Un ancien employeur du tireur de Melun témoigne : "C’était un cas psychiatrique"

Un ancien employeur du tireur de Melun témoigne : "C’était un cas psychiatrique"

TEMOIGNAGE - Pendant sa liquidation judiciaire, le tireur de Melun Joseph Scipilliti s’est fait embaucher dans un cabinet d’avocat. "Metronews" a retrouvé cet ancien confrère, une connaissance depuis plus de vingt ans qui décrit un homme en proie à de graves dérives.

Il a très bien connu le tireur de Melun. Thierry Jové Dejaiffe, avocat en Seine-et-Marne, est même cité dans le testament de Joseph Scipilliti, qui s’est donné la mort ce jeudi 29 octobre après avoir tenté d’assassiner le bâtonnier. Les initiales "BJD", volontairement remaniées et présentes à plusieurs reprises dans le document, sont bien celles de cet homme, que le tireur définit comme "confrère ex employeur". Metronews l’a retrouvé. Très choqué, il revient sur la personnalité trouble de celui qui a ouvert le feu au sein même du tribunal.

"Dans les années 2007, 2008, Joseph Scipilliti a bénéficié d’un contrat de travail à mon cabinet, suite à une décision de liquidation judiciaire le concernant. Mais il n’a jamais pu exercer avec nous, en raison de son état dépressif majeur", précise ainsi l’avocat, avant de détailler : "Il était attendu au travail, mais il n’est jamais venu. Il n’était pas en état, il se négligeait."

Autrefois ouvert aux autres

Et pourtant, ce n’est pas ainsi que Thierry Jové Dejaiffe a d’abord connu son confrère. "Il y a plus de vingt ans, sa personnalité était radicalement opposée à celle que vous découvrez aujourd’hui. Il fut un temps où Joseph Scipilliti était un homme progressiste et ouvert aux autres. Hélas, peu à peu cet homme a cédé la place à un personnage incapable de remise en cause et d’introspection." D’une voix pleine d’émotion, il poursuit : "Dans sa vie, il a fait des choix qui ne sont pas les miens. Je ne prône pas le racisme. Plus tard, il m’envoyait des messages, m’incitant à partager ses convictions. C’était des messages violents, outranciers, de la littérature fasciste. Je lui ai dit que je ne voulais plus recevoir cela, et c’est à ce moment que nos relations ont définitivement cessé."

Les derniers échanges entre les deux hommes se situent aux alentours de 2011-2012. Par la suite, Thierry Jové n’a plus voulu avoir affaire à son ancien confrère. Il côtoie toujours, en revanche, le bâtonnier Henrique Vannier, grièvement blessé mais dans un état stable : "Je ne dirais pas qu’il y avait des contentieux entre eux. Scipilliti l’accablait, mais Henrique Vannier n’a fait que son travail. C’était un type bien, il a d’ailleurs tout fait pour sortir cet avocat de ses difficultés. Mais je pense que Joseph Scipilliti était un cas psychiatrique."

EN SAVOIR +
>> Melun : ce que révèle le testament du tireur, Joseph Scipilliti >>  Quand Riposte Laïque fait du tireur de Melun un martyr

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