Zidane entraîneur du Real Madrid : pourquoi ce n'est (peut-être) pas le bon moment

Zidane entraîneur du Real Madrid : pourquoi ce n'est (peut-être) pas le bon moment

FOOTBALL - Le président Florentino Perez l'a annoncé ce lundi : Zinedine Zidane devient le nouvel entraîneur du Real Madrid en lieu et place de Rafael Benitez. Mais ce n'est peut-être pas une si bonne idée que cela.

L'idée était dans l'air depuis tellement longtemps que l'atmosphère est vite devenue irrespirable pour Rafael Benitez. L'entraîneur espagnol du Real Madrid, de plus en plus contesté au fil de cette saison, a vu son siège éjectable s'activer ce lundi, au lendemain d'un match nul (2-2) à Valence. Comme annoncé quelques heures plus tôt par Marca et la Cadena Ser, c'est Zinedine Zidane, coach du Castilla, l'équipe réserve, qui lui succède sur le banc de l'équipe première. Un choix attendu, le Français étant depuis longtemps dans les petits papiers du président Florentino Perez, mais pas forcément pertinent, au regard du timing. Voici, du moins, quatre raisons de le craindre.

► Parce qu'il n'a pas fait ses preuves
D'autres, comme Zinedine Zidane, ont fourbi leurs armes dans l'anti-chambre de la Cantera avant de plonger directement dans le grand bain. Ce fut le cas, par exemple, des deux derniers entraîneurs du FC Barcelone, Pep Guardiola et Luis Enrique. Avec un certain succès. Mais quelles furent leurs résultats à la tête de l'équipe réserve ? Guardiola, lui, a fait monter le Barça B de la troisième division à la Segunda División B. Quant à Luis Enrique, il lui a succédé les deux saisons suivantes, pour une montée en Segunda A la première année, puis une 3ème place dans cette division, qui aurait été synonyme de montée en Liga s'il n'était pas à la tête d'une équipe réserve. Pour Zidane, en revanche, les résultats ont été plus mitigés : le Castilla a terminé à une piteuse 6ème place en Segunda B sous son commandement...

► Parce qu'un grand joueur ne fait pas toujours un grand entraîneur
"Lolo (Laurent Blanc, ndlr) et Didier (Deschamps) étaient des leaders dans le vestiaire, ils avaient le profil. Zizou, lui, c'était plus un leader technique", comparait le champion du monde 1998, Lionel Charbonnier, dans nos colonnes en 2012, au sujet des vocations d'entraîneur de ses ex-partenaires. Ce qui pose cette question : un meneur de jeu fait-il un meneur d'hommes ? Dans cet ordre d'idée, Diego Maradona s'était vu offrir le poste de coach de l'Argentine sur la seule base de son aura de joueur. Bilan : des éliminatoires très laborieux (défaite 6-1 en Bolivie) puis une humiliante défaite (4-0) contre l'Allemagne en quart de finale du Mondial 2010. On peut aussi citer le cas Hristo Stoichkov, pari similaire tenté dans le même laps de temps, qui a abouti à une non qualification de la Bulgarie pour cette même Coupe du monde. Preuves que le charisme ne fait pas tout.

► Parce que débarquer en cours de saison est un traquenard
C'est souvent ce qui distingue les grands clubs des autres équipes : quand la crise couve, l'institution aura tendance à laisser l'orage passer jusqu'à la fin de la saison, plutôt que de miser sur un hypothétique choc psychologique. Tout simplement parce qu'une saison se prépare en amont, surtout pour un nouvel entraîneur, qui devra vite imprimer sa marque. Superviser le recrutement, bâtir un effectif, définir et mettre en application une identité de jeu. Autant d'aspects cruciaux qui peuvent très difficilement être développés quand les matchs s'enchaînent tous les trois jours et que la pression impose de travailler constamment dans l'urgence.

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► Parce qu'il y va peut-être contraint et forcé
"Il me manque beaucoup de choses. Je fais les choses comme quand j'étais joueur, petit à petit, et je ne suis pas pressé. L'important est d'apprécier ce que je fais tous les jours, je ne regarde ni le futur ni le passé. Mon présent, c'est le Castilla, mes joueurs, les gens qui travaillent avec moi et nous allons continuer sur ce chemin", déclarait-il le 22 novembre. Sans se douter de qui l'attendait.

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