France-Russie : "J'espère que les gens n'auront pas peur", Blaise Matuidi et les Bleus sont de retour au Stade de France après le 13/11

France-Russie : "J'espère que les gens n'auront pas peur", Blaise Matuidi et les Bleus sont de retour au Stade de France après le 13/11

FOOTBALL - Un peu plus de quatre mois après les attentats de Paris et de Saint-Denis, le vendredi 13 novembre 2015, l’équipe de France s’apprête à retrouver le Stade de France, mardi soir, pour y affronter la Russie. Un lourd contexte que la bande à Didier Deschamps tient à laisser derrière elle.

A l’évocation du 13 novembre, Didier Deschamps a baissé la tête et levé les yeux, affichant un air ostensiblement accablé. En conférence de presse au Stade de France ce lundi soir, à la veille de la réception de la Russie, marquant le retour des Bleus dans l’enceinte où, tandis qu'ils battaient l'Allemagne (2-0), trois explosions avaient retenti autour de l’enceinte ce soir-là, faisant un mort et 46 blessés, le sélectionneur n’avait plus, mais alors plus du tout envie d’évoquer le sujet.

"Qu'est-ce que ça peut apporter ? Rien !" (Deschamps)

"Oui, ça reste notre stade. Mais je n’oublierai pas, comme personne n’oubliera. Avant, nous n’avions que des souvenirs de bonheur dans ce stade. Maintenant, il y a autre chose. Il faut se souvenir mais, surtout, il faut que ce qui s’est passé (le 13 novembre) ne se reproduise plus jamais. Maintenant, quel intérêt d’en parler ? Qu’est-ce que ça peut apporter à une équipe de foot pour disputer un match ? Rien ! On n’oublie pas mais on va de l’avant", a-t-il sèchement répliqué.

Quelques minutes auparavant, son capitaine, Hugo Lloris, s’était montré moins tendu. Mais pas moins fuyant. "Pour être honnête avec vous, entre joueurs, on n’en parle pas. Mais après un traumatisme comme celui-ci, forcément, il faut un lendemain. C’est important de revenir ici pour nous, les joueurs, et pour le public. Il faut qu’on retrouve tous des repères et de la confiance. C’est aussi le cas du service de sécurité. Il faut qu’on continue de vivre notre passion tous ensemble."

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"Une responsabilité qu'on assume totalement" (Jallet)

Samedi 26 mars, au précédent point presse, à Clairefontaine, d’autres joueurs ont été soumis à cette même question de l’appréhension. Christophe Jallet s’était montré le plus prolixe : "On a la chance de faire un métier qui déchaîne des passions, qui fait oublier son quotidien. On prend cette responsabilité avec plaisir, honneur. Charge à nous de redonner le sourire et de faire oublier ce qu’il s’est passé il y a quatre mois. Ce n’est pas trop lourd, c’est une responsabilité qu’on assume totalement."

Le latéral droit, du reste, a, lui, bien voulu reconnaître que cela traînera quand même dans les esprits. "On y pense et, de toute façon, l'actualité est là pour nous le rappeler. Ce qu'on a vécu, c'était assez lourd. On a été marqués par ça et il n'y a pas grand-monde qui y est retourné depuis. Ce sera un moment spécial qui nous rappellera la tristesse de ce jour. Ce sera à nous d'être performant pour vite passer au football", a-t-il néanmoins fini par positiver.

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"J'espère que les gens n'auront pas peur" (Matuidi)

Dès le coup de sifflet final du match au Pays-Bas, remporté 2-3 vendredi, deux autres Bleus s’étaient déjà projetés vers ce rendez-vous très spécial. "Plus le match approche, plus on y pense. Il y aura des souvenirs assez difficiles, avait ainsi également admis Olivier Giroud. On va jouer encore beaucoup de matchs au Stade de France. Le premier match de l’Euro sera ici. Alors il va vraiment falloir faire abstraction de tout ça."

Le mot de la fin, dans les entrailles de l’Amsterdam ArenA, était revenu à Blaise Matuidi, qui paraissait déjà un peu agacé par le semblant de sinistrose entourant cette dernière rencontre de préparation à l’Euro 2016 à Saint-Denis : "La vie continue même si on est vraiment très attristés par ce qui se passe en Europe actuellement. Mais il faut montrer l’exemple. On sait que la sécurité sera là et que tout sera mis en œuvre pour que l’on puisse jouer dans de bonnes conditions. On est concentrés sur le jeu. J’espère que les gens viendront nombreux, qu’ils n’auront pas peur de venir au stade et faire la fête, parce que le football, c’est avant tout une fête."

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