André-Pierre Gignac : "La France et l'Allemagne ont assez de bons joueurs pour surmonter les affaires"

André-Pierre Gignac : "La France et l'Allemagne ont assez de bons joueurs pour surmonter les affaires"

INTERVIEW - André-Pierre Gignac n'est pas un revenant comme les autres : aucun autre joueur avant lui n'avait été rappelé en équipe de France tout en évoluant de l'autre côté de l'Atlantique. Un sujet, parmi d'autres, qu'il a évoqué en conférence de presse à Clairefontaine.

Le contact a-t-il été maintenu avec le staff des Bleus depuis votre départ au Mexique cet été ?
J'ai toujours reçu les pré-sélections. C'est la preuve qu'il y avait encore une communication et que je n'ai pas fait un si mauvais choix que ça. Certains ont pensé que l'éloignement serait trop grand, que c'était une retraite dorée... Mais c'est un Championnat passionnant et attractif, avec beaucoup de qualités et de ferveur. Et j'ai vite montré que je suis parti là-bas pour travailler, pas pour me foutre de leur... figure, pour rester poli. Je pense leur donner une bonne image de la France. Et ce serait une plus grande fierté encore si je donnais envie aux Français de s'intéresser au Mexique.

Comment décririez-vous ce Championnat ?
Les défenseurs y sont très costauds et un peu vicieux, comme les Argentins, les Colombiens, les Brésiliens et même les Mexicains. Au milieu, ce sont des petits gabarits, très vifs. En attaque, il y a pas mal de grands buteurs. En ce qui concerne le niveau des Mexicains, il suffit de regarder jouer leur sélection pour comprendre. Pour moi, ce Championnat n'a rien à envier à la Ligue 1.

Comment se passe votre vie à Monterrey ?
Elle est exotique ! Il fait souvent beau, vous pouvez le voir à mon bronzage (rires). C'est une ville extraordinaire, de quatre millions d'habitants. Quand vous voyez tous les gens porter le maillot jaune des Tigres, c'est très impressionnant. Jouer une demie puis une finale de Copa Libertadores (l'équivalent sud-américain de la Ligue des champions, ndlr), c'est fantastique. C'est une belle expérience pour moi et pour ma famille. Je m'y sens bien et ça rejaillit sur mes performances.

Est-ce que vous avez donné des idées à certains collègues ?
Effectivement, j'ai peut-être ouvert quelques brèches. Plein de gens s'intéressent au Mexique maintenant. Je ne citerai pas de noms mais je peux vous dire que quelques joueurs m'ont appelé pour me demander de parler d'eux à mes dirigeants. Si je l'ai fait ? J'y suis allé une fois, oui.

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L'Euro 2016, c'est un objectif pour vous ?
J'y crois forcément en étant convoqué pour ce stage-là. La compétition devient une échéance proche. Là je reviens grâce à un contexte favorable (les absences de Karim Benzema et Mathieu Valbuena, ndlr). C'est compliqué pour moi en équipe de France, je pars, je reviens, je pars, je reviens... Disons que si je reviens en mars (les prochains matchs amicaux mais aussi les derniers avant l'annonce de la liste des 23, ndlr), ce sera une bonne nouvelle (sourire). J'ai une vraie carte à joueur. Face à deux grandes nations (l'Allemagne et l'Angleterre), mes performances seront épiées. Elles pourraient m'aider à marquer beaucoup de points.

Est-ce que le fait de vous trouver si loin renforce votre attachement à la France ?
Oui, après avoir fait dix heures d'avion, je ressens encore plus de fierté à l'idée de porter ce maillot. Ça faisait cinq mois que je n'étais pas rentré. Sentir l'odeur de la France, de Paris qui n'est pas très loin (de Clairefontaine), retrouver ce pays, ça fait beaucoup de bien.

Dans votre esprit, aviez-vous tiré une croix sur les Bleus en partant au Mexique ?
J'avais dit que c'était une cote à 100 contre 1. Disons que j'y avais renoncé à 95%. Ceux qui ont parié ont dû se faire beaucoup d'argent (sourire).

Et aujourd'hui, la cote est à combien ?
Maintenant, elle est à 50 contre 1. Et la moitié restante ne dépend plus que de moi.

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Comment avez-vous vécu l'annonce de la dernière liste ?
Je dormais (rires). Il est 7h du matin au Mexique quand il est 14 h en France. Donc je me suis levé et c'est sur le chemin de l'entraînement que j'ai compris, en voyant que mon téléphoné était saturé. J'ai été un peu surpris, c'est sûr. Si je me lèverai plus tôt pour les prochaines listes ? Non, je ne suis pas du matin (sourire). Déjà, en arrivant lundi, j'ai fait l'effort de ne pas faire de sieste l'après-midi. Du coup, j'ai passé une très bonne première nuit.

En Allemagne, le scandale de corruption jette une ombre sur l'équipe nationale. Est-ce la même chose en France avec l'affaire Valbuena ?
Non, ici ce n'est pas le cas et je ne pense pas que ce le soit non plus en équipe d'Allemagne. Ce sont deux sélections qui ont assez de joueurs de qualité pour surmonter ces problèmes.

Est-ce que les cas de Karim Benzema et de Mathieu Valbuena vous préoccupent ?
Je me préoccupe d'abord de mon cas. J'ai parcouru 10 000 km pour penser au sportif, pas à l'extra-sportif. Je n'ai la tête qu'au sportif.

Un dernier mot sur la situation difficile de l'OM, votre ancien club...
(il grimace) Je reste un fervent supporter, je les encourage d'ailleurs à travers mes tweets. Les départs de Marcelo Bielsa et de joueurs cadres ont fait beaucoup de mal... Je suis déçu mais j'espère encore qu'ils vont relever la tête. Il y a pas mal de jeunes dans l'effectif mais aussi des anciens avec de l'expérience, comme Steve (Mandanda) et Lassana (Diarra). Je crois qu'il peuvent remonter au classement et jouer les trois premières places.

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