Prison avec sursis requise contre Gervais Martel, également confronté à des dettes de jeu colossales

Prison avec sursis requise contre Gervais Martel, également confronté à des dettes de jeu colossales

DETTES – Convoqué par la justice ce mardi, Gervais Martel risque quatre mois de prison avec sursis et 20.000 euros d'amende pour corruption privée et recel d'abus de biens sociaux. Le président du RC Lens a également utilisé à des fins personnelles l'argent destiné à sauver le club nordiste.

Gervais Martel est passé à table ce mardi. Et on n'a pas été déçu par les révélations du président du RC Lens convoqué par le tribunal de grande instance d'Arras dans le cadre d'une affaire portant sur des abus de bien sociaux et des soupçons de corruption. Quatre mois de prison avec sursis et 20.000 euros d'amende ont été requis à son encontre pour corruption privée et recel d'abus de biens sociaux dans une affaire de prêts contractés en 2010 pour un montant total de quatre millions d'euros auprès des groupes de BTP Ramery et Rabot-Dutilleul, qui figurent parmi les sponsors du club depuis plusieurs années.

Les présidents des directoires de ces deux sociétés sont poursuivis pour corruption passive. Les réquisitions à leur encontre ont été les mêmes que pour Gervais Martel. A l'origine du prêt, le président du RC Lens souhaitait acheter des parts supplémentaires du club afin de rester majoritaire dans une période de turbulences sportives et financières. En contrepartie, dans une note distincte, Gervais Martel promettait aux deux entreprises de leur accorder des parts de marchés dans la rénovation du stade.

877.000 euros dépensés au casino !

Les débats mardi ont porté sur la question de savoir si les deux entreprises avaient légalement le droit de prêter cet argent à Gervais Martel, qui n'a utilisé que 16% de la somme destinée à maintenir le club nordiste à flot, soit 720 000 euros. Le reste du prêt ayant été utilisé à des fins personnelles, le détail des dépenses de Martel a de quoi faire tiquer : 877 000 euros ont été dépensés au casino, 76 000 euros dans un bar PMU, 27 000 euros pour ses vacances. Des dettes de jeu à des particuliers (20 000 euros) et des remboursements de prêts (700 000 euros) figurent également dans la "comptabilité" du dirigeant nordiste.

Aux yeux du procureur d'Arras, Hugues Weremme, la manœuvre est notamment suspecte parce que la promesse de contrepartie - l'attribution d'un marché privé de travaux - est "complètement indépendante du contrat et n'a de plus aucun caractère coercitif" comme dans tout contrat en bonne et due forme, a dit le magistrat dans son réquisitoire. Le procureur a relevé les nombreuses "ambiguïtés" et "évolutions" des conditions entourant les prêts. La décision du tribunal correctionnel a été mise en délibéré au 31 mars.

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