Violences sexuelles dans l’armée : 75 dossiers ouverts en 2015 par la cellule Thémis

Violences sexuelles dans l’armée : 75 dossiers ouverts en 2015 par la cellule Thémis

INFO METRONEWS – La cellule Thémis du ministère de la Défense, mise en place en 2014 pour accompagner les victimes de violences sexuelles dans l’armée, a ouvert 75 dossiers l’année dernière. 26 d’entre eux concernaient des cas d’agressions homophobes.

Viols, agressions sexuelles, harcèlement sexuel… Alors qu’un médecin-militaire est jugé à Lille ce mercredi 27 janvier pour des faits d’attouchements sexuels sur des femmes militaires, metronews est en mesure de révéler le premier bilan sur une année pleine de la cellule Thémis. Un dispositif mis en place courant 2014 par le ministère de la Défense afin de prendre en charge et accompagner les victimes de violences sexuelles au sein de l'armée. Selon nos informations, 75 dossiers ont été ouverts en 2015 par les services du contrôleur général Bernard Ducateau, à la tête de Thémis.

60% des auteurs sont des militaires du rang
 
Dans le détail,  la cellule  s’est saisie de huit cas de viols, 15 cas d’agressions sexuelles, 14 cas de harcèlement sexuel, 26 cas de discriminations homophobes, 5 cas de captations d’images portant atteinte à la vie privée, 6 cas de harcèlement sexiste et un cas d’agression visant une femme. Jusqu’en avril 2015, la cellule enregistrait 10 nouveaux dossiers en moyenne chaque mois. Mais depuis mai, ce nombre est tombé à 5 nouveaux cas chaque mois. "Lors de la création de Thémis, nous avons eu beaucoup d’anciens dossiers qui nous sont remontés. Cette baisse signifie qu’on est aujourd’hui sur des affaires courantes. Par ailleurs, on peut penser que les affaires se traitent mieux au niveau local et que les victimes ont moins besoin de nous appeler", explique à metronews Bernard Ducateau.
 
EN SAVOIR + >>  Un médecin militaire jugé pour des attouchements sexuels
 
Les victimes sont des femmes dans 90% des cas, alors qu’elles ne correspondent qu’à 15% des effectifs des armées françaises. "La plupart sont des jeunes de moins de 25 ans", précise le militaire. Par ailleurs, autre chiffre intéressant : 80% des victimes et 60% des auteurs sont des militaires du rang, dont les grades vont de soldat à caporal-chef. Une catégorie de militaires qui correspondent à 40% de l’ensemble des personnels.
 
"Les agressions sexuelles ne concernent pas que les militaires. C’est un phénomène de société plus large quand on sait qu’une seule victime sur dix dépose plainte pour viol", ajoute Bernard Ducateau. Enfin, parmi les victimes, 23% sont des personnels civils et 77% militaires. Cette cellule permet aux victimes de s’adresser directement à un organe indépendant sans avoir à en référer à leurs supérieurs hiérarchiques. Elle peut aussi réaliser des enquêtes. A sa tête, le contrôleur général a un pouvoir important puisqu’il peut agir au nom du ministre.

Et aussi

Sur le même sujet

À suivre

Rubriques