Chelsea-PSG : les supporters parisiens vivant à Londres organisent la résistance

Chelsea-PSG : les supporters parisiens vivant à Londres organisent la résistance

LIGUE DES CHAMPIONS - Ce mercredi, quelques heures avant le coup d'envoi de Chelsea-PSG, le club de la capitale reconnaîtra le "PSG Club London" parmi ses groupes officiels de supporters durant une sorte de cérémonie. L'occasion de partir à la rencontre de ces Parisiens expatriés à Londres, pour leur demander comment ils vivent leur passion en territoire hostile.

"Personnellement, je déteste Chelsea autant que Marseille." Sophie, présidente du "PSG Club London", donne raison à ceux qui voient dans ce Chelsea-PSG un "classique" de la Ligue des champions. Toutefois, si cela reste compliqué de trouver des supporters parisiens vivant à Marseille, il est beaucoup plus simple, proximité géographique oblige, d'en débusquer à Londres, où vivent quelque 500 000 Français, ce qui en fait "la sixième ville de France" selon la BBC . Au point que le club parisien a décidé d'envoyer, ce mercredi, un représentant de son département supporters au Sheephaven Bay, un pub de Camden où se réunissent ses fans, pour remettre à Sophie "la bannière du groupe" quelques heures avant le coup d'envoi du 8e de finale retour tant attendu. Un rituel d'officialisation.

"Il y aura aussi des jeux concours avec des maillots à gagner, indique cette brune de 38 ans au regard intense, par ailleurs commerciale pour une entreprise d'aide à l'obtention de visas de voyage. Nous n’avions jamais été contactés avant... Je suppose que le fait que le PSG affronte encore une fois Chelsea y est pour beaucoup." Mais au-delà de cette opération de communication un brin opportuniste (qui ravit Sophie et les membres de son groupe), il y a la vie de tous les jours de ces expatriés, qui entretiennent avec leur club de coeur une sorte de relation amoureuse à distance.

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"Les Anglais sont un peu taquins, on voit toujours des regards, parfois même accompagnées de quelques petites réflexions quand on porte le maillot du PSG dans la rue, mais rien de bien méchant, raconte Victorien, 20 ans, en stage dans une entreprise de Sport Business londonienne. Ça part le plus souvent sur un petit échange amical. Bon, c'est sûr que c'est mieux de ne pas le montrer ici quand le PSG vient d’éliminer un club londonien, ça pourrait découler sur quelque chose de plus dangereux. Mais le reste du temps, ça reste sympathique."

Florian, étudiant résidant à Londres depuis 2014, a, lui, déjà eu quelques petites frayeurs : "Après le 2-2 du match retour contre Chelsea l'année dernière, je suis reparti avec mes amis en métro et nous avions un changement. Dans les couloirs, on est tombé sur une marée de supporters de Chelsea venant de Stamford Bridge qui avait aussi changé a cette station. Certains avaient l’air très énervés en nous voyant donc on n'a pas trop cherché les embrouilles. On était cinq contre plus d’une centaine ! Ensuite, on est sorti en boîte ce même soir avec nos maillots et quelques supporters en colère de Chelsea nous ont un peu cherché lors de la soirée. Il faut dire qu'on était vraiment chambreurs a ce moment-là. Au final, ce sont d’autres supporters de Chelsea qui les ont calmés, ils étaient dépités mais sont restés là."

Selon Christophe, 33 ans, financier chez Veolia et résidant à Londres depuis un an et demi, "les Anglais réagissent parce qu'ils sont arrogants et vivent dans le passé". Il décrit ainsi son expérience : "Ma femme et ma fille vivent à Paris donc je ne suis pas présent a 100% des matchs au Sheep (le pub où on regarde les matchs). J'essaie d'y être un maximum pour retrouver et partager avec des gens que je ne connais pas forcement notre même passion. La chance que j'ai, c'est que je suis toujours abonné donc quand je suis à Paris, je vais au Parc. J'y étais contre Montpellier samedi et trois jours après je suis au Sheep pour voir Chelsea. C'est beau de voir que l'on est présent un peu partout, enfin j'imagine." Surtout quand on connaît l'histoire.

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"Les deux pubs dans lesquels nous allions ont fermé. J'ai donc trouvé un pub sur Camden qui a bien voulu me passer les matchs. J'ai commencé seule devant un petit écran vers la porte. Et puis j’ai commencé à rameuter du monde, se remémore Sophie. Mon activité de présidente consiste à négocier des espaces réservés au pub, créer des évènements sur les réseaux sociaux pour promouvoir les matchs, faire marcher le bouche à oreille. Je reçois des sms, messages Facebook et emails jour et nuit. Nous étions un bon groupe en 2010 et puis la plupart sont partis. Chaque année, il faut remonter un groupe, fidéliser les supporters pour qu’ils reviennent. Londres est si grande que certains supporters ne peuvent pas se déplacer jusqu’ici. Mais les gros matchs, nous pouvons être 60, 70, voire plus."

Ce qui donne à ce pub convivial de Camden des petits airs de Parc des Princes. "Pour le match aller contre Chelsea, ça a bien chanté ! J’espère que ce sera encore le cas le 9 mars ! On essaie de se caler sur les chants du Parc. Le problème c’est qu’on ne les entend pas beaucoup donc au bout d’un moment on chante tous ensemble au pub sans se soucier du stade", rigole Florian. Alors que Sophie, elle, prévient : "En plus de la bannière, du matériel type drapeaux sera mis en place petit à petit grâce au PSG. Nous avons déjà eu des matchs de folie. Il a été un peu plus difficile à un moment de pouvoir lancer des chants non-stop à cause du voisinage qui tente de faire fermer le pub pour nuisance. Mais le patron, fan du Celtic Glasgow, aime cette ambiance et nous laisse chanter. Pourquoi vivre près d’un pub si c'est pour se plaindre ?" Sans doute des supporters de Chelsea. 

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