Salah, Brahim et Mohamed : la fratrie Abdeslam au cœur de l'enquête

Salah, Brahim et Mohamed : la fratrie Abdeslam au cœur de l'enquête

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PORTRAITS – Brahim, le kamikaze, a fait exploser sa ceinture d’explosif près de la place de la Nation. Salah, membre présumé du commando "à la Seat noire" est activement recherché par toutes les polices d'Europe. Interpellé samedi, Mohamed est libre. Zoom sur la fratrie au centre des attentats de Paris.

L'enquête sur les attentats du 13 novembre se concentre toujours un peu plus vers la Belgique et la commune bruxelloise de Molenbeek-Saint-Jean. Au centre de ce quartier considéré comme un des principaux foyers djihadistes en Europe, une famille française, les Abdeslam. Le nom des trois frères apparaissent dans la procédure.

Brahim, 31 ans, est mort vendredi en déclenchant sa ceinture d'explosif dans un café près boulevard Voltaire. Salah, 26 ans, suspecté d'être le huitième terroriste en fuite, est activement recherché. Le troisième frère, Mohamed a été interpellé au lendemain des attentats, à Bruxelles, avant d’être relâché lundi. Que sait-on sur les trois frères Abdeslam ?

► Salah, l'ennemi public n°1 
Recherché par toutes  les polices de France et de Belgique , Salah pourrait être l’homme qui se trouvait au volant de la fameuse Seat noire. Si cette information se révéle exacte, ce serait donc lui qui aurait déposé son frère à son rendez-vous avec le "martyr". Il abandonne ensuite la voiture à Montreuil avant d’être "exfiltré" vers la Belgique par deux complices présumés. Depuis dimanche, Salah fait l’objet d’un avis de recherche et d’un mandat d’arrêt international. A l'instar de son frère, Salah aurait effectué la location de deux voitures : la Polo noire abandonnée devant le bataclan et la Clio découverte mardi matin, ainsi que de deux chambres réservées dans un Appart City Alfortville, reconverties en planque. Si, comme son frère ainé, Salah n’est pas connu en France, il possède lui aussi un passé judicaire en Belgique. Le terroriste présumé compte notamment plusieurs délits routiers à son actif. Mais surtout, il écope en 2011 d’une condamnation dans une affaire de vols. Un dossier dans lequel un autre nom lié aux attentats du 13 novembre apparaît : celui d’Abdelhamid Abaaoud. Ce djihadiste belge qui a rejoint les rangs du groupe djihadiste Etat islamique est suspecté d’être "l’inspirateur" des attentats de vendredi. Son frère Mohamed parle "d’un dur", "très posé" et "pas forcément violent". Et lui conseille de se rendre à la police.

EN SAVOIR + >> Attentats de Paris : qui est Abdeslam Salah ?

► Brahim, le kamikaze 
Avant d’actionner sa ceinture d’explosif vendredi soir au bar Le comptoir Voltaire, blessant grièvement trois personnes, Brahim 31 ans, aurait participé au rodéo funeste de la Seat noire. Du Xe au XIe arrondissement, une équipe de terroristes attaque à l’arme de guerre des terrasses de bars et de restaurants. C’est encore lui qui a loué la Polo noire, qui a convoyé les assaillants jusqu'au Bataclan avant d'être abandonnée devant la salle de concert, ainsi que  la "planque" de Bobigny . Le jeune trentenaire était inconnu de la justice en France. En revanche, en 2005, il est condamné en Belgique pour vols. Bis repetita en 2010 pour faux en écriture et recel, cette fois, selon le parquet fédéral belge. Son avocat de l’époque évoque "un garçon très gentil, très poli, mais fragile et influençable", dans les colonnes du quotidien belge La Dernière Heure. Brahim était aussi le patron d’un bar de Molenbeek, Les Béguines. Cet établissement a fait l’objet d’une fermeture administrative pour cause de "consommation de stupéfiants" depuis début novembre. 

EN SAVOIR + >>  Abdelhamid Abaaoud, cerveau des attentats ? ► Mohamed, l’employé municipal
Samedi, alors que ses deux frères sont accusés d’avoir participé aux pires attentats qui ont frappé la France, Mohamed Abeslam est interpellé par la police belge à son domicile de Molenbeek. Cet employé municipal modèle depuis 10 ans est finalement ressorti libre de sa garde à vue et aucune poursuite n'a été retenu contre lui. Quelques heures plus tard, il s’est exprimé devant les caméras du monde entier, sur le perron de la maison familial : "En aucun cas, je n'ai été lié de près ou de loin à ce qu'il s'est passé vendredi 13 à Paris", assure-t-il. Et de préciser qu’il ignorait tout des projets de ses frères dont les "attitudes" semblaient "normales". Dans une seconde interview, réalisée mardi, Mohammed déclarait cependant à  BFMTV  : "Ça fait bien longtemps que Salah et Brahim font le jeûne, ça ne nous permet pas, à nous qui vivons avec [eux], de déterminer si [se sont] des radicalistes ou pas".

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