Cannes 2017, le palmarès : notre Palme d’or pour "Faute d’amour" de Andreï Zviaguintsev

BILAN - La 70e édition du Festival de Cannes touche à sa fin. A qui la prestigieuse Palme d’or ? Les prix d'interprétation ? LCI a fait ses choix, totalement subjectifs. Les voici.

Dans quelques heures, Pedro Almodovar et son jury dévoileront le palmarès du 70e Festival de Cannes. Pendant 12 jours, chacun sur la Croisette y est allé de ses coups de cœur, de colère aussi. Une édition où il aura beaucoup été question de la violence du monde et de l'avenir de nos enfants. Et où une nouvelle génération de talentueux cinéastes a pris le pas sur les grands auteurs d'hier. A l’heure du bilan, voici nos favoris...

Palme d’or : "Faute d’amour"

Projeté en tout début de festival, le film d’Andrei Zviaguintsev est resté durablement dans les mémoires. Grâce à sa mise en scène magnétique, le cinéaste russe soignant chaque cadrage, chaque mouvement de caméra, chaque variation de lumière avec une précision diabolique. Mais surtout parce qu’il dresse le portrait sans pitié d’un couple qui se déchire aux dépens de son jeune garçon dans une Russie contemporaine rongée par l’individualisme. Moderne, émouvant, très politique aussi…  Pas étonnant qu’après avoir essuyé les critiques de Moscou avec son précédent film, Leviathan, le cinéaste soit allé chercher ses financements auprès du producteur français Pascal Caucheteux et des frères Dardenne.

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Cannes 2017 : la bande-annonce de Faute d'Amour

Grand Prix du jury : "120 battements par minute"

Récit du combat des militants d’Actu Up au début des années 1990, le film de Robin Campillo, à la fois sensible et énergique, a fait battre le cœur des festivaliers et révélé un casting de formidables jeunes acteurs qui mériteraient tous de remonter les marches dimanche soir. Et puis son discours militant tombe à point nommé au moment où l’homophobie (re)gagne du terrain dans de nombreuses parties du monde.

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Cannes 2017 : extrait de "120 battements par minute"

Prix d’interprétation féminine : Diane Kruger

Révélée par le cinéma français, second rôle de choix à Hollywood, Diane Kruger n’avait jamais tourné dans sa langue natale. Elle pourra remercier longtemps le réalisateur Fatih Akin qui semble avoir écrit le personnage de Katja pour exploiter – enfin – toute l’étendue de son immense talent. Brisée, révoltée, déterminée… Sa performance en trois actes nous a collé des frissons. 

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Cannes 2017 : émue, Diane Kruger se confie sur son nouveau film

Prix d’interprétation masculine : Claes Bang

Inconnu au bataillon, ce comédien danois qui a grandi sur les planches s’épanouit avec élégance et humour devant les caméras de The Square, la tragicomédie du réalisateur suédois Ruben Ostlund. Il est irrésistible dans le rôle de Christian, directeur arrogant d’un musée d’art moderne dont la vie bascule le jour où on lui vole son portable.

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Cannes 2017 : extrait de "The Square"

Prix de la mise en scène : "Mise à mort du cerf sacré"

Lumière clinique, musique dissonante, jeu d’acteurs inquiétant… Dès les première secondes de Mise à mort du sacré, Yorgos Lanthimos instaure un climat dérangeant, sinon malsain, qui gagne en intensité au fur et à mesure du dilemme monstrueux qu’il impose au brillant chirurgien incarné par un Colin Farrell épatant. Après The Lobster, prix du jury il y a deux ans, le cinéaste impose définitivement sa patte ô combien bizarre.

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"Vu par la Croisette" : Colin Farrell

Prix du scénario : "L'amant double"

Si la mise en scène de François Ozon agace certains par ses outrances, comment ne pas rester scotché devant l’ingéniosité d’une intrigue qui mêle le rêve et la réalité, le fantasme et le cauchemar en brouillant les pistes et distillant les indices jusqu’au final, aussi surprenant qu’imprévisible. Inspiré d’un roman de Joyce Carol Oates, cet Amant Double fera date dans l’histoire du thriller à la française.

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Festival de Cannes : "L’amant double" enflamme la Croisette

Prix du jury : "La Lune de Jupiter"

Imparfait, le film du réalisateur hongrois Kornel Mundruczo nous a séduit par son audace, celle d’aborder la crise des réfugiés par le prisme du cinéma fantastique à travers le destin d’un jeune kurde, abattu par la police et ressuscité avec le pouvoir de léviter. Egalement satire sur la perte de foi en Occident, La Lune du Jupiter, reste l’une des expériences les plus denses et les plus folles de ce 70e Festival de Cannes.

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Le Petit JT de Cannes du vendredi 19 mai 2017

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