Terrorisme : les Champs-Elysées visés pour la cinquième fois depuis 1986

MÉMOIRE - Un homme fiché S, qui est mort dans l’explosion de son véhicule, a percuté un fourgon de gendarmerie, sans faire de blessés parmi les forces de l’ordre, ce lundi 19 juin sur les Champs-Elysées à Paris. L'attaque, qui n'a pas été revendiquée pour le moment par Daech, n'est pas une première sur la plus belle avenue du monde.

Dans la mémoire collective, les noms des rues Nicolas Appert, des Rosiers ou encore l'Hyper Cacher ont sans doute - d'un point de vue tragique - une plus forte résonnance. Pourtant, un peu moins de deux mois après la mort d'un policier, abattu par un assaillant au numéro 104 de l'avenue des Champs-Elysées, la "plus belle avenue du monde" a été de nouveau la cible d'une tentative d'attentat.


Ce lundi 19 juin vers 15 h 48, un homme a percuté volontairement un véhicule de gendarmes mobiles qui descendait les Champs-Elysées, dans le 8e arrondissement de Paris, sans faire de blessé parmi les gendarmes ou les passants. A la suite du choc, le véhicule incriminé, à bord duquel se trouvaient des bonbonnes de gaz, des armes de poing, une kalachnikov et de l’explosif, s’est embrasée.


Encore une de plus. C'est en effet la cinquième fois, en un peu plus de trente ans, que cet emblème de Paris, passage obligé des touristes ou encore lieu de fête et de rassemblement populaire, est la cible d'une attaque de nature terroriste.

20 avril 2017 - "Au numéro 104"

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Attaque des Champs-Elysées : retour sur le déroulé de la soirée

Le 20 avril 2017, aux alentours de 21 heures, un individu gare sa voiture - une Audi 80 grise - à auteur d'un fourgon de police au 104 avenue des Champs-Elysées, au niveau du magasin Marks & Spencer. Armé d'un fusil d'assaut de type Kalachnikov, l'homme, extrêmement déterminé, sort de sa voiture et vise les fonctionnaires.  L'assaillant ouvre le feu et tue l'un des policiers, l'officier de police Xavier Jublé, avant de s'essayer de s'en prendre à d'autres. Les forces de l'ordre ripostent et abattent l'assaillant.  

3 février 1986 - "Galerie Claridge"

Le 3 février 1986, à 21h20, une bombe cachée dans une poubelle explose dans la galerie du Claridge, au numéro 74 de l’avenue. Une personne est tuée, huit autres sont blessées. Un attentat revendiqué sous le nom de "Comité de solidarité avec les prisonniers politiques arabes et du Proche-Orient" (CSPPA) dans le but d'obtenir la libération des trois terroristes détenus en France : Anis Naccache (réseau iranien), Georges Ibrahim Abdallah (réseau libanais FARL) et Varadjian Garbidjan (réseau arménien Asala).


Trente et un an plus tard, la galerie a été transformée, mais elle porte toujours le même nom. Aujourd'hui, plusieurs milliers de touristes passent devant chaque jour sans se douter une seule seconde du drame qui s’y est joué, faute de plaque commémorative inaugurée sur les lieux.

20 mars 1986 - "Galerie du Point Show"

Elle se situe une vingtaine de mètres plus loin, et s'appelle aujourd'hui "Galerie 66". Connue  pour abriter le Zaman Café d'où a démarré "l’affaire Zahia" impliquant des joueurs de l’équipe de France de football en 2010, la galerie a été le théâtre d'une explosion le 20 mars 1986, juste devant le café de Colombie. 


Bilan : deux morts et 29 blessés, dont 9 graves. Attentat de nouveau revendiqué par le CSPPA à Beyrouth (Liban) pour le compte du Hezbollah.

14 septembre 1986 - "Pub-Renault"

Une bombe est découverte au Pub Renault - sur le trottoir d'en face - avenue des Champs-Élysées à Paris sous une table du restaurant par un maître d'hôtel, Jean-Claude Blanger. Celui-ci prend le paquet suspect, le descend au sous-sol, remonte. Il prévient deux policiers en faction. L'engin explosif se déclenche au moment où ils redescendent tous les trois. Les deux policiers sont tués, Jean-Claude Blanger blessé.


Les trois lieux ont depuis beaucoup évolué. Certains noms ayant même changé. Tout comme leur apparence. Mais ils sont toujours identifiables pour qui se souvient des drames qui s'y sont noués. Tout près de la fusillade qui a eu lieu jeudi, le store Marks & Spencer du 104 avenue des Champs-Elysées devrait également rentrer - malgré lui - dans ce cercle fermé... 

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