Une jeune polyhandicapée privée de son siège spécialisé dans un vol Barcelone-Paris de la compagnie Vueling

Une jeune polyhandicapée privée de son siège spécialisé dans un vol Barcelone-Paris de la compagnie Vueling

CAUCHEMAR - Le 14 juillet, une jeune polyhandicapée a été contrainte par la compagnie aérienne Vueling de voyager sans son siège spécialisé. Sa mère a raconté sur Facebook le calvaire qu'elles ont vécu ce jour-là.

Le 14 juillet dernier, Lucy, une jeune femme polyhandicapée, a été contrainte de voyager sur un vol Barcelone-Paris de la compagnie Vueling sans son siège spécialisé, ce qui l’a contrainte à passer le vol allongé sur les genoux de sa mère. "Très en colère", cette dernière, Amarantha Bourgeois, a raconté ce calvaire dans un post publié sur la page Facebook de la compagnie aérienne. Sa publication a été repartagée plus de 800 fois sur le réseau social.

Un vol aller sans encombre

Pour les 18 ans de sa fille, Amarantha Bourgeois lui avait offert un voyage à Barcelone. Lucy, dont la motricité et la tonicité sont équivalentes à celles d’un nourrisson de 3 mois, doit voyager avec un siège spécialisé afin de la maintenir correctement assise. 


Comme elle le confie à nos confrères du Parisien, la préparation du voyage a été extrêmement longue et compliqué. "J’avais mis trois mois à tout organiser. J’ai contacté la compagnie Vueling pour connaître les dimensions de leurs sièges et faire réaliser un équipement sur mesure par un orthoprothésiste", dit-elle. Au total, ce siège coûtera 1200 euros à Amarantha.


Lorsqu’elles partent le 2 juillet pour Barcelone, tout se passe très bien. Deux employés du service aux personnes à mobilité réduite prennent en charge Lucy et l’amènent dans l’avion. Malheureusement pour elle, le siège spécialisé ne rentre pas dans la place qu’a réservée Amarantha. Une hôtesse suggère d’installer le siège au premier rang de l’avion car il y a plus de place pour les jambes. Le pilote accepte que la jeune fille soit installée au premier rang et laisse même sa mère s'asseoir à ses côtés sans lui demander de supplément.

Un retour en enfer

Le 14 juillet, leur retour de Barcelone va se transformer en cauchemar. Comme à l’aller, le siège spécialisé ne rentre pas dans les places réservées. Mais contrairement à l’aller, le pilote refuse que Lucy soit installée au premier rang de l’avion, alors que cinq places sur six sont libres. Pour justifier sa décision, le pilote affirme que le siège pourrait mettre "en danger la sécurité des autres passagers dans le cas d'une évacuation".


Après avoir tenté de contacter un responsable, sans succès, le pilote menace de débarquer Amarantha et ses deux filles. Ne se laissant pas impressionner, la mère de Lucy refuse de quitter l’avion. Finalement, elle et le pilote trouvent un compromis afin que l’avion puisse décoller.


Devant être assise au décollage et à l’atterrissage, Lucy est maintenue par sa mère et une passagère. Au même moment, une femme présente au premier rang de l’avion s'occupe de l’autre fille d’Amarantha, âgée de 5 ans et ce pendant l’intégralité du vol.


Le reste du trajet, Lucy sera allongée sur les genoux de sa mère pour éviter qu’elle ne tombe. Son absence totale de tonus rend le maintien de sa position compliqué. En effet, malgré ses 50 kilos, "c’est une poupée de chiffon", affirme sa mère. N’étant pas installée correctement, Lucy fera trois crises d’épilepsie en moins d’une heure quinze de vol.


Comme le rapporte Amarantha, de nombreux passagers ont fait part de leur colère en voyant la manière avec laquelle sa fille était traitée. L’un d’entre eux lui a notamment recommandé de raconter son histoire sur Facebook.

Une plainte bientôt déposée ?

Le lendemain de son voyage cauchemardesque, Amarantha a contacté le service client de la compagnie Vueling pour obtenir des explications sur ce qui s’était passé. Comme le rapporte le Parisien, elle a obtenu des excuses de la compagnie, un numéro de dossier et a reçu la promesse qu’une enquête allait être ouverte pour faire toute la lumière sur ce qui s’était passé sur Barcelone-Paris du 14 juillet.


Désormais, elle annonce qu’elle va attaquer la compagnie. "Je pense désormais porter plainte pour discrimination. En 2017, cela montre qu’il y a encore de gros soucis d’accessibilité", a-t-elle confié.

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