage. "J'avais du sang dans les yeux, ne voyais plus qu'une silhouette au dessus de moi. Je me suis dit : ça y est, il va me tuer", a raconté Te Lu. Mais le père s'écroule sur lui. "Je ne voulais pas qu'il tue Lu alors je l'ai frappé à la tête", a lancé Hui Zhang. "Quand j'ai vu son visage, j'ai compris que tout était foutu. Elle était comme hantée, avec un regard vide, figé, sans expression", a expliqué Te Lu.

Hui Zhang dit alors avoir pris seule la décision de découper les corps dans la baignoire et de transporter les morceaux dans la poussette de son fils et le caddy des courses. Elle affirme avoir voulu "gagner du temps" pour mettre son fils à l'abri auprès de sa famille en Chine avant de se livrer à la police en France. Le procureur général a requis vendredi en fin de matinée 20 ans pour Hui Zhang, et l'acquittement pour son conjoint. Le verdict est attendu dans la soirée.

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