PSG - Bayern : Coman à la croisée des chemins

LIGUE DES CHAMPIONS – Symbole de l’incapacité du PSG à conserver les pépites de son centre de formation, Kingsley Coman retrouvera le Parc des Princes, mercredi soir (coup d'envoi à 20 h 45), sous le maillot du Bayern Munich. Portrait.

Kingsley Coman, qui retrouvera mercredi soir le PSG, son club formateur, n’a pas pour habitude de faire la Une de la presse. L’ailier du Bayern Munich et des Bleus a expérimenté la chose récemment quand il a été condamné à 5.000 euros d’amende pour violences conjugales sur son ex-compagne, Sephora Goignan. Mais cela ne l’a pas rendu moins placide : "La vie privée est censée le rester, mais quand on commet des erreurs… Je ne vais pas réprimander les médias pour avoir sauté sur mon affaire. Si on ne veut pas qu’ils nous mettent dans la mouise, il faut changer de métier. Et surtout ne pas faire de connerie", lâchait-il au JDD dimanche. Simple et lucide, comme toujours.

Quand Carlo Ancelotti a fait de lui, en février 2013, le plus jeune joueur de l’histoire du PSG à débuter en Ligue 1, à 16 ans, 8 mois et 4 jours, il n’avait pas été perturbé non plus. Et quand, un peu plus d’un an plus tard, il constate que Laurent Blanc lui accorde bien peu d’attention, il refuse de signer son premier contrat professionnel dans le club où il joue depuis qu’il a huit ans et part pour la Juventus. Paris ne touchera pas le moindre centime et apprendra, à cette occasion, que ses jeunes les plus prometteurs ne se contenteront pas des miettes que leur laissent les stars internationales recrutées par le Qatar.

"C'est vrai que je n´ai pas autant joué que je l'aurais souhaité, mais c´est comme ça. Aujourd´hui, je suis très heureux au Bayern Munich. Je ne regrette rien", rembobinait-il dans Le Parisien.. Sous les ordres de Massimiliano Allegri à Turin, qu’il quittera un an plus tard pour les mêmes raisons, puis sous ceux de Pep Guardiola à Munich, avant d’y retrouver Carlo Ancelotti, Kingsley Coman a vite oublié Laurent Blanc. Sur ses entraîneurs, dans le JDD encore, ce dribbleur à l'ancienne dit : "Certains joueurs marchent à l’affectif. Moi pas du tout. Je n’ai pas besoin qu’on vienne me dire un mot gentil ou me serrer la main. La confiance en mon potentiel me suffit."

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Surclassé dans toutes les catégories d’âge, au PSG comme en équipes de France de jeunes, celui qui compte, à 21 ans, 13 sélections chez les Bleus, dont une en finale de l’Euro 2016, n’a jamais vraiment douté de lui. Y compris quand, l’an passé, deux graves blessures (à un genou et une cheville) l’ont éloigné des terrains. Le voici déjà revenu au premier plan : en équipe de France, où il a effectué son retour lors des derniers matchs face aux Pays-Bas-(4-0) et au Luxembourg (0-0), comme au Bayern Munich où son entraîneur l’a titularisé cinq fois depuis le début de la saison.

Mature très tôt

Tout, chez ce père de deux enfants (de deux compagnes différentes), transpire la maturité. À l'école, on lui avait ainsi fait sauter une classe. "Et j’ai eu le permis à 18 ans et dix jours, ajoutait-il dans le JDD. J’ai peut-être grandi un peu plus vite que les autres. J’ai toujours été assez réfléchi. Ça m’aide au quotidien, pas seulement pour le foot. Quand je partageais un logement avec Presnel (Kimpembe) à Saint-Germain-en-Laye, par exemple, nous l’entretenions. (…) Je prends ma profession au sérieux. Je soigne mon hygiène de vie, ma récupération. Je ne me disperse pas. (…) En général, je suis raisonnable, je n’ai pas trop besoin qu’on me mette sur le bon chemin."

Le Parc des Princes, j'en rêvais petitKingsley Coman

Sa condamnation récente serait donc seulement l’exception qui confirme la règle. Le 27 juin, L’Équipe révélait que sa compagne d’alors "avait subtilisé les codes du compte Instagram du joueur et l'aurait supprimé". Kingsley Coman, qui devait se servir de son compte "pour une opération promotionnelle" (il compte plus de 1,5 million de followers), est alors sorti de ses gonds. Il s’est néanmoins rendu de lui-même au commissariat et a immédiatement reconnu les faits.

Pour le voir (publiquement) un tant soit peu enthousiaste, il suffit d’évoquer son retour de mercredi soir, au Parc des Princes, à l'occasion de la deuxième journée de la Ligue des champions. Un stade où il n’a joué que 28 minutes, le 17 mai 2014, lors d’un PSG-Montpellier (4-0). "J’en rêvais petit. Mais je n’aurai pas de pincement au cœur. C’est juste un plaisir d’y retourner. Pour un Parisien d'origine, c'est quelque chose de grand d'affronter pour la première fois le club de la ville où on a grandi. Jamais je n'ai autant été sollicité pour avoir des places (rires). Toute ma famille sera là. J’ai hâte que le coup d’envoi soit donné."

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