Coupe du monde : pourquoi l'Argentine de Messi, au bord de l'élimination, est en pleine tempête

Coupe du monde : pourquoi l'Argentine de Messi, au bord de l'élimination, est en pleine tempête

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DERNIÈRE CHANCE - Après un nul décevant contre le Pérou (0-0) jeudi soir, l'Argentine doit impérativement battre l'Equateur mardi prochain pour espérer composter son ticket pour le Mondial 2018. La bande à Messi va mal, la faute de nombreux facteurs.

La Coupe du monde 2018 en Russie pourrait se tenir sans le meilleur joueur de la planète. En effet, l'Argentine de Lionel Messi occupe pour l'instant une 6e place non qualificative dans le cadre des éliminatoires en Amérique du Sud et se trouve donc en fâcheuse posture avant un ultime déplacement périlleux mardi prochain à Quito pour y affronter l'Equateur.


Le Brésil, en tête du classement, a déjà validé son ticket. L'Uruguay (2e avec 28 points) est quasi assurée de voir la Russie l'été prochain. Il reste donc deux places qualificatives directes pour disputer la compétition. Entre le Chili (3e, 26 points ) et le Paraguay (7e, 24 points), toutes les équipes se tiennent en deux points. De son côté, l'Argentine (6e) est à égalité de points avec des Péruviens (5e, 25 points) qui occupent pour le moment la place de barragiste. 


Mais comment une nation qui était il y a un an à la première position au classement Fifa en est-elle arrivée là ?

La formation surnage

De tout temps, la formation argentine a toujours abouti à un réservoir de footballeurs talentueux, de Luis Artime à Lionel Messi, en passant par Daniel Passarella, Diego Armando Maradona ou Gabriel Batistuta. Mais depuis une dizaine d'années, l'Albiceleste rencontre des difficultés. De moins en moins de ses footballeurs deviennent notamment titulaires indiscutables dans les meilleures écuries européennes. Un problème avec lequel le coach Jorge Sampaoli doit composer. 


Son gardien Sergio Romero ne souffre ainsi d'aucune concurrence en sélection depuis 2010 alors qu'il n'occupe depuis 2015 que le poste de doublure de David de Gea à Manchester United. En défense centrale, Sampaoli fait confiance à un Javier Mascherano (33 ans) pourtant sur le déclin, lui qui s'est d'ailleurs fait chiper sa place de titulaire au FC Barcelone par Samuel Umtiti. Au milieu de terrain, le technicien passé par le FC Séville attribue parfois sa confiance à Fernando Gago, 31 ans, passé par le Real Madrid et le FC Valence, mais dont la dernière saison pleine remonte à l'année 2011-2012  à l'AS Rome. 


Enfin, les joueurs moins connus du grand public tels que les latéraux Gabriel Mercado (FC Séville), Marcos Acuña (Sporting Portugal) et l'attaquant du Boca Juniors Dario Benedetto souffrent de la comparaison avec leurs illustres aînés comme Javier Zanetti, Gabriel Heinze ou Hernan Crespo. 

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Une fédération en plein naufrage

La fédération argentine (AFA) est secouée par une crise financière et de gouvernance et a été placée sous tutelle par la FIFA en juin dernier. Un comité de normalisation va gérer les affaires courantes jusqu'à l'élection d'une nouvelle équipe dirigeante d'ici un an au plus tard. Une décision symptomatique d'un mal réel qui ronge le football argentin. 

Sampaoli, en dérive

"Un jeu sans idées". Ainsi est décrite la prestation des Argentins face au Pérou par le journal local La Nacion. "La grinta annoncée par Sampaoli était inexistante en première mi-temps" détaille le quotidien. Il rend aussi hommage à la sélection péruvienne qui s'est, selon lui, distinguée par les "meilleurs mouvements collectifs". " Il serait incroyable de finir barragiste" affirme même le média Olé qui s'interroge encore sur le choix du sélectionneur de laisser sur le banc de touche l'attaquant Paulo Dybala, actuel meilleur buteur du championnat d'Italie (10 réalisations en 6 matches).

C'est difficile pour moi de jouer avec luiPaulo Dybala à propos de Messi

Comme un aveu d'impuissance, Paulo Dybala admet d'ailleurs ne pas avoir une très grande relation sur le rectangle vert avec son capitaine Leo Messi. "Ce que je vais dire peut paraître étrange, mais c'est difficile pour moi de jouer avec lui parce que nous jouons dans la même position, avait-il confié le mois dernier à des médias locaux. "Mais j'essaie toujours de respecter son espace et de l'aider pour qu'il soit dans les meilleures conditions" avait-il continué. 

Capitaine abandonné

Higuain, Aguëro, Dybala, Icardi, Messi. "Sur le papier", l’armada offensive argentine  est impressionnante. Mais le football serait un sport bien trop facile s'il suffisait d’empiler les goléadors pour faire trembler les défenses adverses. Le manque de buts, c’est justement ce qui fait défaut à l'Argentine. Ses statistiques parlent d’elles-mêmes : après la Bolivie déjà éliminée, elle est l’équipe qui a le moins marqué (16 buts) durant ces qualifications. Dont le quart a été inscrit par son capitaine. "On ne peut pas en demander plus à Leo Messi. Il a eu des opportunités, les a créées, a eu des balles de but. On a eu un Messi très intense, celui dont l’Argentine a besoin", a considéré son sélectionneur.

Déjà 25 ans que les Argentins n’ont pas ramené de trophée chez eux [NDLR, la Coupe des Confédérations en 1992]. Pourtant, au cours de ces dernières années, les occasions n’ont pas manqué, avec trois finales perdues en l'espace de trois ans : une au Mondial 2014, et deux lors des Copas America 2015 et 2016. Ainsi, ne pas participer au Mondial serait un véritable coup de grâce à l'adresse de ce peuple dont le ballon rond est une religion.

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