Procès du meurtre d'Aurélie Fouquet : "Je pense que j'étais en présence du tireur"

Procès du meurtre d'Aurélie Fouquet : "Je pense que j'étais en présence du tireur"

COMPTE-RENDU - Jeudi matin, devant la cour d'assises de Paris, Jean-Claude Bisel, l'un des neuf accusés du dossier Villiers-sur-Marne, a pour la première fois brisé la loi du silence. Et a désigné "Tony", surnom d'Olivier Tracoulat, seul accusé dont on n'a jamais retrouvé la trace, comme l'un des hommes qui a tiré sur la policière municipale Aurélie Fouquet, ce 20 mai 2010.

Il s'essuie les yeux, se lève et demande au président la parole."J'ai un peu de mal, je suis sans mot devant la dignité de Mme Fouquet", balbutie-t-il. Le témoignage poignant de la mère de la policière municipale Aurélie Fouquet, abattue le 20 mai 2010, semble avoir secoué l'un des accusés. Jean-Claude Bisel, 58 ans, poursuivi pour avoir veillé toute une nuit sur l'un des hommes du commando impliqué dans la fusillade sanglante de Villiers-sur-Marne plutôt que de le livrer à la police, a quelque chose à dire : "Je pense que j'étais en présence du tireur ou d'un des tireurs" cette nuit-là. 

C'est la première fois dans ce procès où le silence est loi que l'un des accusés désigne, sans le nommer directement, le meurtrier d'Aurélie Fouquet : "La nuit où on est venu me chercher pour garder le fameux blessé, celui-ci a dit 'Ça a merdé, j’ai tiré sur les condés'". Le blessé dont il parle, Bisel assure ne pas le connaître. Mais on lui aurait présenté comme étant "Tony ou Anthony". Le surnom d'Olivier Tracoulat, seul braqueur présumé à n'avoir jamais été retrouvé. La rumeur le dit mort. Il aurait été blessé par les tirs de Thierry Moreau, le coéquipier d'Aurélie Fouquet. Le mandat d'arrêt lancé contre lui n'a en tout cas permis de retrouver ni sa trace, ni son corps.

"Tu le veilles jusqu'à ce qu'on revienne"

De cette nuit-là, le doyen des accusés se souvient d'un Tony qui avait "l'air lucide". "C'est lui qui a demandé qu’on se débarrasse vite des voitures (volées avant et après la fusillade, ndlr), explique-t-il . Les autres ont dit, 'on s’en occupe, tu le veilles jusqu'à ce que l'on revienne'". Un discours qui diffère de son audition devant les enquêteurs au cours de laquelle il avait laissé entendre que l'homme était sérieusement blessé. "S'il (Bisel) avait emmené le blessé à l’hôpital, on aurait su...", poursuit visiblement agacé Malek Khider, un autre accusé qui, à son tour, a réclamé brièvement la parole. Un renseignement anonyme envoyé à la police quelques jours après le début du procès avait indiqué que Jean-Claude Bisel avait enterré Olivier Tracoulat en Belgique avec l'aide de son ex-gendre. Et qu'il aurait ensuite tué ce dernier qui menaçait de tout balancer. Des accusations "démentes" dont l'intéressé s'était alors farouchement défendu. Sur ce crime pour lequel il n'a pas encore été jugé, Jean-Claude Bisel a déclaré avoir pété les plombs après les violences et menaces répétées de l'ancien mari de sa fille. 

"Il avait l'air sincère et très ému, a commenté la mère d'Aurélie Fouquet au cours d'une suspension d'audience. (...) J'espère que c'est un début de réponse. Pour nous, ce serait un moment de délivrance". Depuis six ans, Elisabeth Fouquet attend des réponses aux questions qui la hantent sur la mort de sa fille. A commencer par savoir qui a tiré sur la jeune femme qu'elle a fait "revivre" quelques instants ce matin à la barre. Depuis le 1er mars, neuf hommes sont jugés devant la cour d’assises de Paris pour le braquage avorté de Villiers-sur-Marne. Trois sont directement poursuivis pour le meurtre de la policière municipale. Parmi eux, Olivier Tracoulat. En son absence, l'homme pourrait bien endosser le rôle principal.  

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