Reims : il dit avoir tué sa mère adoptive car elle avait oublié de lui téléphoner

Reims : il dit avoir tué sa mère adoptive car elle avait oublié de lui téléphoner

FAIT DIVERS – Un homme âgé de 42 ans a été mis en examen mardi pour assassinat et placé en détention provisoire. L’individu a reconnu avoir tué sa mère adoptive le dimanche 8 janvier, expliquant son geste par le fait que celle-ci lui avait dit qu’elle l’appellerait deux jours plus tôt et ne l’avait pas fait.

Un "crime épouvantable", "une scène effrayante", des "déclarations glaçantes". Pour évoquer l’homicide commis dimanche dans la ville de Reims, le procureur de la République Matthieu Bourrette, qui s’est rendu sur place peu après les faits, ne manque pas de qualificatifs. 


C’est la sœur de la victime qui, ne parvenant pas à la joindre, a donné l’alerte le 8 janvier dans la journée. En arrivant dans la maison de la rue Michel-Ange, dans un quartier résidentiel de cette ville de la Marne, le voisin prévenu avait retrouvé le corps sans vie de la septuagénaire, dans un bain de sang. "Peu après, les enquêteurs de la sûreté départementale avaient appréhendé un homme à proximité du domicile de la victime. Ce dernier avait des traces de sang sur ses vêtements, raconte  Matthieu Bourrette à LCI. L’individu, qui n’est autre que le fils adoptif de la victime âgée de 78 ans, a tout de suite reconnu être l’auteur du crime et a livré ses motivations un peu plus tard en garde à vue…". 

Elle n’a pas "tenu parole"

Pendant sa garde à vue, le suspect âgé de 42 ans n’a "rien épargné aux enquêteurs". "Il  a été très méticuleux et précis, insiste le procureur. Il a expliqué aux policiers être très en colère contre sa mère qui lui avait promis de l’appeler le vendredi 6 janvier. Ce monsieur, qui fait l’objet d’une hospitalisation libre suite à des problèmes psychiatriques, dit avoir attendu l’appel de celle qu’il nomme 'sa maman' ou 'mère de cœur' le 6 janvier jusqu’à 18 heure, en vain. Il déclare avoir nourri un très vif ressentiment, même si celle-ci l’a finalement appelé le samedi. Selon lui, dès le 7 janvier, et pour cause de non-respect de la parole donnée, il avait décidé de tuer sa maman lors de leur rencontre prévue le 8".


Chaque dimanche en effet, le quadragénaire était conduit au domicile de sa mère par une ambulance, puis ramené un peu plus tard à l’hôpital. En quelques minutes ce 8 janvier, tout a dégénéré.  "Il a indiqué avoir fait chuter sa mère au sol peu de temps après être arrivé au domicile de celle-ci. Puis l’avoir frappée à de nombreuses reprises à l’aide d’une serpe, puis de plusieurs couteaux, avant de la trainer au sol et de la coincer dans un placard à vêtements, fait savoir le procureur. Les constatations des enquêteurs de la police scientifique et plusieurs éléments de médecine légale sur place ont mis en évidence l’acharnement dont le mis en cause a fait preuve en portant ses coups : fracture du crâne, plaies multiples au bras, thorax, genou, épaule, flanc droit…". 


Le suspect a raconté avoir ensuite "un peu nettoyé les pièces" maculées de sang puis s’être restauré et avoir "regardé la télévision". Il aurait ensuite volé de la monnaie à la victime pour sortir acheter à manger, avant de revenir au domicile de sa mère adoptive et de le quitter "de peur de se faire disputer pour ce qu’il avait fait". "Il dit avoir tué sa mère à plusieurs reprises à l’aide de deux ou quatre couteaux", ajoute le magistrat. 

Adopté à l'âge de 2 ans

Le quadragénaire a été mis en examen mardi pour assassinat et placé en détention provisoire. "Une information judiciaire a été ouverte, indique Matthieu Bourrette. Le magistrat instructeur désignera un psychiatre. Cela permettra d’avoir une expertise qui prendra plus de temps mais qui sera davantage charpentée qu’une expertise, qui aurait été réalisée dans le temps de la garde à vue et qui aurait été très brève". Les experts psychiatres devront notamment établir si l’assassin présumé est ou non responsable pénalement et s'il peut faire l'objet d'une sanction.


"Le casier judiciaire du mis en cause est vierge de toute mention, ajoute le procureur de la République. Néanmoins, il était connu de la justice pour des faits de vols et de dégradations. Les deux procédures avaient été classées sans suite en 2014 et 2016 par le parquet de Chalons-en-Champagne, notamment en raison des troubles et de l’irresponsabilité pénale de l’auteur. Il semble en effet que le mis en cause souffre de très graves déficiences et d’une pathologie psychiatrique lourde et ancienne, même s’il a parfaitement et clairement expliqué son geste".  


 Abandonné par sa famille dès son plus jeune âge, le suspect avait été placé par la DDASS (Direction départementale des affaires sanitaires et sociales) à l’âge de 2 ans chez cette femme et son mari, décédé en 2015. Selon des proches, il aurait déjà commis des violences par le passé sur sa mère adoptive, mais celle-ci n’avait jamais porté plainte et voulait continuer à le voir.

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