Pays-Bas - France : les supporters "vivent avec la menace, pas avec la peur"

Pays-Bas - France : les supporters "vivent avec la menace, pas avec la peur"

FOOTBALL - Comme le 17 novembre à Wembley, l’équipe de France jouera au football ce vendredi soir, contre les Pays-Bas, quelques jours à peine après de terribles attentats. A Amsterdam, les supporters des deux équipes se montrent plus inquiets qu’à Londres. Mais pas trop non plus.

Des anges passeront ce vendredi soir dans le ciel liquide d’Amsterdam, où se disputera, à 21h, le match Pays-Bas - France, trois jours après les attentats de Bruxelles. La capitale belge se trouvant à mi-chemin entre Paris et la Venise du Nord, c’est peu dire que ces évènements se trouveront encore au centre de toutes les attentions. Pourtant, on jouera au football. On fera comme si. Et on s’est demandé de quelle manière les supporters des deux équipes allaient vivre un moment pareil.

"On a très peur que ça arrive bientôt ici. On le sent, il y a beaucoup de tension un peu partout, parfois on a l’impression que les gens se regardent de travers. Sincèrement, après Paris et Bruxelles, je suis sûr que les terroristes vont finir par frapper aux Pays-Bas", nous a confié, la mine grave, Sander, écharpe de l’Ajax autour du cou, en sortant de la boutique officielle incrustée dans l’Amsterdam ArenA. Avant de nous rassurer : "Mais ne vous inquiétez pas pour le match. Le stade est un endroit sûr, le plus sûr de la ville. Il y a toujours eu un très gros dispositif de sécurité ici."

"On a invité cinq supporters de l’équipe de Belgique à venir voir le match avec nous en tribunes"

Côté français, on affiche ce même paradoxe entre appréhension et confiance. Fabien Bonnel, président du plus grand groupe de supporters des Bleus, "Irrésistibles Français", loge derrière la gare centrale, non loin du fameux quartier rouge (De Wallen en VO) et ses petits canaux. "Il y a eu un moment où la Fédé néerlandaise parlait de consulter le gouvernement pour savoir si le match serait maintenu ou non. Et nous, on s’est dit que, match ou pas, on s’était prévu trois jours entre potes à Amsterdam et qu’on irait quand même, nous a-t-il assuré. Franchement, on se balade en ville dans la foule sans appréhension. Tout à l’heure, peut-être qu’on ne s’attardera pas autour du stade pour ne pas créer un attroupement, mais c’est tout. On va juste respecter les mesures de sécurité pour que tout se passe bien."

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Le célèbre Clément d’Antibes, flanqué de son coq Balthazar devant l’hôtel Whindham, où résident les Bleus et autour duquel ils venaient d’effectuer leur rituelle promenade ce vendredi matin, apparaît moins tranquille sous le persistant crachin amsteldamois : "Tout à l’heure, des cameramen avaient laissé traîner des sacs. Tout le monde se demandait à qui ils étaient… Il y a quand même cette peur qui est là. Mais de là à trembler et regarder tout le temps autour de moi, non, quand même pas. Je sais que de telles attaques sont imprévisibles. Mais on ne vit pas avec cette idée fixe. Il y a un match qui va se jouer dans un contexte très particulier, certes. Mais je me dis qu’il faut que j’y aille. C’est ma fidélité qui est en jeu."

Pour Fabien Bonnel aussi, d’ailleurs, c’est un peu une affaire d’honneur : "On a invité cinq supporters de l’équipe de Belgique à venir voir le match avec nous en tribunes. On y pensera parce qu’ils seront à côté de nous et, bien sûr, pendant la minute de silence. Et après, on y repensera en trinquant avec eux. Mais on va aussi profiter de ce match, du moment qu’on va partager entre nous. On va s’amuser pendant 90 minutes. Il ne faut pas se focaliser sur ces attentats. On ne va pas se morfondre et se taire pendant tout le match. On doit montrer aux victimes, aux morts et aux blessés, qu’on continue à aller au stade et dans les bars. Nous, on a percé l’abcès en novembre. Depuis, on vit avec la menace. Mais pas avec la peur."

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