VIDÉO - "Chasse aux DRH" au Bois de Boulogne : 41 arrestations et plusieurs véhicules incendiés

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TENSION - Alors qu'une manifestation de syndicats entendait faire la "chasse au DRH", en marge d'une réunion de DRH à laquelle était invitée la ministre du Travail Muriel Pénicaud, des manifestants d'extrême-gauche, présents sur la zone, se sont opposés aux forces de l'ordre. Bilan : 41 interpellations et plusieurs véhicules brûlés.

La 34e édition du Congrès des DRH qui se déroulait ce jeudi au restuarant huppé "Le Pré Catelan", dans le Bois de Boulogne, à Paris, ne s'est pas passée comme prévu. Une manifestation organisée non loin par des syndicats, notamment Solidaires, entendait faire la "chasse aux DRH" et des affrontements entre plusieurs manifestants ont eu lieu en marge de ce rassemblement. La ministre du Travail Muriel Pénicaud, invitéé au Congrès, a fait savoir le matin même qu'elle ne se déplacerait pas. 


Selon nos informations, trois véhicules garés sur place ont été brûlés, et quatre autres ont été dégradés. 41 personnes ont été interpellées pour "jet de projectiles sur les forces de l'ordre, port d'arme prohibé et "participation à un attroupement en étant porteur d'une arme", a annoncé la préfecture de Police de Paris dans un communiqué. La police  évoque "de nombreux jets de projectiles" et la présence de "80 individus" issus de la "mouvance contestataire". La situation était sous contrôle en fin de matinée.

Dans son communiqué, la préfecture de Police évoque un seul rassemblement "non déclaré", de la part de cette "mouvance contestataire". Contacté par LCI, le syndicat Solidaires, qui a organisé une manifestation sur un point fixe, à un carrefour proche de l'entrée du Pré Catelan, affirme que son rassemblement était dûment déclaré.

La préfecture a-t-elle considéré que plusieurs rassemblements ont eu lieu, ce matin là, au Bois de Boulogne ? Un premier rassemblement mentionné dans son communiqué, organisé par cette "mouvance contestataire" et non autorisé, qui a dégénéré en affrontement, et un deuxième, statique, autorisé, mais non mentionné ? LCI s'est procuré la déclaration de manifestation, déposée le 10 octobre et tamponée par la préfecture. Celle-ci a confirmé en début de soirée qu'une manifestation statique organisée par Solidaires a bien été autorisée.

"Réservons le meilleur accueil à Muriel Péricaud, la DRH de l’entreprise France"

Cette "chasse au DRH" a été annoncée de longue date. Le site d'extrême-gauche lundimatin.am a publié, le 11 septembre, un appel à perturber le congrès des DRH du Pré Catelan. Le 21 septembre, un appel semblable a été publié sur un blog hébergé par le site d'investigation Mediapart, signé par plusieurs universitaires, syndicalistes et artistes. Mais le rassemblement n'est pas encore qualifié de "chasse aux DRH". On retrouve cette expression sur le site du syndicat "Solidaires", qui reprend la tribune de Mediapart.


Début octobre, le site internet chasseauxdrh.com fait son apparition, tout comme le hashtag #chasseauxdrh sur Twitter. Sur le site, en tête de page, une date, le jeudi 12 octobre, et un appel : "Réservons le meilleur accueil à Muriel Péricaud, la DRH de l’entreprise France". Un rendez-vous destiné à "brusquer, traquer, enfumer…" peut-on lire. Par ailleurs, des informations sur le "déroulement de la chasse" sont visibles sur ce même site. Les manifestants étaient appelés à se rejoindre à 8h précises pour un "rassemblement statique autorisé par la Préfecture de police de Paris" et ce jusqu’à 13h30.

Plusieurs photos montrent que ce rassemblement statique a bien eu lieu, avec de nombreux drapeaux Solidaires. Plusieurs membres du syndicat qui ont participé au rassemblement affirment n'avoir vu aucune arrestation ni dégradation sur le lieu de ce rassemblement statique. 


"Nous, on a déclaré le rassemblement, on venait dénoncer ce rassemblement de DRH et dire que Muriel Pénicaud n'est pas la 'DRH de l'entreprise France'", affirme une participante. Une autre dit avoir vu "d'autres persones, dans les bois", et affirme que "ceux qui ont été interpellés ne font pas partie de Solidaires, ils manifestaient et ont été arrêtés après avoir quitté le rassemblement".


"Ce n'est pas notre mode d'action", affirme une participante à propos des heurts entre manifestants et forces de l'ordre. "C'était un petit rassemblement, on s'est surtout amusés de voir les voitures des DRH ne pas pouvoir accéder au restaurant", a ajoute-t-elle. "Notre action est réussie, nous voulions faire la lumière sur cet événement, et nous constatons que Muriel Pénicaud n'est finalement pas venue", conclue la syndicaliste.


Plusieurs membres de Solidaires affirment que, sur les 41 personnes arrêtées, 25 ont été relâchées. Contacté par LCI, le parquet de Paris n'a pas répondu à cette heure pour infirmer ou confirmer. 

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