Risque d’attentat : une formation prépare les salariés au pire

Risque d’attentat : une formation prépare les salariés au pire

PRÊTS A RÉAGIR - Face au risque d’attentat qui plane sur l’Hexagone, le Centre National de Formation Conseil en Entreprise (CNFCE) a mis au point des modules en collaboration avec un ancien commandant du GIGN, Frédéric Gallois. Le directeur général de l’organisme, Renaud Baudier, nous explique en quoi ils consistent.

Le risque d’attentat est bien réel, la fusillade des Champs-Elysées survenue jeudi 20 avril l’a prouvé une nouvelle fois. "Les Français doivent être formés aux situations à risques pour être prêts à réagir de manière adéquate", explique à LCI Renaud Baudier, le directeur général du Centre National de Formation Conseil en Entreprise (CNFCE). "Grâce à une formation adéquate, il est possible d'avoir des pistes pour dompter la panique ou la sidération qui s’empare de nous à des moments où il faudrait réagir", ajoute-t-il. Il propose donc de mettre à disposition des salariés une sorte de boîte à outils à sortir en cas de menace, en somme.

Car le CNFCE en est persuadé, appréhender ses peurs et acquérir de nouveaux réflexes s’apprend, comme le reste. Le spécialiste des formations professionnelles continues a donc décidé d’élargir son offre avec des formations dédiées à la gestion des attentats et du risque terroriste. Opportuniste ? "Nous y réfléchissions depuis les attentats du 13 novembre 2015 mais nous avons préféré bien réfléchir avant de nous lancer. L'idée n'était pas de profiter du malheur de certains", détaille notre interlocuteur. Finalement, ce sont les attentats du 14 juillet 2016 qui finiront de convaincre l’organisme de sauter le pas. 

Formé par un ex-commandant du GIGN

Proposer de former les entreprises au risque d’attentat, oui, mais le CNFCE ne souhaitait pas s’y prendre n’importe comment. Alors, il s’est entouré d’un homme de terrain, avec de l’expérience dans la gestion des conflits. "Frédéric Gallois, un ancien commandant du GIGN, nous a aidés à élaborer les dix modules, comme celui sur la 'prévention du risque terroriste pour le personnel d'encadrement' ou celui sur le 'confinement dans les établissements scolaires'". C’est d’ailleurs le gendarme d’élite qui assure les trois quarts des formations, nous assure-t-il. Pour le reste, ce sont des anciens formateurs ayant travaillé à la BRI, au ministère de la défense ou au RAID qui prennent le relais. 


En pratique, la formation s’adapte aux envies et aux besoins des clients. Le formateur peut livrer ses précieux conseils lors de conférences, devant un parterre de 500 personnes, ou bien devant de petits groupes en alternant temps de parole et petits exercices pratiques. Le tout, sur une journée ou une demi-journée et pour une somme avoisinant les 2300 euros. Le prix de la sécurité ?


La petite entreprise semble en tout cas avoir trouvé son public. "En six mois, une trentaine d’entreprises a fait appel à nos services, qu’elles soient issues du secteur privé ou du secteur public", affirme le directeur général du CNFCE. Parmi les principaux clients : la Fédération Française de Football (FFF), les universités, et même les hôpitaux. Mais "paradoxalement encore très peu d'hôtels, de restaurants ou de sociétés d'activités de loisirs ont fait appel à nous alors qu'il s'agit de cibles exposées", note Renaud Baudier. Malgré tout, il reconnaît bien volontiers qu'on n'est jamais préparé émotionnellement à une situation extrême comme un attentat. 

Tout savoir sur

Tout savoir sur

Attentat des Champs-Élysées

Plus d'articles

Sur le même sujet