Équipe de France : l'indispensable et encombrant Olivier Giroud

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FOOTBALL – Remplaçant samedi en Bulgarie, Olivier Giroud a retrouvé sa place de titulaire mardi soir contre la Biélorussie, inscrivant même le but de la qualification pour la Coupe du monde 2018. L’attaquant d’Arsenal, en souffrance en club, reste un cas difficile à gérer pour le sélectionneur, Didier Deschamps, mais sait parfaitement comment se rendre incontournable chez les Bleus.

Deux épisodes illustrent la défiance avec laquelle doit composer Olivier Giroud. Le 31 mai 2016, à Nantes, en pleine préparation des Bleus à l’Euro 2016, l’attaquant, restant pourtant sur cinq buts marqués lors de ses quatre dernières sélections, est conspué par le public de la Beaujoire. Quelques jours plus tard, juste après la fin de la phase de poules, les Tricolores jouent un match d’entraînement contre les moins de 19 ans du Paris FC. Giroud claque un quadruplé. Pourtant , l’un de ses jeunes adversaires persifle après la rencontre : "Il est très très guez (nul, ndlr)." Sur ce désamour, l’intéressé expliquait : "Il ne faut pas se voiler la face, je suis ciblé parce qu’on me reproche l’absence de Karim (Benzema)."

J’ai toujours eu foi en mes qualités même si parfois il y a encore des sceptiques, des remises en question de la part des médias...Olivier Giroud mardi soir

Mardi soir, en marquant contre la Biélorussie le but de la victoire (2-1) et donc de la qualification pour le Mondial russe de 2018, l’attaquant d’Arsenal a dépassé son ex-concurrent du Real Madrid pour la place de titulaire à la pointe de l’attaque de l’équipe de France : Benzema a marqué 27 fois en 81 sélections chez les Bleus, Giroud en est désormais à 28 réalisations… en 68 capes seulement. 'Je ne le savais même pas", a esquivé celui qui, dans ces éliminatoires de la Coupe du monde, a été, avec quatre buts, le Tricolore le plus prolifique.

Tous ces chiffres n’ont toutefois pas empêché Didier Deschamps de sortir son meilleur buteur du onze de départ trois jours plus tôt, en Bulgarie. Longtemps, le sélectionneur a consenti à titulariser l’attaquant de 31 ans en dépit de son faible temps de jeu en club. Mais maintenant que c’est un Français, en l’occurrence Alexandre Lacazette, qui joue à sa place chez les Gunners, c’est aussi ce dernier que DD a voulu, dans un souci de cohérence, installer à la pointe de son équipe. "Le statut d'Olivier à Arsenal est compliqué. Ce n'est pas l'idéal, et je ne lui enlèverai pas tout ce qu'il a fait avec nous. C'est un joueur important. Je préférerais qu'il soit dans un club où il joue, mais il a fait ce choix, qui peut avoir des conséquences", l’avait d’ailleurs publiquement prévenu Deschamps, le 28 septembre.

Olivier ne fait pas que marquer, il permet aux joueurs autour de lui de modifier l'animation offensive.Didier Deschamps

On connaît la suite : Lacazette s’est loupé dans les grandes largeurs à Sofia, comme lors de ses précédentes sélections, et Giroud a logiquement retrouvé sa place mardi. Cela a cependant continué de diffuser l’idée que Giroud serait un choix par défaut, charriant, malgré ses performances et ses statistiques, son sempiternel lot de questions et de doutes à son sujet. Mais n’est-ce pas cela même qui motive à ce point le joueur ? "J’ai toujours eu foi en mes qualités même si parfois il y a encore des sceptiques, des remises en question de la part des médias, a-t-il réagi. Je remercie le ciel parce que je suis quelqu’un de très croyant, et ce (mardi) soir je pense qu’il y a eu un petit coup de pouce du destin. Sur le début de match, je touche la barre... Ce but, il a fallu aller le chercher, ne jamais rien lâcher, garder confiance."

Ce qui finit toujours par rendre cet attaquant indispensable, dans une équipe de France qui, au contraire d’Arsenal, n’a pas la moindre ambition esthétique dans le jeu, Didier Deschamps le formulait ainsi : "Il ne fait pas que marquer, il permet aux joueurs autour de lui de modifier l'animation offensive." Dit autrement : par son sens du combat, il bonifie ses partenaires. Cela renvoie encore à l’Euro 2016 qui l'a consacré. Après le quart de finale face à l’Islande (5-2), on avait fait remarquer au n°9 qu’il avait été le joueur qui avait réussi… le plus de tacles ! Il le savait. "C’est important parce qu’un attaquant doit être le premier défenseur et se replacer vite dans le bloc, avait-il ensuite répondu. On l’a plutôt bien fait avec ‘Griezi’, en empêchant le milieu adverse de développer son jeu. On a été efficaces de ce point de vue-là. Personnellement, je prends beaucoup de plaisir à défendre et à gratter des ballons pour aider les milieux à en récupérer." Ce n’était pas le cas, par exemple, de Karim Benzema.

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