"Grace de Monaco", la critique : une séduisante réflexion sur le métier d’actrice

"Grace de Monaco", la critique : une séduisante réflexion sur le métier d’actrice

NOTRE AVIS – Olivier Dahan étonne avec un long-métrage qui explorer les coulisses d’un couple qu’on croyait tous connaître. Avec une Nicole Kidman épatante, à la hauteur de l’icône qu’elle incarne.

C’est le biopic qu’on n’attendait pas. En privilégiant une période charnière du mariage de Grace et Rainier, l’année 1962, Olivier Dahan risque de surprendre les spectateurs qui espéraient une hagiographie en grandes pompes de l’icône du Rocher. Et un récit chronologique avec tous les clichés du genre. Grace de Monaco se déroule donc six ans après le mariage de la star oscarisée avec le prince Rainier. Lequel vaque à ses occupations très politiques pendant que l’ex-égérie d’Hitchcock élève Caroline et Albert… La visite du maître du suspense, qui suggère à l’actrice un retour à Hollywood, va l’obliger à faire des choix décisifs...

En se focalisant sur le dilemme qui agite son héroïne, le réalisateur français livre avant tout un portrait femme à la fois glamour et tragique, doublé d’une séduisante réflexion sur le métier d’actrice. Car c’est en décidant de jouer son nouveau rôle "à fond" que l’enfant de Philadelphie trouvera le bonheur. Avec Nicole Kidman, Olivier Dahan pouvait difficilement viser plus juste : une star planétaire, au talent indéniable, dont le premier mariage a fait jaser… Le parallèle, inévitable et troublant, fait la force d’un film qui s’autorise quelques libertés, assumées, avec la réalité des faits.

Le récit intime d’un couple hors norme

Dans la peau du prince absent, Tim Roth trouve un contre-emploi savoureux, loin des rôles de bad boys qui l’ont fait connaître. Le reste du casting est en retrait de ces deux "monstres" même si une poignée de seconds rôles tirent leur épingle du jeu à l’image du vétéran Frank Langella dans la peau du confident de Grace, le frère Tucker, et de la comédienne espagnole Paz Vega, irrésistible en Maria Callas.

Sans ruer dans les brancards, Grace de Monaco parvient à proposer un regard incisif sur l’histoire d’une famille dont la presse people a chroniqué les moindres faits et gestes jusqu’à l’excès. Derrière le vernis du Palais, l'apparat d’un couple et les sourires de circonstances, le réalisateur de La Môme parvient également à tisser le récit intime d’un couple hors norme, sans le banaliser ni lui ôter sa part de mystère. Ce qui le rend d’autant plus attachant.
 

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