Procès Fouquet : Redoine Faïd lutte contre sa réputation

Procès Fouquet : Redoine Faïd lutte contre sa réputation

COMPTE-RENDU - Au deuxième jour du procès du meurtre de la jeune policière municipale Aurélie Fouquet, la cour s'est penchée sur la personnalité de Redoine Faïd. Durant de longues heures, le braqueur "repenti" a tenté de soigner son image et de convaincre les jurés de son innocence.

Le grand oral de Redoine Faïd a débuté par un exercice d'écriture. Celui que les policiers ont surnommé ironiquement l'"Ecrivain", en référence à son livre d'entretiens avec le journaliste Jérôme Pierrat, a écrit une lettre. Qu'il a déposée aux gendarmes mercredi matin, qui ont fait suivre au président Philippe Roux. Lequel lit à haute voix mercredi après-midi son contenu à la cour : "Jamais il ne me viendrait à l'idée d'avoir un comportement inapproprié. Mes parents ne m'ont pas élevé dans le mépris de l'autre (…) Quand bien même je suis innocent, je vous prie de croire que je suis loin d'être à l'aise et détendu. Je suis accablé d'être poursuivi pour ces faits que je n'ai pas commis".

Les mots sont choisis. Ils répondent à ceux prononcés la veille par la famille d'Aurélie Fouquet, qui s'était émue de l'attitude "arrogante" de l'accusé. Un qualificatif largement repris dans les médias venus nombreux couvrir le premier jour de procès. De quoi écorner dès l'ouverture des débats l'image du braqueur "repenti"

Films de gangsters et répliques cultes

S'il n'est pas poursuivi pour meurtre – mais pour tentative de vol en bande organisée en état de récidive –Redoine Faïd sait qu'il joue gros. Soupçonné d'être le "cerveau" de l'attaque avortée d'un fourgon blindé qui s'est soldée par la mort de la policière municipale Aurélie Fouquet en 2010, il encourt la réclusion criminelle à perpétuité. Alors, durant de longues heures ce mercredi après-midi, le gangster médiatique a tenté de casser la mauvaise réputation qui lui colle à la peau.

Après lecture de sa mise au point, Redoine Faïd est invité à dérouler son parcours. L'enfance à Creil, les journées à regarder les films de gangsters avec les copains, les répliques cultes qu'il connaît par cœur, le divorce des parents, le départ du père en Algérie, la maladie de la mère... Le quadragénaire parle vite mais distinctement. Le président enchaîne avec son lourd casier judiciaire : des condamnations pour des vols aggravés, des hold-up commis sous des masques d'hommes politiques comme dans Point Break. "Il y avait un énorme degré d'inconscience", commente l'intéressé qui ne "referait pas".

"C'était une vie de merde"

En 2009, Redoine Faïd en a fini avec la prison. Il a alors 37 ans et entame sa nouvelle vie de braqueur "repenti". Interrogé sur les faits présumés de 2010 qui l'ont conduit jusqu'aux assises aujourd'hui, il répète derrière son box vitré : "Je n'étais plus dans les embrouilles. Je suis un père de famille, je n'avais plus besoin de voler. Je ne suis pas Robin des bois, ni Blanche Neige mais je ne suis pas un assassin". Son avocat vient en soutien rappeler que son client n'a été condamné que pour des faits commis dans sa "jeunesse" à la fin des années 1990. "Un homme ne peut-il pas décider de changer de vie ?" Redoine Faid répond pour lui : "Je suis catégorique. C'était une vie de merde, il n'y a rien de grand dans le banditisme. J'ai tourné le dos à ça". 

Sur son évasion en 2013, le repenti se montre en revanche plus confus, évoquant l'acharnement pénitentiaire. L'"isolement", "les excréments de rats" et pour finir, son transfèrement à la prison de Sequedin, loin de ses proches : "On m'a envoyé là-bas pour me briser. La cocotte était pleine. Alors oui, je me suis évadé, j'aime la liberté". Mais de cette évasion spectaculaire, décrite comme violente, il en conteste le rapport. L'avocate générale lui rappelle que celle-ci était filmée. Et l'intéressé de répondre avec arrogance : "L'évasion était peut-être filmée mais moi, j'y étais".  

EN SAVOIR + 
>>  Redoine Faid, braquo "repenti" : le grand illusionniste
>> Notre dossier consacré au procès du meurtre d'Aurélie Fouquet 

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