Equipe de France : non, Hatem Ben Arfa n'est plus un enfant

Equipe de France : non, Hatem Ben Arfa n'est plus un enfant

FOOTBALL - Après plus de trois ans d'absence en équipe de France, Hatem Ben Arfa est revenu à Clairefontaine, là où tout a commencé pour lui. Transfiguré.

Le grand public avait découvert Hatem Ben Arfa quand il n'avait que 13 ans, sous les traits d'un ado déjà écrasé par son immense talent et son impulsivité, dans À la Clairefontaine, sorte de télé-réalité filmant l'intimité de l'élite footballistique française en pré-formation. Quinze années tumultueuses plus tard, le voici de retour au Centre technique national de Clairefontaine, dans le château où loge l'équipe de France A, qu'il avait perdue de vue depuis l'été 2012.

"Beaucoup de choses ont changé. Hier (lundi), je me suis perdu en allant aux toilettes", a-t-il sérieusement confié ce mardi. Vendredi, les Bleus défieront l'Allemagne au Stade de France. Et mardi prochain, ils s'en iront à Wembley affronter l'Angleterre, ce pays où il a failli définitivement ce perdre.

Cela fait donc beaucoup de symboles pour un joueur encore vu comme un "enfant terrible", à cause des rébellions jusqu'au-boutistes et suicidaires qui l'ont accompagné tout au long de sa carrière. "Moi, je n’ai jamais considéré Hatem Ben Arfa comme un bad boy, a évacué le sélectionneur, Didier Deschamps, lundi. Vous mettez les étiquettes que vous voulez. J’ai eu à l’entraîner à l’OM. Aujourd’hui, il est heureux et épanoui à Nice. Il prend du plaisir, il en donne. C’est communicatif."

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"J'ai eu une discussion avec Didier Deschamps"

Interrogé sur ses atermoiements passés, l'intéressé, lui, a filé cette jolie métaphore, après y avoir réfléchi de longues secondes en fixant le plafond : "C'est comme un enfant qui apprend. Un enchaînement de hauts et de bas, de punitions quand il se comporte mal et de récompenses par rapport aux leçons qu'il a pu en tirer." Ce mot-là, "récompense", le joueur l'a répété quatre fois durant une conférence de presse où il a beaucoup souri.

On s'est souvenu qu'en septembre 2013, quand il était au fond du trou à Newcastle, Hatem Ben Arfa avait publiquement demandé pardon à Didier Deschamps, appelant de ses vœux "une discussion pour dissiper les malentendus". Celle-ci a-t-elle eu lieu et le sélectionneur lui a-t-il signifié qu'il lui pardonnait ? "Oui, elle a eu lieu ce (mardi) matin, a répondu l'ancien Marseillais à metronews. Mais il n'y a pas eu d'excuses à faire. On a juste remis les choses dans le contexte de l'époque. L'OM avait pris des engagements qu'il n'avait pas tenus. Il n'y avait donc aucun problème personnel à régler."

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Hatem Ben Arfa : "Le foot, ce n'est pas que le terrain"

En paix avec lui-même, ce dribbleur patenté a appris la patience et le sens du sacrifice aux tâches défensives. Au point qu'il ne lui a fallu que deux mois et demi depuis son arrivée à Nice pour revenir chez les Bleus par la grande porte. "Oui, j'ai été surpris de retrouver le rythme aussi vite. On peut parler de renaissance sportive. Ces trois dernières années, il y a eu beaucoup d'évènements dans ma vie, beaucoup de coups durs. Alors c'est vraiment une grande fierté d'être là."

C'est aussi l'occasion de mesurer le chemin parcouru... et à parcourir. "On me demande de dresser des bilans mais, à 28 ans, il me reste encore du temps. Dans le foot, le chemin est très difficile au plus haut niveau. Beaucoup plus qu'on ne l'imagine quand on est jeune. Le plus dur, justement, c'est de rester en haut, de durer. Les gens croient que le foot, ce n'est que le terrain. Alors qu'il y a aussi beaucoup de réflexion." La preuve. 

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