VIDÉO - Attentats de Paris : "Les mecs sont dans le coin, rentrez chez vous !"

VIDÉO - Attentats de Paris : "Les mecs sont dans le coin, rentrez chez vous !"

TERRORISME - De la rue Bichat au Stade de France et jusqu'au Bataclan, la terreur a claqué à Paris, vendredi 13 novembre. Reportage au coeur d'une soirée sombre, la plus meurtrière de l'histoire de Paris.

Tout a commencé par une annonce du barman. "Finissez votre verre, on va fermer ! Crie-t-il en éteignant la musique. Il y a eu une fusillade, il y aurait huit morts. Les mecs sont dans le coin, rentrez chez vous !" Dans le quartier de la Fontaine au roi (11e), à cinq minutes de la rue Bichat, la scène se répète dans tous les bars et l’information se répand vite. On croise des policiers qui courent, des voitures de police vides, garées en plein milieu de la rue. Les terrasses sont rapidement évacuées. Il est autour de 22 heures. Il y a déjà eu plusieurs morts rue Bichat.

"J'ai vu un couple tomber à terre"

Cette rue, justement, est barrée et les sirènes commencent à retentir de toutes parts. Une effervescence inédite envahit les rues du 11e arrondissement : les tireurs seraient en fuite dans le quartier. Des policiers commencent à se poster tout au long de l’avenue Parmentier, armes à la main et cagoules sur la tête. "Poussez-vous, rentrez chez vous !" hurlent-ils aux passants. Le quartier, très fréquenté le vendredi soir, commence à se vider.

Sur le chemin, un homme d’une trentaine d’année a tout vu. "J’étais en face du Mc Do rue du faubourg du temple. Deux berlines sont arrivées, dit-il la voix tremblante. Les mecs sont sortis et ont tiré dans le tas. J’ai vu un couple qui était devant sa voiture tomber par terre". Sous le choc, il avoue n’avoir "pas su quoi faire". Et a sorti son portable, où l’on voit distinctement les deux corps, allongés par terre.

Un peu plus tard, devant le Bataclan (11e), c’est le silence qui impressionne. Les terroristes sont encore à l’intérieur et prennent en otage les spectateurs. Quelques cris de policiers qui résonnent dans le boulevard, quelques sirènes d’ambulance. Mais rien d’autre. Plus de 500 personnes sont retenues prisonnières. On aperçoit les lasers des tireurs d’élite qui balayent sans arrêt le premier étage de la salle de spectacle.

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Des tirs, et le silence

Avant de donner l’assaut, les policiers n’ont pas ouvert les grandes portes d’entrée de la salle. Ils ont posé deux échelles le long de la façade et sont rentrés discrètement au premier étage. C’est seulement plusieurs minutes plus tard qu’on a entendu une grenade assourdissante, puis deux. Six en tout, suivis par des tirs. Et rien. Encore une fois le silence.

Puis à nouveau des tirs, à l’intérieur de la salle cette fois. Et, enfin, les premiers survivants qui commencent à descendre, à tâtons. Une petite fille, puis une femme. Quatre échelles sont finalement posées sur la façade du bâtiment pour évacuer les blessés. Certains errent, couverture de survie sur le dos, sur le boulevard, les vêtements tâchés de sang.

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Le cortège officiel arrivera quelques minutes plus tard. Sur place, les autorités parlent déjà d’un carnage. Le bilan, encore incertain, fait état de plusieurs dizaines de morts, dont les quatre assaillants.

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