Fifa : Nicolas Sarkozy répond à Sepp Blatter en maniant l'ironie

Fifa : Nicolas Sarkozy répond à Sepp Blatter en maniant l'ironie

FOOTBALL - Dans sa dernière sortie médiatique, Sepp Blatter, le président de la Fifa, expliquait que son conflit avec Michel Platini trouve son origine dans une réunion à l'Élysée avec l'Émir du Qatar et Nicolas Sarkozy. L'ancien président de la République a publiquement réagi.

Fallait pas l'inviter ! C'est, en substance, ce que reproche Sepp Blatter, le toujours sémillant président de la Fifa, à Nicolas Sarkozy, ancien chef de l'État français. L'invité en question n'étant autre que Michel Platini, patron de l'UEFA aujourd'hui candidat à la succession du Suisse. Qui, depuis, a juré sa perte. "Tout allait bien jusqu’au moment où Sarkozy a tenu une réunion avec le prince héritier du Qatar, aujourd’hui émir (Tamim Ben Hamad Al-Thani, ndlr). Et au déjeuner qui a suivi (à l’Elysée, le 23 novembre 2010) avec Michel Platini, il a dit que ce serait bien d’aller au Qatar. Cela a complètement changé la donne", a en effet chargé Sepp Blatter jeudi. Dans la soirée, l'ex-président de la République a été interrogé par BFM TV au sujet de cette attaque. Et y a répondu.

"Vous le remercierez pour moi"

"Voilà encore un autre qui me prête beaucoup de pouvoir. Je n’avais pas cette ambition, ni celle de diriger le PSG, ni d’attribuer à qui que ce soit la Coupe du monde. Mais vous le remercierez quand même pour moi. C’était sans doute une allusion qui fait écho à sa très grande amitié pour Michel Platini", a ainsi ironisé Nicolas Sarkozy . Pour noyer le poisson. Rappelons qu'il s'agissait alors surtout pour lui de convaincre le futur Émir de placer de grosses billes dans le groupe Lagardère, au PSG, mais également dans la Ligue 1, en en devenant co-diffuseur via beIN Sports, filiale de la chaîne qatarie Al-Jazeera Sport, pour mettre fin au monopole de Canal+.

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Quant à Michel Platini, dont le fils Laurent est devenu à la même époque directeur général de Pilatus Sports Management, une société suisse détenue par QSI (Qatar Sports Investments, le fonds souverain devenu propriétaire du PSG en 2011), il a ensuite publiquement admis avoir donné son vote au Qatar pour l'organisation du Mondial 2022. "En toute indépendance, pour une région qui n'avait jamais eu la Coupe du monde, pas parce que Sarkozy me l'a demandé", s'est-il maintes fois justifié. Alors que de nombreuses sources assurent qu'il a assuré le lobbying de l'émirat à l'UEFA.

Lors de sa dernière sortie médiatique (dans un média russe, tiens tiens), Sepp Blatter a révélé le fond de l'affaire : "En 2010, quand les Coupes du monde 2018 et 2022 ont été attribuées, nous nous étions mis d’accord (comprendre : avant le vote, un bel aveu) pour aller d’abord en Russie, puis aux Etats-Unis : ainsi, le Mondial aurait été organisé dans les deux grandes puissances. Suite à la réunion entre Sarkozy, le prince du Qatar et Platini, quatre voix européennes ont lâché les Etats-Unis, et le Qatar l'a emporté 14 voix contre 8. Au début, c’était seulement une attaque personnelle, Platini contre moi. Mais après, c’est devenu politique. C’était ceux qui ont perdu la Coupe du monde aux Etats-Unis contre ceux qui ont fait gagner le Qatar." On connaît la suite.

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