Présidence de la Fifa : comment Michel Platini s'est fait piéger par Sepp Blatter

Présidence de la Fifa : comment Michel Platini s'est fait piéger par Sepp Blatter

CADEAU EMPOISONNÉ - Suspendu huit ans pour avoir accepté un versement du Suisse, le Français est contraint de jeter l'éponge dans sa course à la Fifa. Et pour Platini, pas de doute, Blatter ne voulait pas qu'il se présente à la Fifa.

C'est un comble. Michel Platini, qui sur les terrains lisait le jeu avant les autres, n'a pas senti venir sa plus amère défaite : le patron de l'UEFA, que tout le monde et surtout lui pensaient destiné à présider la Fifa, est obligé de renoncer. Pire, son image jusque-là presque immaculée de chevalier blanc du football est très sérieusement écornée. Empêtré dans les méandres juridiques de sa longue suspension et des recours possibles alors que l'élection à la tête de l'instance est le 26 février, Platini est pris par le temps.

Le compétiteur, la mort dans l'âme, s'est logiquement retiré en annonçant à L'Equipe : "Je ne me présenterai pas à la présidence de la Fifa. Je retire ma candidature. Je ne peux plus, je n'ai plus le temps ni les moyens d'aller voir les électeurs, de rencontrer les gens, de me battre avec les autres". 

Il va consacrer son temps à blanchir son nom. Comment en est-on arrivé là ? "Chaque fois que je me rapproche du soleil, comme Icare, ça brûle de partout", avait analysé de façon prémonitoire l'ex-capitaine des Bleus le 19 octobre, dans une interview au journal Le Monde .

Jusque-là, son image n'avait jamais été associée à celles des joueurs-millionnaires

A six mois de l'Euro organisé chez lui, en France, Platini a été entraîné dans la chute de son ex-mentor devenu son meilleur ennemi, Joseph Blatter, le président de la Fifa, également suspendu 8 ans le 21 décembre par la justice interne de la Fifa.  En cause, un paiement de 1,8 million d'euros du second au premier en 2011 pour un travail de conseiller achevé en 2002 sans contrat écrit. A 60 ans, l'icône du beau jeu tombe pour une histoire de gros chèque, alors que son image n'avait jamais été associée à celle des joueurs-millionnaires d'aujourd'hui.

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"Combien tu veux ?"

Pourtant fin politique à l'UEFA, a-t-il fait preuve de légèreté dans l'affaire du versement qui lui vaut sa chute? Au Monde, il avait raconté en ces termes la genèse du contrat : "'Combien tu veux?', demande Blatter. Je réponds : 'Un million'. 'De quoi ?', 'De ce que tu veux, des roubles, des livres, des dollars.' A cette époque, il n'y a pas encore l'euro. Il répond : 'D'accord, un million de francs suisses par an.'"

Blatter, que Platini avait exhorté à partir fin mai lorsque le scandale Fifa a éclaté, a-t-il pu être à l'origine des révélations qui ont coûté sa tête au Français ? "Tout est parti de Blatter, qui voulait ma peau, qui ne voulait pas que j'aille à la Fifa. Il disait souvent que je serais son dernier scalp, mais il est tombé en même temps que moi", affirme-t-il dans L'Equipe de vendredi. C'est en fait plus certainement l'inverse qui est arrivé.

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