Soupçons d'agressions sexuelles sur des scouts : un prêtre en garde à vue

Soupçons d'agressions sexuelles sur des scouts : un prêtre en garde à vue

FAIT DIVERS - Un prêtre soupçonné d'agressions sexuelles commises sur de jeunes scouts il y a plus de 25 ans a été placé en garde à vue lundi à Lyon.

C'est une affaire vieille de 25 ans qui vient de refaire surface. Un prêtre soupçonné d'agressions sexuelles commises sur de jeunes scouts a été placé en garde à vue lundi à Lyon, a-t-on appris de source judiciaire. Le septuagénaire, qui réside au couvent des Petites-Soeurs de Saint-Joseph de Montgay à Fontaine-sur-Saône (Rhône) depuis septembre 2015, est actuellement entendu par les policiers de la brigade de la protection de la famille de la Sûreté départementale.

Les victimes présumées, trois jeunes alors mineurs, anciens membres d'un groupe scout indépendant que le prête a encadré pendant une vingtaine d'années, du début des années 1970 à 1991 à Sainte-Foy-lès-Lyon, dans la banlieue ouest de Lyon. Doyen de plusieurs paroisses dans le Roannais jusqu'en août dernier, l'homme est visé par plusieurs plaintes d'anciens scouts du groupe Saint-Luc déposées depuis mai 2015. Une enquête préliminaire "pour agression sexuelle" avait été ouverte cet été par le parquet de Lyon . 

Une quinzaine de témoignages

Compte tenu de l'ancienneté des faits, certaines plaintes devraient être prescrites mais d'autres sont jugées recevables par la justice. Plusieurs hommes qui disent avoir été victimes du prêtre, pour la plupart des quadragénaires, se sont rassemblés au sein d'une association, "La Parole Libérée", afin de "rompre l'omerta" entourant ces faits depuis des décennies. L'association qui dit avoir d'ores et déjà recueilli une quinzaine de témoignages, vise en particulier la gestion par l'Eglise du cas de ce prêtre. Celui-ci a continué à être en contact avec des enfants, via notamment l'enseignement du catéchisme, après avoir été écarté du groupe Saint-Luc à la suite d'un signalement d'une famille au cardinal Albert Decourtray, alors Primat des Gaules. A l'époque non-affilié aux scouts de France ou d'Europe, le groupe Saint-Luc était mixte et a compté jusqu'à 400 enfants et adolescents.

L'association a publié sur son site internet de nombreux témoignages, ainsi qu'une lettre du prêtre mis en cause, adressée en 1991 au père d'une victime: "Je n'ai jamais nié les faits qui me sont reprochés. Ils sont pour moi une blessure profonde dans mon cœur de prêtre", peut-on lire dans ce courrier manuscrit et signé. Fait rarissime, c'est le diocèse de Lyon qui a pris l'initiative, en octobre, de révéler les plaintes visant le prêtre. L'archevêque de Lyon, Mgr Philippe Barbarin, avait alors indiqué avoir relevé le mis en cause de ses responsabilités pastorales et lui avoir interdit tout contact avec des mineurs. Le diocèse avait ensuite avancé l'hypothèse d'un procès canonique "à l’issue de la procédure civile, selon les règles prévues par l’Église".

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