Procès des amants diaboliques : les accusés ne diront pas la vérité

Procès des amants diaboliques : les accusés ne diront pas la vérité

COMPTE-RENDU D’AUDIENCE - Le procès des amants diaboliques, aux assises de Nantes, touche à sa fin. Malgré les questions répétées, les interrogatoires serrés du tribunal, Stéphanie Livet et Didier Barbot auront livré deux versions du crime. Deux versions, qui ne forment pas une vérité.

"Alors, on va repartir chez nous avec des doutes ? Il faut qu’Anne repose en paix, et pour ça il faut dire ce que vous avez fait. Ça ne changera rien pour vous, mais ça changera tout pour nous". Cette supplique, cette requête implorante, c’est celle de Sylvie, la soeur de Didier Barbot. A la barre, face au tribunal, ce vendredi après-midi, elle s’adresse aux accusés, qui ont attendu huit mois pour avouer une partie des faits, en garde à vue. Une grande natte de cheveux bruns lui tombe sur les reins et, par moments, son dos est secoué de grands sanglots.

Dans l'affaire Barbot, le verdict est attendu lundi. Ce qui signifie que ce septième jour de procès signe la dernière occasion pour les co-accusés de dire, enfin, la vérité sur ce 16 mars 2013. Stéphanie Livet s’est-elle servie de la galettoire (une sorte de poële à crêpes, ndlr) pour frapper Anne ? Combien de coups de bûches a donné Didier Barbot ? A-t-il assisté à l’étranglement de sa femme, par sa maîtresse, pendant un quart d’heure ? Autant de questions qui resteront en suspens, malgré toute l’insistance du tribunal.

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"Je suis impardonnable"

On a pu avoir l’impression, pourtant, que la présence de Sylvie à la barre allait enfin faire pencher la balance du côté de la vérité. Sa tristesse visible, ses supplications, donnent aux débats une nouvelle dimension. Didier Barbot se lève, il pleure. Il s’essuie les yeux avec son mouchoir en tissu et lâche : "Quand je la vois comme ça, je me dis que c’est pas possible. Depuis le début du procès, je me tourne parce que j’ai peur de les regarder. J’ai trop honte. Je vous demande pardon, mais je sais que je suis impardonnable." A quoi lui rétorque sa sœur : "On n’est pas venu chercher le pardon. On est venu chercher la vérité, rien que la vérité."

Levée de son banc à la suite de son amant, Stéphanie Livet, elle aussi, présente des excuses. "Je mourrai peut-être en prison", déclare-t-elle. "Et il y a une autre prison, celle de la culpabilité, que je ressens dans la tête, dans le cœur et dans les tripes." Puis, comme une litanie, elle répète, inlassablement : "Mais je maintiens ma version, je ne dirai rien de plus". À deux mètres d’elle, Didier Barbot intervient. "Tu mens. Tu t’es servie de la galettoire parce que c’est ce qu’on avait prévu. Dis-le, ça changera rien à notre peine, de toute façon." "Non, je maintiens ma version, c’est ma vérité", martèle la co-accusée, en regardant droit devant elle.

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"Votre lâcheté a pris le dessus"

Alors qui ment ? Impossible de le savoir. Des incohérences, tout au long du procès, sont apparues des deux côtés. Mais les experts sont formels. Les deux amants, au moment des faits, étaient en pleine possession de leurs capacités mentales. Elle est décrite comme une personnalité fragile, lui comme un pervers, un manipulateur. C’est le cocktail fatal des amants diaboliques qui, tout de même, daignent avouer une chose : il leur fallait tuer Anne Barbot, et ils s’étaient mis d’accord deux jours auparavant.

"Le reste, on ne le saura pas", conclut maitre Vallade, qui représente les parties civiles, lors de sa plaidoirie. "Monsieur Barbot, on ne vous en veut pas de nous avoir menti pendant huit mois. On ne vous en veut pas d’avoir pavané devant les médias et d’y avoir pris plaisir. Mais on vous en voudra toujours de ne pas avoir dit la vérité, aujourd’hui, au moment du procès. Votre lâcheté a donc pris le dessus sur vos regrets. Nous allons repartir avec nos questions."

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