Pédophilie : l'affaire qui secoue les jésuites dans un prestigieux lycée parisien

Pédophilie : l'affaire qui secoue les jésuites dans un prestigieux lycée parisien

PEDOPHILIE – Un ancien élève de Franklin, un établissement jésuite parisien, assure avoir été victime d'attouchements lors de sa scolarité, comme d'autres de ses camarades. Des faits qui remontent aux années 1950 mais pour lesquels la congrégation religieuse qui dirige l'établissement refuse d'ouvrir une enquête.

C'est un établissement prestigieux que les initiés surnomment "Franklin", en raison de la rue du XVIe arrondissement où il se trouve. Selon France Inter, qui rapporte les faits, la congrégation jésuite du  lycée Saint-Louis-de-Gonzague, à Paris, refuse d'enquêter sur des attouchements dont aurait été victime un élève dans les années 1950.

Les faits remontent à plus de 60 ans. Jean-Pierre Martin-Vallas, alors âgé de 8 ans, était parti comme nombre d'élèves de l'établissement en colonie de vacances avec le père L. Il raconte à la radio : "Il s'est mis dans mon lit, a commencé à me caresser le torse (…) et à un moment, il a passé la main à l'intérieur de ma culotte de pyjama". Jean-Pierre Martin-Vallas n'ose pas raconter ce qui lui est arrivé à ses parents, proches du père en question. Ce n'est donc qu'après leur mort qu'il osera rompre le silence. Il se renseigne auprès des anciens élèves, constate qu'il n'est pas le seul à avoir subi des attouchements et entre alors en contact avec la direction de l'établissement. Qui refuse d'ouvrir une enquête interne.

"Aucun intérêt à faire une enquête"

L'ancien élève entre donc en contact avec le chef des jésuites de France, le père Grenet, qui, là encore, considère qu'il n'y a pas de raison de rouvrir le dossier : "40 ans après, ces enfants doivent avoir trouvé un équilibre de vie satisfaisant. (…) De plus, ce prêtre étant mort, il n'y a aucun intérêt à faire une enquête". Tout juste consent-il, après que l'affaire soit remontée jusqu'au Vatican, à mettre en place un "groupe d'accueil" pour les victimes.

Un scandale qui secoue les jésuites au moment où l'Eglise catholique est confrontée à l'affaire Barbarin. Le cardinal est visé par deux enquêtes pour "non-dénonciation" d'agressions sexuelles dans ses rangs. En réponse à ces investigations, la Conférence des Evêques de France (CEF) a annoncé de nombreuses mesures pour faire toute la lumière sur les actes pédophiles. "Il n'y aurait qu'une seule affaire, elle serait toujours de trop à nos yeux", martelait il y a une semaine Mgr Pontier, le président de la CEF. Reste à savoir si ces propos infléchiront la position des jésuites.

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