Barrage de Sivens : un nouveau "Notre Dame des Landes"

Barrage de Sivens : un nouveau "Notre Dame des Landes"

ENVIRONNEMENT – Le projet de barrage sur la zone humide du Testet (Tarn) cristallise les tensions entre militants écologistes et les forces de l'ordre. Depuis lundi le déboisement a commencé sous surveillance des gendarmes.

Le face à face entre opposants au barrage et gendarmes continue. Depuis lundi, une centaine de militants en désaccord avec le projet de construction de la retenue d'eau de 41 hectares qui menace la zone humide du Testet (Tarn), tentent d'empêcher les premiers travaux de déboisement.

Autour de la forêt de Sivens, plusieurs barrages filtrants composés d'arbres, de pneus ou de tracteurs barrent les petites routes du secteur. De jeunes garçons et filles cagoules sur la tête et lunettes de ski ou de natation sur les yeux pour éviter les désagréments des lacrymogènes, tiennent les barricades près du camp de la Bouille.

Des clous plantés dans les arbres

Les militants de la ZAD (Zone à défendre) ont planté des tentes dans un champ: c'est d'ici que partent les actions qui ont abouti aux affrontements avec les forces de l'ordre et amené huit  arrestations. Certains sont même montés dans des arbres ou ont planté des clous dans les écorces pour ralentir la progression des bûcherons.

"On veut occuper pacifiquement le site car ce projet de barrage est inutile, il va rejeter des produits toxiques qui vont se retrouver dans notre bouffe", lance Camille, un étudiant toulousain de 20 ans. Assis derrière une vieille Clio barré d'une croix rouge il a rejoint le camp de la Bouille il y a deux jours et s'occupe de soigner les blessés. "Surtout des doigts tordus, des nez cassés et des genoux explosés", résume encore Camille. "Le barrage de Sivens c'est un peu le Notre Dame des Landes du sud ", résume Ben Lefetey, porte-parole du collectif pour la sauvegarde de la zone humide du Testet.

"Un projet pour une quarantaine d'agriculteurs"

Occupant le site depuis octobre 2013 et le feu vert du projet donné par la préfecture, les "ZADistes" ont vu arriver lundi matin les bûcherons du Conseil général alors que tous les recours devant les tribunaux n'étaient pas épuisés.

"C'est n'importe quoi ce barrage, les agriculteurs qui y sont favorables sont tombés sur la tête", lance Rémi, 76 ans, ancien paysan et venu prêter sa Peugeot 306 pour ravitailler en eau et en nourriture les militants sur le site de La Bouille. "Dépenser 8 millions d'euros pour un projet qui va profiter à une vingtaine d'exploitants ce n'est pas équitable", ajoute Daniel Debrus, membre de la Confédération paysanne. Les arguments des opposants ont été battus en brèche par le Préfet du Tarn qui affirme que "le dossier a fait l'objet de toutes les procédures nécessaires (…) il n'y a pas de recours qui suspende le démarrage du chantier".

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