Manchester City : à la rencontre de David Faupala, le jeune Frenchy des Citizens

Manchester City : à la rencontre de David Faupala, le jeune Frenchy des Citizens

FOOTBALL - Adversaire du PSG mardi, pour le compte du quart de finale retour, Manchester City investit aussi dans le joueur français à fort potentiel. C'est le cas de David Faupala, jeune attaquant passé au RC Lens et devenu pro à City. Nous l'avions interviewé après qu'il a inscrit son premier but pour les Citizens en FA Cup, le 21 février dernier. Présentation.

Tandis que David Faupala exultait sur la pelouse de Stamford Bridge, ce dimanche 21 février, le grand public français faisait sa connaissance. Manchester City affrontait Chelsea à Stamford Bridge et le natif de Bully-les-Mines (Nord), qui disputait là, à 19 ans, son tout premier match chez les professionnels, venait d'inscrire le but de l'égalisation des Cityzens. "Sur le moment, j'ai pensé à mon frère et à mes potes qui étaient dans les tribunes. Et aussi au fait qu'il y a un an, je jouais encore avec les moins de 19 ans du RC Lens", confie-t-il aujourd'hui à metronews. "Je lui avais dit qu'il allait marquer, mais il ne m'avait pas cru", a raconté à Polynésie 1ère sa petite amie, Vaimiti Teiefitu, miss Tahiti 2015 et 2e dauphine du concours miss France 2016. L'histoire est belle. Mais elle ne l'a pas toujours été.

"Avec mes frères, on jouait sur la route"

On rembobine. "David vient d'un milieu populaire mais il a grandi dans un cadre équilibré, une famille unie, avec des parents qui se sont toujours bien occupés de lui. Après, financièrement, la vie était un peu dure, mais ce n'était pas tragique non plus", dévoile son agent, Jennifer Mendelewitsch.

Et si l'on dit que la jeune génération n'apprend plus les rudiments du foot dans la rue, il faut pourtant croire que la tradition perdure. "Moi, c'est là que j'ai commencé, se remémore-t-il. Avec mes frères et mes potes, on jouait sur la route et, comme ma mère trouvait ça un peu dangereux, elle m'a inscrit dans un club. Dès l'âge de cinq ans, j'ai voulu devenir footballeur professionnel."

Le clash avec le RC Lens

Mais avant d'en arriver là, il lui a fallu gravir les échelons. Ce qui fut plus aisé côté terrain, où il a été titulaire dans toutes les catégories d'âge des équipes de jeunes du RC Lens, que côté scolaire. "Il n'a jamais été très, très intéressé par l'école, justement parce que le foot c'est toute sa vie, reprend Jennifer Mendelewitsch. Mais il s'est maintenu à un niveau moyen." Condition sine qua non pour rester en centre de formation. La trajectoire est rectiligne. Jusqu'à la saison passée.

Best-of de sa période lensoise et de ses premières sélections en équipe de France jeunes (en U16, U17 et U18)

"Il voulait jouer avec l’équipe professionnelle alors qu’il était à peine titulaire dans sa catégorie d’âge", s'était justifié Jocelyn Blanchard, le directeur sportif du RC Lens, en évoquant le départ du jeune homme pour Manchester City l'été dernier, en fin de contrat. Une version que dément son agent : "Il n'a jamais rien revendiqué ! À l'origine, le club lui avait fait signer un protocole d'accord de cinq ans sous-seing privé, un document illégal. Et ses primes ne lui étaient même pas versées. On a saisi la commission juridique de la Ligue et c'est là que les ennuis ont commencé."

"Quand j'étais petit, j'aimais bien Saint-Etienne"

Cette saison-là, en décembre 2014, le jeune homme se signale aussi en pariant... contre le RC Lens lors d'un derby contre le LOSC. Ce qui n'a rien arrangé. Mais, tout en reconnaissant ses torts, David Faupala en garde une certaine rancune : "J'avais fait une connerie. J'ai dû l'assumer et c'est normal. Après, le fait de ne plus jouer, que le coach ne m'adresse plus la parole, je l'avais assez mal pris. Parce que c'était une affaire personnelle." Au point qu'aujourd'hui, il ne se sent plus du tout lensois. "Je soutiens mes potes qui sont encore là-bas et que je revois souvent, mais pas le club, affirme-t-il. Je n'ai pas vraiment de club de cœur. Quand j'étais petit, j'aimais bien Saint-Étienne. Pas Lens."

À Manchester City, le jeune homme au teint hâlé change littéralement de monde, découvrant les structures et l'effectif d'un des clubs les plus riches du monde. "On fait beaucoup moins de travail physique en Angleterre qu'à Lens. En revanche, le jeu, lui, est beaucoup plus physique. Il y a plus de contacts pendant les oppositions", souligne-t-il. Avant de décrire ainsi son adaptation footballistique : "Avant, j'utilisais beaucoup plus mon physique. Aujourd'hui, j'utilise plus ma technique, sur les prises de balle, les contrôles orientés. J'ai progressé dans le vrai travail d'un n°9."

Son but de dimanche (et sa remise sur l'avant-dernière passe)

On a d'ailleurs été surpris, dimanche, après l'avoir vu dribbler Gary Cahill et Branislav Ivanovic sur son premier ballon, de constater qu'il passait énormément de temps à défendre très bas et à se battre sur chaque ballon aérien. "Beaucoup de ses coéquipiers en équipe de France l'ont surnommé Giroud, parce qu'il est grand en taille. Mais dans le jeu, ils n'ont rien à voir. Il tacle et met des coups. Il est plus collectif que le n°9 typique et ne va pas se contenter d'attendre le ballon devant", vante Jennifer Mendelewitsch.

Et s'il revenait en Ligue 1 ?

Il faut aussi dire que, dans le vestiaire, David Faupala a été briefé. "Je m'entends bien avec Sagna et Clichy. Je suis proche d'eux et ils me donnent beaucoup de conseils. Il y a aussi (l'Ivoirien) Bony, qui joue au même poste que moi et qui m'explique comment il faut que je m'y prenne. Ils m'ont pris sous leur aile", raconte celui qui avoue, en revanche, n'avoir "jamais parlé avec Samir Nasri". Et se gave de mangas entre les entraînements et ses cours d'anglais intensifs.

EN SAVOIR + >> PSG-Man. City (2-2) : "Sacre Blues"... la revue de presse

Dimanche, sa grande carcasse (1,85 m, 78 kg) et sa drôle de coupe de cheveux ont imprimé les rétines. La suite ? "Je vais déjà attendre la prochaine pré-saison, avec le nouveau coach (Pep Guardiola, ndlr). Si je fais quelques matchs, peut-être que que ça vaudra le coup de rester. Sinon, je partirai en prêt pour acquérir un peu plus d'expérience. J'aimerais bien revenir en France, intégrer un club de Ligue 1." Une feuille de route déjà toute tracée, donc. "Il aime bien rigoler, c'est un jeune de son âge, mais il reste toujours très concentré sur ce qu'il veut faire, appuie Jennifer Mendelewitsch. On a vraiment l'impression que rien ne pourra l'en détourner."

EN SAVOIR + >> Elle est comment la saison des Frenchies de Manchester City  ?

Et aussi

Sur le même sujet

À suivre

Rubriques