BNP Paribas versera plus de 600.000 euros pour discrimination envers un salarié homosexuel

BNP Paribas versera plus de 600.000 euros pour discrimination envers un salarié homosexuel

HARCÈLEMENT - BNP Paribas a été condamnée en appel à verser plus de 600.000 euros à un ancien salarié homosexuel, en raison du "comportement machiste et sexiste" de ses collègues.

La banque BNP Paribas a été condamnée par la cour d'appel de Paris à verser plus de 600.000 euros à un ancien salarié homosexuel de 39 ans, en raison du "comportement machiste et sexiste" de ses collègues qui a créé "un environnement de travail particulièrement oppressant", selon l'arrêt consulté vendredi par l'AFP.

Embauché en 2004, cet italien d'origine a gravi les échelons jusqu'à devenir responsable d'affaires en 2009, date à laquelle son employeur a pris connaissance de son homosexualité, selon lui. Il estime avoir ensuite été victime, jusqu’à son départ de la banque en 2012 via un plan de départs volontaires, de "moqueries de la part de ses collègues" imposant" par leur comportement machiste et sexiste, un environnement de travail particulièrement oppressant".

Une évolution professionnelle freinée

Ce sont des courriels à caractère sexuel émanant parfois de deux supérieurs hiérarchiques qui ont permis d'attester le harcèlement subi par le plaignant. L'ex-employé de BNP Paribas aurait également été privé de l'essentiel de sa rémunération variable en 2012. "Il y a un décalage qui s'est créé entre ses compétences et son évolution professionnelle par rapport à ses autres collègues, qui eux étaient bien dans les stéréotypes de la banque : mariés, deux enfants…", a expliqué à l'AFP son avocate, Emmanuelle Boussard-Verrecchia.

L'avocate s'est satisfaite de la décision de la cour qui considère que "partir dans le cadre d'un plan de départs volontaires, à la suite d'actes de discrimination, rend la rupture nulle". Le banquier devra tout de même rembourser plus de 230.000 euros perçus au moment de la rupture de son contrat. De son côté, BNP Paribas a maintenu qu'il n'y avait pas eu discrimination, ni harcèlement comme l'avait jugé le Conseil des prud'hommes en rejetant toutes les demandes du salarié en 2013.

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