VIDEO - Cannes 2017 : "Happy End", "Okja", "Rodin"… l’un de ces 19 films va remporter la Palme d’or

Festival de Cannes 2017

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COMPETITION - Quel film succèdera à "Moi, Daniel Blake" de Ken Loach ? 19 films sont en lice cette année pour décrocher la Palme d’or. Et derrière l’Autrichien Michael Haneke, deux fois lauréats, la sélection du 70e Festival de Cannes se révèle plus ouverte que jamais.

Sur le papier, c’est le favori en puissance. Le cinéaste autrichien Michael Haneke, 75 ans, revient cette année à Cannes avec Happy End, un nouveau long-métrage tourné à Calais et sa région, sur fond de crise migratoire, avec Jean-Louis Trintignant, Isabelle Huppert et Mathieu Kassovitz dans les rôles principaux. Fait rare : le vétéran de la compétition est le seul parmi les prétendants à avoir déjà remporté la Palme… et deux fois s’il vous plaît ! En 2009 avec Le Ruban Blanc puis en 2012 avec Amour. Réussira-t-il un triplé inédit cinq ans plus tard ? Rien n’est moins sûr.

 

Car en cinéma, comme en politique, on adore déjouer les pronostics. Président du jury de cette 70e édition, Pedro Almodovar en sait quelque chose, lui qu’on a souvent donné gagnant, et qui n’a jamais décroché la récompense suprême en six participations, devant se "contenter" d’un prix de la mise en scène pour Tout sur ma mère en 1999 et d’un prix du scénario pour Volver en 2006. Comme lui, la plupart des réalisateurs en compétition cette année ont déjà présenté un ou plusieurs films sur la Croisette. Comme lui,  certains sont repartis avec des récompenses diverses… mais jamais le Graal absolu.

C’est le cas de l’Allemand Fatih Akin de retour sur la Croisette, dix ans après De l'autre côté, prix du scénario, avec In the Fade, un drame interprété par la comédienne Diane Kruger, pour son premier rôle dans sa langue natale. Mais aussi du Russe Andreï Zviaguintsev. Deux ans après Leviathan, prix du scénario, il dévoilera année Sans Amour, l’histoire d’un couple en crise dont l’enfant disparaît.  Ou de la Japonaise Naomi Kawase, Grand prix en 2007 avec La forêt de Mogari, qui défendra Vers la lumière, l’histoire d’amour entre un photographe qui perd la vue et une jeune femme qui écrit des voix off pour les aveugles. Etrange, non ? Prix Un certain regard avec Ha ha ha en 2010, le Sud-coréen Hong San Soo proposera lui Le Jour d’après, ou comment le patron d’une maison d’édition humilie son épouse et sa maîtresse à la fois. Le vilain.

 

Rentré bredouille par le passé avec My Joy et Dans le brume, l’Ukrainien Sergei Loznitsa connaîtra-t-il un sort différent avec Une femme douce ? Dans cette libre adaptation de Dostoïveski, l’épouse d’un prisonnier, sans nouvelle de son compagnon, décide de se rendre sur les lieux où il est incarcéré. Six ans après le terrifiant We need to talk about Kevin avec Tilda Swinton, la Britannique Lynn Ramsay met elle en scène le trop rare Joaquin Phoenix dans You were never really here, où l’histoire d’un ancien marine qui tente de sortir une fillette d’un réseau de prostitution.

Et si la Palme était française ? Deux ans après le sacre de Jacques Audiard avec Deephan, la sélection est pour le moins éclectique. On attend beaucoup du Rodin de Jacques Doillon avec Vincent Lindon dans le rôle du célèbre sculpteur, deux ans après son prix d’interprétation pour La Loi du marché. Histoire de se remettre du flop monumental de The Search, Michel "The Artist" Hazanavicius semble être revenu à la comédie avec Le Redoutable, vrai-faux biopic de Jean-Luc Godard avec Louis Garrel. Dans un registre plus engagé, on est curieux de découvrir 120 battements par minute, ou l’histoire du mouvement Act-Up par Robin Campillo. Et puis on espère que la Croisette va rougir de plaisir devant L’Amant Double de François Ozon, un thriller sexy interprété par Jeremie Rénier et Marine Vacth dont les thématiques ont tout pour plaire au président Almodovar.

 

Côté Hollywood, pas de blockbuster – désolé Will Smith ! – mais des films d’auteurs que Cannes connaît bien. Avec Les Proies, Sofia Coppola signe une nouvelle adaptation du roman de Thomas P. Cullinan, porté à l’écran en 1971 par Don Siegel avec Clint Eastwood. Durant la Guerre de Sécession, Colin Farrell y incarne un soldat du Nord, blessé et hebergé par un pensionnat de jeunes filles dans le Sud profond, dirigé par une marâtre incarnée par Nicole Kidman. Kristen Dunst et Elle Fanning sont également au casting de cette incursion inédite dans le film de genre pour la fille du grand Francis.


Deux ans après Carol, Todd Haynes adapte lui Wonderstruck, roman graphique de Brian Selznick, l’auteur de Hugo Cabret. Ou l’histoire mystérieusement liée de deux enfants sourds, à 50 ans d’écart, avec la divine Julianne Moore comme trait d’union. Figures du jeune cinéma made in New York, les frères Ben et Joshua Safdie proposeront eux Good Time, un film de braquage décalé avec Robert Pattinson dans le rôle principal tandis que leur aîné Noah Baumbach mettra en scène Ben Stiller, Dustin Hoffmann Adam Sandler dans un drame familial, The Meyerowitz Stories.

Mais d’un jury qui comprend des cinéastes plutôt rock n’roll comme l’Italien Paolo Sorrentino (Youth, Il Divo) et le Sud-coréen Park Chan Wok (Old Boy, Mademoiselle), la surprise pourrait venir d’un outsider qui n’a pas peur de casser les codes. On pense notamment au cinéaste hongrois Kornel Mundruczo, couvé de longue date par le Festival de Cannes. Après avoir remporté le prix Un certain regard en 2014 avec White God, un film dans lequel les chiens prenaient le pouvoir sur ces salauds d'humains qui les maltraient, il sera en compétition cette année avec La Lune de Jupiter, l’histoire d’un jeune migrant qui après avoir été blessé en voulant franchir une frontière, se retrouve affublé du don de lévitation... Du fantastique et du politique dans le même film, c'est du pain béni pour la Croisette !

 

Après The Lobster, prix du jury en 2015,  le Grec Yorgos Lanthimos revient lui avec un film au titre au moins aussi énigmatique, Mise à mort du cerf sacré, interprété par Colin Farrell et Nicole Kidman, rare couple à jouer dans deux films de la compétition. Auteur remarqué de Snow Therapy, le Suédois Ruben Ostlund dévoilera lui The Square, où les déboires d’un directeur de musée incarné par Dominic West, la star de la série The Affair. Et puis on est très curieux de découvrir Okja, le nouveau long-métrage du Sud-coréen Bong Joon Ho. Ou la rencontre entre une fillette et une étrange créature fantasmagorique qui attire toutes les convoitises. Depuis quelques jours, son ombre s’affiche sur les murs de la Croisette, faisant presque oublier le logo de son distributeur, le controversé Netflix…

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