Ligue des champions : le match Celtic - PSG se joue aussi (surtout ?) dans les tribunes

Ligue des champions : le match Celtic - PSG se joue aussi (surtout ?) dans les tribunes

LIGUE DES CHAMPIONS – Le Paris Saint-Germain débute ce mardi soir (20 h 45) sa campagne européenne par un déplacement à Glasgow, pour y affronter le Celtic. Antre mythique, le Celtic Park et son ambiance hors norme fascinent jusqu’aux supporters parisiens.

En général, lors de chaque tirage au sort des groupes de la Ligue des champions, les journalistes et les supporters attendent surtout de savoir quel gros club ils affronteront, pour s’offrir une bonne dose d’adrénaline. Sauf que, le 14 août dernier, ce n’est pas la perspective de croiser le prestigieux Bayern Munich qui a fait sauter de joie toute la caravane de suiveurs du PSG, mais celle d’un déplacement à Glasgow. Le Celtic n’a pourtant rien d’un foudre de guerre européen. En témoigne son effectif modeste où l’attaquant Odsonne Édouard s’est fait une place dès son arrivée en Écosse cet été, après cinq ans passés à tenter (en vain) d’y parvenir au PSG, son club formateur… Non, ce qui emballe tout ce petit monde, c’est le stade, le Celtic Park, qui a la réputation d’offrir la plus chaude ambiance du Vieux Continent. Paris va l’expérimenter dès ce mardi soir.

Je ne sais même pas si je ne vais pas écraser une petite larme ce soirBruno Salomon, commentateur des matchs du PSG sur France Bleu Paris

La latéral droit international belge du PSG, Thomas Meunier, en a bien conscience : "Nous savons que nous devrons être concentrés. C'est le genre de stade et d'atmosphère dont je rêve. Nous devons absolument marquer le plus vite possible pour essayer de calmer la foule." Bruno Salomon, commentateurs des matchs du PSG sur les ondes de France Bleu Paris, aussi : "Le Celtic, c’est une institution pour tout fan de football. Venir au Celtic Park est un fantasme absolu, ça fait 30 ans que j’en rêve. Le jour du tirage au sort, j’ai hurlé de joie. Cela me procure plus de sensations que d’aller à Bernabeu, à Madrid. Je ne sais même pas si je ne vais pas écraser une petite larme ce soir en entendant les chœurs verts du Celtic. Vivement ce match !"

Toute cette excitation conduit à se poser une question : un grand public fait-il un grand club ? Force est en tout cas de constater que le Celtic ne passe quasiment jamais le cap du premier tour de la Ligue des champions. "Mais je sais qu’ils sont très forts à domicile et ont déjà surpris des grandes équipes ici par le passé, insiste Thomas Meunier. Par exemple, ils ont battu le FC Barcelone il y a quelques années (2-1 en 2012)." Lionel Messi n’a pas oublié : "J’ai gardé un maillot du Celtic chez moi, pour me souvenir de ce moment très spécial." Ce souvenir n’est pas celui du résultat, mais celui des chants.

Tous les supporters adverses tombent aussitôt amoureux de nousJim, membre de la Green Brigade

"Les supporters du Celtic sont parmi les plus passionnés au monde. Et nous croyons sincèrement que nous pouvons battre n’importe quel adversaire dans notre stade", explique à LCI Jim, membre de la Green Brigade, le groupe ultra qui,  à partir de 2006, s’est chargé de faire grimper les décibels comme aux plus belles heures historiques du club. Il ajoute : "Le Celtic Park devient encore plus incroyable les soirs de coupe d’Europe et tous les supporters adverses qui le vivent tombent aussitôt amoureux. C’est l’esprit du Celtic qui provoque ça. Nous sommes une famille." Une famille qui aime à échanger écharpes et maillots avec ses visiteurs pendant les matchs de Ligue des champions. Loin, si loin des excès violents de tant d’autres stades.

Trajectoires opposées

De son côté, le PSG a mangé son pain noir. Du temps où les tribunes du Parc des Princes rugissaient fort, il ne reste que le souvenir des morts des guerres rangées entre membres des tribunes Boulogne et Auteuil. Depuis, les groupes ont été dissous pour permettre le rachat par le Qatar en 2011, et les tribunes aseptisées par la montée des prix des places. Mais l’actuelle direction a tout de même récemment estimé que le manque d’ambiance au Parc posait problème vis-à-vis de leurs ambitions de grandeur. En conséquence, ils ont réhabilité en 2016 un groupe d’ultras, le Collectif Ultras Paris, qui constituera le gros du parcage visiteurs ce mardi soir à Glasgow. Sollicités, plusieurs de ses membres n’ont pas souhaité répondre à nos questions. 

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Maintenant, je trouve plus de plaisir à me rendre à Glasgow qu’en allant au ParcJames, abonné au Parc des Princes pendant seize ans

Dans ce parcage se trouvera aussi James, qui fut abonné au Parc durant seize ans et est aujourd’hui porte-parole de l’ADAJIS (Association de défense et s’assistance juridique des supporters). Il se rend à Glasgow pour le plaisir. "On y va pour la mythologie, les chants, l’ambiance… Je fais partie d’une génération qui a connu une ambiance aussi folle au Parc. Certains font des efforts aujourd’hui pour la retrouver mais ça n’arrivera jamais. Moi, maintenant, je trouve plus de plaisir à me rendre à Glasgow qu’en allant au Parc. Si on prétend être un grand club, avoir un grand public est obligatoire. Même des grosses machines commerciales et aseptisées comme Manchester et le Bayern ont pour fondation le respect de leurs supporters." Comme un retour obligé à l’essence du foot.

Une standing ovation pour le PSG vainqueur 3-0 du Celtic en 1995

Le match peut-il se jouer en tribunes ce mardi soir ? Ou s’annonce-t-il aussi déséquilibré que sur le terrain, mais dans l’autre sens ? James se montre étonnamment optimiste : "D’habitude on a des mégaphones mais ils seront interdits ce soir… Malgré ça, on devrait largement se faire entendre. La particularité des matchs à l’extérieur, c’est qu’en étant moins nombreux, on arrive mieux à se coordonner dans nos chants et à pousser. On s’attend aussi à un moment de partage, d’échanges. Il y a eu beaucoup de connexions entre les deux clubs dans le passé." Jim, de la Green Brigade, est trop jeune pour se souvenir de la fameuse standing ovation du Celtic Park pour les joueurs parisiens, vainqueurs 0-3 à Glasgow en 1995. "Nous n’avons jamais entendu parler des supporters du PSG, en bien ou en mal, nous répond-il. Mais je peux vous assurer qu’ils seront les bienvenus. Et je les préviens qu’ils devront faire beaucoup de bruit face à nous." En l’occurrence, ils ne sont là que pour ça.

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