Fifa : Blatter en remet une couche sur Platini et Sarkozy

Fifa : Blatter en remet une couche sur Platini et Sarkozy

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SCANDALE - Deux jours après sa sortie médiatique remarquée, Sepp Blatter en a remis une couche ce vendredi. Le président démissionnaire de la Fifa a encore taclé Platini et Sarkozy au sujet de l'attribution des Mondiaux 2018 et 2022, promis d'avance à la Russie et aux Etats-Unis selon lui. Ambiance...

Intenable le Sepp... Non content de s'être épanché dans les colonnes de l'agence russe Tass mercredi, le dirigeant ô combien controversé de la Fifa a remis ça dans le Financial Times ce vendredi, au sujet de l'attribution des Coupe du monde 2018 et 2022. "C'était dans les coulisses. Il y avait un arrangement diplomatique" pour que la Russie puis les Etats-Unis organisent l'évènement, a juré Blatter. Et si le plan pour 2022 a échoué (le Qatar l'a finalement emporté), c'est, selon Blatter, uniquement à cause de "l'interférence gouvernementale de M. Sarkozy", alors président de la République française.

"Une semaine seulement avant l'élection j'ai eu un appel téléphonique de Platini qui a dit : 'Je ne suis plus ton plan parce que le chef de l'Etat m'a dit que nous devrions prendre en compte... la situation de la France'. Et il m'a dit que cela concernerait plus d'un vote parce qu'il avait un groupe de votants avec lui". Comme mercredi donc, Blatter continue de faire porter le chapeau à Platini, son ennemi juré, concernant la victoire du Qatar pour 2022. Pour rappel, les conditions d'attribution il y a cinq ans des deux Mondiaux sont au centre de l'une des deux enquêtes qui touchent la Fifa, celle de la justice suisse. L'autre est menée par les Etats-Unis, pays qui, selon Blatter, aurait dû obtenir l'organisation pour 2022 sans les "arrangements" de Platini.

Les Anglais veulent une nouvelle enquête

Des affirmations répétées qui, sans trop de surprise, ont provoqué deux démentis : celui du ministre russe des Sports, Vitali Moutko, et celui de Nicolas Sarkozy. "La Russie n'a conclu d'arrangement avec personne, nous avons obtenu cette Coupe du monde au mérite", a affirmé Moutko dans des propos rapportés par l'AFP. A moins de trois ans de l'évènement, la Russie entend bien conserver l'opportunité d'organiser la plus "belle" compétition du foot, mais ces propos de Blatter ont réveillé l'ardeur de la Fédération anglaise, battue "dans les urnes" pour 2018 et qui a réclamé mercredi l'ouverture d'une nouvelle enquête.

Concernant 2022, Platini a toujours assumé avoir voté en faveur du Qatar, mais nie l'avoir fait à la demande du président français, qui l'avait peu auparavant invité à un repas à l'Elysée en compagnie du futur émir du Qatar. Sarkozy, en visite à Moscou, a lui aussi démenti jeudi les affirmations de Blatter. "Voilà encore un autre qui me prête beaucoup de pouvoir, a-t-il ironisé sur BFMTV. C'était sans doute une allusion qui fait écho à sa très grande amitié pour Michel Platini".

La banque UBS refuse de parler

Outre ces polémiques sur l'attribution des deux Mondiaux, le scandale qui frappe de plein fouet la Fifa a connu de nouveaux rebondissements vendredi. Crédit Suisse, numéro 2 du secteur bancaire, a confessé avoir été interrogé par les autorités américaines et suisses dans le cadre de leur enquête. Celai constitue une première dans l'environnement très feutré des banques suisses. La question est notamment de savoir si les institutions financières interrogées ont "permis le traitement de transactions suspectes ou irrégulières ou ont failli à leurs obligations concernant la législation (...) sur le blanchiment d'argent", a détaillé Crédit Suisse, qui indique "collaborer pleinement".

A l'inverse, UBS, le premier établissement bancaire du pays, n'a pas désiré répondre aux questions de l'AFP à ce sujet, lui qui doit publier ses résultats trimestriels mardi 3 novembre. Selon la loi anti-blanchiment suisse, les banques sont tenues de signaler les comptes suspects. Dans son acte d'accusation, la justice américaine estime à quelques 150 millions de dollars (132 millions d'euros) les pots-de-vin et rétrocommissions qui auraient circulé au sommet du football mondial depuis les années 1990. En juillet, la justice suisse avait chiffré à 81 les cas suspects de blanchiment d'argent signalés par les banques dans l'enquête Fifa. Mi-septembre, le procureur Michael Lauber avait indiqué que des transactions suspectes concernant 121 comptes étaient examinées.

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