VIDÉO - Affaire Grégory : Villemin, Laroche, Jacob, Bolle... Qui sont les protagonistes de cette tragédie familiale ?

PORTRAITS - Près de 33 ans après la mort du petit Grégory, plusieurs membres de sa famille ont été mis en examen, dont Murielle Bolle pour "enlèvement suivi de mort". Mais qui sont les protagonistes de cette affaire qui demeure l'une de grandes énigmes policières françaises ? LCI revient sur les clans Jacob, Laroche et Villemin.

Près de trente-trois ans après l'assassinat du petit Grégory, l'enquête semble relancée. Belle-soeur de Bernard Laroche, désormais âgée de 48 ans, Murielle Bolle a été mise en examen le 29 juin pour enlèvement suivi de mort. Adolescente à l'époque des faits, elle avait accusé Bernard Laroche du rapt du garçon de 4 ans, avant de se rétracter. Un cousin, auquel elle a été confrontée, assure que ce revirement a été forcé par un lynchage familial.


Mi-juin, Marcel et Jacqueline Jacob, grand-oncle et grand-tante de l'enfant soupçonnés d'avoir joué les "corbeaux", ont été mis en examen pour enlèvement et séquestration suivis de mort. Les deux septuagénaires n'avaient jamais inquiétés jusqu'alors.


Ces poursuites relancent une affaire considérée comme l'un des plus spectaculaires naufrages judiciaires et médiatiques du siècle écoulé. Une affaire familiale aussi, puisque plusieurs membres de la famille Villemin ont été soupçonnés tour à tour du meurtre du petit Grégory. 

LCI revient sur l'histoire des principaux protagonistes de cette affaire, tous membres d'une même famille.

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Affaire Grégory : retour sur les faits

Grégory, le fils

Grégory Villemin, 4 ans et demi, disparaît le 16 octobre aux alentours de 17h alors qu'il joue dans le jardin de la maison familiale. Son corps est découvert dans la rivière Vologne le jour-même, à 6 km du domicile familial de Lépanges (Vosges). L'enfant, retrouvé les pieds et les mains ligotés par une cordelette, avait disparu quelques heures plus tôt. Plusieurs années d'enquête et d'instruction n'ont toujours pas permis d'identifier son assassin.

Jean-Marie, le père

Jean-Marie Villemin, ancien contre-maître à l'usine de pièce de voitures Autocoussin à Lépanges-sur-Vologne, est le père du petit Grégory. Jean-Marie Villemin a toujours tenu son cousin, Bernard Laroche, pour responsable du meurtre de son fils et avait même annoncé son intention de le tuer à la sortie de son travail en février 1985. Un peu moins de deux mois plus tard, il mettra ses menaces à exécution en abattant d'un coup de fusil son cousin. Un crime pour lequel il a été condamné à 5 ans d'emprisonnement le 16 décembre 1993.

Christine, la mère

Christine Villemin, ancienne ouvrière à la Manufacture de confection vosgienne, est la mère de Grégory. Le 5 juillet 1985, Christine est accusée du meurtre de son fils. Pour preuves : une étude graphologique et des cordelettes identiques à celles ayant ficelé Grégory retrouvées dans la cave familiale. Elle est mise durant quelques jours en détention préventive avant d'être disculpée. Durant ce laps de temps, plusieurs articles de presse l'avaient imaginé en mère infanticide, voire en complice ou maîtresse de Bernard Laroche (voir plus bas). Des accusations jugées "romancières" par l'enquêteur Etienne Sesmat dans son livre.

Le(s) corbeau(x)

Au cours des nombreuses investigations, les enquêteurs se sont longuement penchés sur un mystérieux "corbeau" ayant revendiqué le meurtre en invoquant une "vengeance", en particulier dans une lettre postée apparemment avant la découverte du corps. Plusieurs dizaines de suspects avaient alors dû faire des dictées, sans succès. Quelques années plus tôt, entre 1981 et 1983, la famille Villemin avait reçu des milliers d'appels téléphoniques malveillants d'un ou de plusieurs corbeaux dont au moins 800 adressés aux parents de Grégory.

Bernard, le cousin

Bernard Laroche est le cousin germain de Jean-Marie Villemin. Un temps suspecté du crime, après avoir été mis en cause par sa belle-sœur Murielle Bolle (voir plus bas) en novembre 1984, Bernard Laroche avait été inculpé d'assassinat et écroué, avant d'être remis en liberté en février 1985, faute de preuves. Les gendarmes avaient notamment évoqué la piste de la jalousie envers la réussite professionnelle et familiale de son cousin pour expliquer le geste présumé de Bernard Laroche. Il est abattu d'un coup de carabine par Jean-Marie Villemin le 19 mars 1985.

Murielle, la belle-soeur du cousin

Murielle Bolle est la belle-soeur de Bernard Laroche. A l'époque âgée de 15 ans, l'adolescente avait témoigné contre son beau-frère, l'accusant d'avoir fait monter le petit Grégory dans sa voiture et d'en être descendu avec lui sur les lieux où il pourrait avoir été jeté dans la Vologne. Deux jours plus tard, elle se rétracte et innocente Laroche. Ce ne sera pas suffisant pour disculper son beau-frère, qui sera notamment inculpé suite à la première étude graphologique de la lettre de revendication du corbeau.


Le 29 juin 2017, elle est mise en examen pour enlèvement suivi de mort et placée en détention provisoire, avant d'être remise en liberté sous contrôle judiciaire. Selon un cousin, elle se serait rétractée à l'époque des faits après avoir subi un lynchage familial. Ce qu'elle continue de nier.

Le grand-oncle et sa femme

Marcel Jacob est le grand-oncle du petit Grégory. Lui et sa femme Jacqueline ont été interpellés en juin 2017 dans le village d'Aumontzey, puis mis en examen pour enlèvement et séquestration suivis de mort. Ils sont soupçonnés d'être les corbeaux de l'affaire. A l'époque des faits, des expertises graphologiques avaient déjà désigné Marcel Jacob comme éventuel corbeau. De plus, son emploi du temps lors de la commission du crime était considéré comme incertain. Pour autant, l'homme n'avait jamais été inquiété judiciairement. Autre élément : ce dernier s'en était pris verbalement à Jean-Marie Villemin peu avant le crime, lui reprochant sa promotion de contremaître.

La belle-soeur du père

Ginette Villemin (née Leconte) est la belle-soeur de Jean-Marie Villemin, le père de Grégory et l'épouse de Michel Villemin. Ce dernier, mort en 2010, s'était notamment constituée partie civile dans l'affaire. C'est elle qui, ce mercredi 14 juin, a été arrêtée à Arches, dans les Vosges et a également été placée en garde à vue.

Les grands-parents

Monique et Albert Villemin sont les grands-parents du petit Grégory. En 1987, Monique Villemin expliquait au micro de La 5 ne plus avoir de contact avec Christine Villemin et réclamait justice pour son petit-fils. Les grands-parents du petit garçon - dont l'état de santé ne permettait pas une garde à vue - ont été entendus en audition libre ce mercredi soir. Tous deux sont restés dans les Vosges.

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