Fifa : Infantino succède à Blatter à la présidence

Fifa : Infantino succède à Blatter à la présidence

FOOTBALL - Il était favori à la succession de Sepp Blatter à la présidence de la Fifa, Gianni Infantino vient d'être élu ce vendredi lors d'un congrès à Zürich. L'Italo-Suisse a dû attendre le second tour pour devancer, avec 115 voix, le Cheikh Salman (88), le Prince Ali (4) et le Français Jérôme Champagne (0). Reste désormais à savoir comment l'instance va retrouver une crédibilité écornée par les nombreux scandales de ces derniers mois.

"La crise est finie. On va à nouveau se concentrer sur ce magnifique jeu qu'est le foot." C'est par un discours laconique que Gianni Infantino, juriste italo-suisse de 45 ans, a accepté sa nouvelle mission : redorer l'image catastrophique d'une Fifa dont il est le nouveau président. Secrétaire générale de l'UEFA depuis 2009, le dirigeant européen a remporté l'élection de ce vendredi 26 février 2016 après le second tour. 

Alors qu'il avait besoin d'une majorité de voix (104 sur 207 fédérations votantes), Infantino en a obtenu 115 après le deuxième vote, soit 27 de plus qu'à l'issue du premier. L'entre-deux tours, moment durant lequel les différents candidats font le tour des tables (et négocient des voix contre des postes), fut décisif : à l'inverse du bras droit de Michel Platini à l'UEFA, le Cheikh Salman a seulement progressé de trois voix (85 à 88). 

Et maintenant ? 

Elu pour trois ans et quatre mois, au lieu de quatre habituels, puisque la Fifa considère que ce mandat a déjà commencé avec la cinquième élection de Sepp Blatter le 29 mai dernier, Infantino arrive dans la pire période de l'histoire de l'instance née en 1904. Depuis près de cinq ans, le FBI enquête sur le scandale de l'attribution des Coupe du monde 2018 et 2022 à la Russie et au Qatar, avec récemment l'appui de la justice suisse. 

Le 27 mai dernier, deux jours avant la réélection surréaliste de Blatter, l'agence américaine avait réussi un coup filet extraordinaire avec l'arrestation de sept hauts responsables du football mondial, accusés d’avoir reçu des millions de dollars de pots-de-vin. Ce vendredi, on a par ailleurs appris que les autorités suisses ont envoyé le fameux rapport Garcia à leurs homologues américains le 14 janvier dernier : l'analyse du procureur américain sur l'attribution des deux Coupe du monde que la Fifa de Blatter n'a jamais voulu publier, se contentant d'en faire un résumé controversé et vertement critiqué... par son propre auteur. 

Dans une situation catastrophique en termes d'image, la Fifa vient de voter en faveur de plusieurs réformes (un président ne pourra plus, par exemple, dépasser douze ans de mandat). Mais, après la perte de plusieurs sponsors importants, elle demeure empêtrée dans une crise économique ainsi qu'identitaire. Il y a trois jours, l'organisme Transparency International, qui lutte contre la corruption des gouvernements et des institutions, a publié un sondage indiquant que 69% des amoureux de football n'ont aucune confiance en la Fifa . Il n'est pas dit que ce pourcentage diminue avec Gianni Infantino, qui fait partie intégrante du système depuis plus de quinze ans sans n'avoir jamais rien proposé de révolutionnaire... 

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