Cannes 2017 - Emmanuelle Seigner : "Ce qui me surprend chez Roman Polanski, c’est son immense jeunesse"

Cannes 2017 - Emmanuelle Seigner : "Ce qui me surprend chez Roman Polanski, c’est son immense jeunesse"

INTERVIEW – Dans "D’après une histoire vraie", le nouveau film de Roman Polanski, Emmanuelle Seigner incarne une romancière dont le quotidien est envahi par une mystérieuse jeune femme. LCI s’est entretenu avec la comédienne et compagne du cinéaste.

On vous présente toujours comme la muse de Roman Polanski. S’il ne vous avait pas proposé le rôle, vous auriez été déçue ? 

C’est un peu le contraire parce que c’est moi qui lui ai proposé d’adapter le livre de Delphine de Vigan. Donc c’est plutôt lui qui aurait été vexé que je prenne quelqu’un d’autre ! (rires). C’est une amie qui m’en avait parlé et je l’ai beaucoup aimé. Je trouvais qu’il y avait quelque chose des premiers films de Roman. Répulsion, Rosemary’s Baby, Le Locataire. Je pensais que c’était une bonne idée et il a adoré.

 

Vous incarnez Delphine, l’écrivain à succès vampirisée par "Elle", incarnée par Eva Green. En quoi ce rôle diffère-t-il de ceux que vous avez joué pour Roman auparavant ? 

Au départ il voulait que je joue le personnage de Elle. Parce que dans ses films, j’interprète souvent des femmes glorieuses, sexy, victorieuses… Et là j’aimais bien l’idée de faire un personnage à contre-emploi dans le sens où on me donne rarement ce genre de rôle de victime. J’ai eu un peu ça récemment dans Réparer les vivants… Je joue une femme vulnérable alors que d’ordinaire Roman me voit comme le diable ! (sourire).

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Elle, c’est Eva Green. L’alchimie entre vous a-t-elle été immédiate ?

C’est Roman qui a eu l’idée de faire appel à elle. Je l’ai aimé tout de suite. J’ai senti une connexion, et ça ne m’a pas quitté pendant tout le tournage. Je n’ai jamais senti la compétition ou la jalousie, quelque chose de négatif. C’était presque comme une sœur. Il y a peu d’acteurs qui me font rêver et je trouve qu’Eva rappelle un peu les stars des années 40-50. Elle est fascinante.

 

Comment expliquez-vous, à plus de 80 ans, l’énergie de Roman Polanski ? 

Ce qui me surprend, c’est son immense jeunesse, son côté juvénile aussi. Il ne fait jamais des films de vieux. A chaque fois on se dit que ça pourrait être le film de quelqu’un qui en est à son deuxième ou troisième film. Il est toujours un peu dans l’avant-garde, avec un certain classisime mais toujours une grande modernité. C’est ça qui dérange souvent : ce n’est pas quelqu’un qui fait des films à la mode. Les siens sont intemporels.

 

Vous serez dans le prochain ?

Non, je ne crois pas (sourire). Je n’ai pas l’intention de squatter ses films, pas du tout. Après deux films de suite ensemble – La Vénus à la fourrure et D’après une histoire vraie – on va faire une pause.

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