Marseille-Guingamp est-il le pire match de Ligue 1 de l'histoire ?

Marseille-Guingamp est-il le pire match de Ligue 1 de l'histoire ?

FOOTBALL - Le match nul (c'est le cas de le dire) entre l'OM et Guingamp (0-0), dimanche soir, a donné lieu à des commentaires surréalistes sur l'antenne de Canal+. Les abonnés du diffuseur lui ont même attribué la pire note jamais donnée. Qu'en ont dit les acteurs de la rencontre ?

"N'oubliez pas qu'il vous reste quelques minutes pour noter ce passionnant Marseille-Guingamp." L'ironie du commentateur Stéphane Guy, réconfortante alors que la purge arrivait enfin à son terme, a trouvé un écho chez les téléspectateurs de Canal+. Lesquels ont été se défouler sur leur smartphone, attribuant un 5,25 (sur 20) qui fera date à un match nul (0-0) que chacun voudra vite oublier. "La note la plus basse de l'histoire du CFC", précisera le présentateur, Hervé Mathoux, en assurant que "ça n'a jamais été aussi calme dans le studio pendant un match".

Après avoir péniblement blindé l'antenne durant 90 minutes, depuis les tribunes du Vélodrome, Stéphane Guy a d'ailleurs eu un petit mot pour ses collègues, chargés de décrypter le néant footballistique, lançant un compatissant "bon courage à vous à Paris". Alors, plutôt que de faire dans l'analyse, le consultant, Christophe Dugarry, a exprimé toute sa frustration : "C'était horrible ! Honteux ! Ce n'est pas possible de faire ça à domicile. Des matchs, on en gagne, on en perd, mais qu'au moins on prenne du plaisir !" Surtout à 540 millions d'euros la saison pour les diffuser.

Comble du surréalisme : le milieu guingampais Lionel Mathis, interviewé au sortir du match, s'est excusé... auprès du journaliste star de la chaîne cryptée. "Je pense surtout à Pierre (Ménès), qui ne doit pas être content sur le plateau", a-t-il glissé, avec un petit sourire en coin qui disait son détachement. Effectivement, il n'était pas content : "Ce n'est même pas du foot. Je crois que c'est le pire match d'un dimanche à 21h cette saison." Un manière de dire qu'il y avait de la concurrence...

Michel à Pierre Ménès : "Si tu allais à l'intérieur d'un vestiaire..."

Quelques minutes plus tard, Pierre Ménès s'en prendra au coach espagnol de l'OM, Michel, lâchant : "Si un entraîneur français avait les résultats de Michel, il se ferait détruire." Des propos que l'intéressé a entendu juste avant d'intervenir en direct à l'antenne. "Je ne sais pas pourquoi vous dites ça", a-t-il répondu. "Parce que je le pense", a insisté le journaliste. C'est alors que le coach a eu cette réplique savoureuse : "Si tu allais quelques fois à l'intérieur des vestiaires, tu comprendrais beaucoup mieux la situation. C'est facile de parler dans un studio de télévision."

Nous y voilà. Voir un match est une chose, le ressentir à même la pelouse en est une autre. Qui est l'"expert" ? Les Guingampais, avant-derniers de L1, qui restaient sur une série de cinq défaites en décembre, n'ont pas fait la fine bouche. "C'est un bon résultat. On a retrouvé un peu de dynamisme. Marseille a été gêné par notre animation", s'est satisfait l'entraîneur, Jocelyn Gourvennec. Alors que Lionel Mathis a assumé : "On n'allait pas ouvrir le jeu et prendre des contres. C'est comme ça que les Marseillais sont meilleurs à l'extérieur, en ayant plus d'espaces."

Le budget de Guingamp pèse 25 millions d'euros. Celui de l'OM 125 millions. Et pourtant, les Marseillais n'ont eux non plus d'autre choix que de se séparer chaque année de leurs meilleurs joueurs pour maintenir les comptes à l'équilibre. La réalité économique fait, évidemment, la réalité sportive. On se souvient ainsi du Girondin Henri Saivet, au soir de la 11e journée, après un immonde Bordeaux-Troyes (1-0), parler, comme si de rien n'était, d'un "bon match de merde".

Les joueurs marseillais n'ont pas été jusque-là, dimanche soir. Mais ils ont quand même relativisé. "Le nul est équitable. On essaye de gagner mais, encore une fois, ce n'est pas pas passé. Il ne faut pas oublier qu'on ne perd pas. La victoire, ce sera pour le prochain match", a carrément positivé Lassana Diarra. Avant que Steve Mandanda ne se montre plus sincère : "C'était catastrophique. On n'a rien fait, rien produit. Il ne faut pas chercher trop loin : on est juste moyens, tout simplement. Et peut-être que notre classement reflète notre niveau." Comme ce match reflète le niveau de la Ligue 1. Qui n'a pas soudainement baissé, comme par enchantement.

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