PSG-FC Bâle : il faut sauver le soldat Emery !

PSG-FC Bâle : il faut sauver le soldat Emery !

LIGUE DES CHAMPIONS – Le Paris Saint-Germain reçoit le FC Bâle mercredi soir, au Parc des Princes, pour le compte de la 3e journée du premier tour. Si la victoire est impérative côté parisien, comme toujours, c’est le cas de l’entraîneur, Unai Emery, qui restera au centre de toutes les attentions.

"Ma grand-mère disait : quand c'est flou, c'est qu'il y a un loup." La petite phrase, lâchée en 2011 par Martine Aubry, est, depuis, passée à la postérité. Et il convient, en conséquence, de guetter l’animal dans la bergerie Paris Saint-Germain. En effet, à l’heure de la réception du FC Bâle mercredi soir, 3e match de la phase de poules de la Ligue des champions, qui peut définir le projet de jeu d’Unai Emery, dans lequel semble désormais s’inscrire toute la politique sportive du club francilien ? En attendant de s’en faire une idée concrète, chacun s’efforce de jouer la montre, prétextant que l’entraîneur basque, débarqué cet été en provenance de Séville, a encore besoin de temps. D’autres coachs, pourtant, (comme, au hasard, Laurent Blanc) ont su imprimer leur marque en moins de trois mois…

Pour cerner l’ampleur de la problématique, commençons par rappeler ce que l’on a vu. À savoir, jusqu’à la défaite (2-0) à Toulouse le 23 septembre, un PSG au plan de jeu très contraignant, obligeant les ailiers à charbonner dans l’axe pour laisser les côtés aux arrières latéraux, dans une recherche permanente de la profondeur, quitte à abuser du jeu long. Ensuite a eu lieu une réunion entre les joueurs et Emery, puis Paris a plus souvent mis le pied sur le ballon et procédé par attaques placées. Mais, dans les faits, les victoires sont restées relativement laborieuses, comme samedi à Nancy (1-2), ou à Ludogorets (1-3), un peu plus tôt en Ligue des champions.

Ensuite, il y a ce qu’on ne voit pas. Cet entre-deux confus, entre un jeu de contre-attaque et un ersatz du jeu du Barça façon Laurent Blanc, crée-t-il une forme de perplexité chez certains joueurs ? Dans le discours public, rien ne filtre, évidemment. À part quelques détails, du genre de ceux évoqués par Blaise Matuidi, ce mardi, en conférence de presse : "Je ne sais pas ce que vous entendez par faire des matchs pleins. Pour nous, c’est donner le maximum. Parfois, il y a un adversaire qui vous met en difficulté, il faut savoir bien défendre. Ça fait partie d’un match plein, se regrouper, être bien en place. L’entraîneur a changé mais ça ne change pas tellement de ce qu’on a connu. Il veut ajouter sa pierre à l’édifice, la faculté à aller vite de l’avant et le don de soi, mais aussi bien défendre." Aussi ou surtout ?

Cela nous a rappelé qu’Unai Emery était plutôt satisfait de la bouillie indigeste de Nancy ("On peut jouer mieux mais l’équipe a fait un bon travail, tout le monde s’est entraidé.") et une déclaration du Basque, lâchée très tôt dans la saison, après le nul (1-1) concédé face à Arsenal, en ouverture de la Ligue des champions : "On s’est procuré beaucoup d’occasions mais on doit mieux défendre. Aujourd’hui, on se focalise sur le fait de ne pas prendre de buts, c’est clair." C’est clair.

Quand le public espère un feu d’artifices offensif, le coach attend, lui, que le béton prenne, sans s'attarder sur les automatismes ou l'expression individuelle de ses hommes. Lesquels, eux, ont visiblement bien compris ce qui clochait. "Tout se passe très bien avec le coach. Ce n’est pas parce qu’on a une réunion, qu’on n’aime pas tout ce qu’il fait. Le coach a apporté beaucoup de choses positives", a souligné Thiago Silva samedi. Avant que Blaise Matuidi, autre cadre du vestiaire, ne vienne remettre le couvert : "Unaï Emery fait un bon travail. Les résultats ne sont pas ce qu'on attend du PSG pour le moment, j'ai bien dit pour le moment, car la saison est encore longue. Mais je pense qu'il y a du mieux. J'espère que ça va continuer ainsi et je pense qu'Unai Emery est l'entraîneur idéal pour le PSG actuellement." C’est vieux comme le foot : quand les soutiens publics se multiplient, alors l’entraîneur peut vraiment se sentir en danger.

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